‹ Pièces de théâtreChapitre 468 sur 1093 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, s'enfmjant far V échelle et l'écoutiile, GROSLOW.

GROSLOW. Il est temps. Aux échelles, vivement!

VOIX d'hommes. Nous voici !

GROSLOW. C'est bien!... vous tenez le câble... embarquez {// donne un coup de sifflet , le vaisseau disparaît dans la coulissé). Le câble est coupé !

On entend un grand cri de désespoir dans la coulisse, et l'on voit , dans le compartiment des tonneaux, monter peu à peu la lueur de la mèche à laquelle Mordaunt a mis le feu du fond de la cale.

51AGASIN THEATRAL

(Diuicmc (tableau, La piciac mci*.

I e navire a disparu tout entier dans la coulisse. Le théâtre représenta la pleine mer éclairée par la lune. Au milieu de la scène, on voit la barque chargée des sept hommes. Alhus achève de couper le câble avec son T>oipnard.

SCKNE UNIQUE

b'VRTAG^AN, PORTHOS, ARAMIS , ATHOS, CRIMAUD, MOUSQUETON, BLAISOIS,/)u?.<! MORDAUNT (/ans la mer.

d'artagnan. Maintenant , mes amis , je crois que nous allons voir quelque chose de curieux.

On voit dans le lointain reparaître 1« petit bât'ment avec des hommes sur le pont. L'explosion éclate ; une vive clarté illumine toute la mer.

ARAMIS. C'est superbe !

PORTHOS. Voilà ce que c'est!

d'artagnan. Four le coup... noussommes

débarrassés de ce serpent qu'en dites-

\ous?

ATHOS. C'est horrible!... c'est homble !

d'artagnan. C'est horrible, si vous voulez, mais c'est consolant... Force de rames, mes amis!...

mordalnt, dans la mer. A moi!... au

secours

d'artagnan. C'est la voix de Mordaunt !. . . tncore lui, le démon!

mordaunt, nageant. Pitié! messieurs, pitié, au nom du ciel! je sens mes forces qui m'abandonnent.

ATI10S. Le malheureux!... arrêtez, mes amis...

d'artagnan. Athos, je vous déclare que, s'il approche à dix pieds de la barque, je lui fends la Icle d'un coup d'aviron

mordaunt, nageant. De grâce... ne me fuyez pas, messieurs... de grâce... ayez pitié (le moi!...

athos. Oh! cela me déchire!... D'Artagnan!... d'Arlagnan!... mon fils... il faut (|u'il vive.

d'artagnan. Mordions! pourquoi ne vous livrez-vous pas tout de suite pieds et poings liés à ce misérable?,., ce sera plus lot fait.

mordaunt. Monsieur Iccouitede la Fère!

c'est à vous que je m'adresse, c'est vous que jo supplie, a\ez pilié de moi !... Où èles-

Tous, monsieur le comte de la Fère?... je n'y vois plus... je me meurs... A moi! à moi!...

athos, se penchant et étendant le bras vers Mordaunt. Me voici, monsieur, me voici ; prenez ma main et entrez dans notre embarcation.

d'artagnan. J'aime mieux ne pas le regarder; cette faiblesse me répugne.

athcs. Bien ! mettez votre autre main ici. ( // lui offre son épaule comme second point d'apnui. ) Maintenant vous voilà sauvé, tranquillisez-vous.

MORDAUNT, avec rage. Ah ! ma mère, je je ne peux t'offrir qu'une victime ; mais ce sera du moins celle que tu eusses choisie!

D'Artagnan pousse un cri, Porthns lève l'aviron, Aramis cherche une place pour frapper; une secousse donnée à la barque entraîne Athos dans l'eau.

PORTHOS. Oh ! Alhos ! Athos ! malheur sur nous qui t'avons laissé mourir !

ARAMIS. Malheur!

d'artagnan. Oh! oui, malheur!... Ah!...

voyez. . . ce cadavre, , . qui monte lentement. . . C'est Mordaunt !

On voit paraître à la surface des flots le cadavre de Mordaunt avec le poignard dans le coeur.

ARAMIS. II a un poignard dans le cœur!.,.

PORTHOS, Le voilà flottant sur le dos des lames.

d'artagnan. Ah! sangdiou!.., c'est le Mordauni!..,

PORTHOS. Le beau coup!

d'artagnan. Mais Athos, Athos!... où est-il?.,,

ATHOS, reparaissant et s'attachant à la barque. .Me voici...

Explosion de joie dos amis qui enlèvent Athos dans la barque.

ARAMIS. Enfin, Dieu a parlé!

d'artagnan. Mort de la main d'Alhos?...

ATHOS, Ce n'est pas moi qui l'ai tué ; c'est le doslin.

d'artagnan. Qu'importe, pourvu qu'il soitmort!... Et maintemnt, amis, en France!

TOUS. En France!... en France!...

FIN

DRAME EN CINQ ACTES, FRi:ۃȃ Wl]X PROIiOCltJE,

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