SCENE X
DIOGÈNE, seul.
Ah çal mais il devient très difficile de vivre dans cette bonne ville d'Athènes. Voilà une société assez peu sociable, en vérité, et je commence à être fort inquiet de mon avenir ! Moi qui croyais aux ruisseaux de nectar, aux montagnes d'ambroisie, au bonheur de l'âge d'or en ce charmant pays!... Quel parti prendre enfin, puisqu'il faut en prendre un, bon ou mauvais, pour vivre dans la meilleure des républiques grecques? Voyons, courage! cherchons toujours !... Si je me mariais? Ah! ce n'est pas un étal, honnêtement parlant du moins. Mais j'y pense, pourquoi srrais-je honnête ? je n'en vois pas la nécessité. Si on condamne les honnêtes gens à Athènes, pourquoi ne serais-jc pas malhoMnêtc, voleur, par exemple?... D'ailleurs, je n'ai plus qu'imc obole dans ma poche; j'en ai déjà, si je compte bien, quatre de moins qu'à mon entrée en société ; et si ça continuait de ce train-là, Athènes me coûterait infiniment plus qu'elle ne me rapporterait, car juM|n'iri elle n'a f;iif que me prendre, bien loin (le me donner! Prenons donc aussi. Oui, mais comment? Avec ou sans la loi? en faisant l'iilure ou la bourse? comme le prêteur Gorgias, i
ou le bandit Cacus? Oh ! pour le vol en grand, i! faut trop d'avance ; voyons donc l'autre. Le joui baisse, je suis robuste, adroit, alerte... Quel esi cet homme qui sort du temple de IMercure? Un négociant, sans doute. Et cet autre?
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