SCÈNE IV
DIOGÈNE, dans son tonneau, CLINIAS, riclicinent vêtu, puis LE FiLS DE Sophocle.
CLIMAS, frappant au tonneau.
Pan!... pan !...
DIOGÈNE
Qui est là?...
CLINIAS
N'est-ce pas ici que demeure Diogéne le Cynique?
DIOGÈNE
Oui. Entrez, si vous pouvez.
CLINIAS
Sors plutôt.
DIOGÈNE
Pourquoi faire?
CLINIAS
Pour me vendre ta sagesse.
DIOGÈNE
Tu ne pourrais la payer.
CLINIAS
Je suis riche.
DIOGÈNE
Raison de plus, tu dois ctrc avare.
CLIMAS.
Non, non, et je te le prouverai, si tu veux me ronscillcr comme il faut. Je suis le pcre d'Alcibiadc, le siînateur Clinias.
DIOGÈNE
Un .s(^nateur! je n'y suis pas.
LE FILS DE SOPUOCLE
Je suis le fils de Sophocle, nn simple citoyen, qui viens le demander un avis.
Je n'y suis pour personne.
LE FILS DE SOPHOCLE, le Secouant dans son loi n<!au.
Ah! lu ne veux pas dénicher! Attends, je \ te secouer ainsi jusqu'à ce que tu sortes:
CLINIAS
A la bonne heure.
DIOGÈNE, sortant.
Aie ! aie! je n'en finirai pas aujourd'hui... Oi a-t-il donc?
CLINIAS. '
Il s'agit de mon fils Alcibiade.
DIOGÈNE
Celui qui coupe les oreilles de mes pareils, l' soient!...
LE FILS DE SOPHOCLE
Il s'agit de mon pcre Sophocle.
DIOGÈNE
Celui qui a fait la pieuse Anligone, l'inseii!
CLINIAS
Un indigne enfant qui me ruine, me dévoi On a déjà tant de mal à garder son bien des e prunleurs, des percepteurs, des régisseurs, > voleurs...
DIOGÈNE
Soyez donc riche !
LE FILS DE SOPUOCLE
Un vieux poète sans ressources, que nous r vions pu faire interdire, hélas! et qui n'est I qu'à mourir maintenant...
DIOGÈNE
Soyez donc pauvre !
CLINIAS
Un prodigue qui me dépense le présent et venir en chevaux, en parfums, en femmes; se perd avec des gens de mauvaise vie, des listes, des philosophes, des auteurs, des cou sanes... avec une Aspasie surtout, qui a engU à elle seule plus de richesses que la mer Egée que, pour comble de folie, il veut épouser, dit 11 en csl capable! Prends pitié d'un malheur pcre ! Que faut-il faire de ce coupable enfant finira mal, (|ui finira par me déshonorer, par faire mourir sur la paille ?
DIOGÈNE
Et il aura raison.
CLINIAS
Pourquoi ?
DIOGÈNE
Pour te punir de l'avoir fait naitre. Va!
CLINIAS
Ah! oui, tu dis vrai. Malheureux que je s je n'ai plus qu'à mourir avec un tel enfant Saturne! pourquoi as-lu épargné Jupiter?
(Il sort.)
Soyez donc père !
LE FILS DE SOPHOCLE
Un >ieillard qui est à noire charge, qu'il n