SCÈNE II
lOGÈNE, CACUS, HYPERBOLES, Cï- TOYENS d'Athènes.
LCUS, devenu scribe, entrant du côté où se tient
Diogi'-ne.
îonjour, Diogéne!...
PEKBOLÈs , devenu orateur, entrant gravement ar le côté opposé à celui de Cacus, et lisant un lanuscrit.
La rhétorique est l'art de bien dire ! »
CACUS , l'apercevant.
kh! justement voici l'orateur Hyperboles! le-lui pour nous. (Il lui indique Diogùne.)
HYPERBOLES, e ne parle jamais gratis. (Reprenant sa lecture.) 3 discours se compose de quatre parties : jrde, l'exposition, rargumenlation et la péroon.»
es, haussant les épaules et revenant à Diogènc. onjour, Diogéne!
DIOGÈNE, répondant, ue me voulez-vous?
CACUS
nfin !... Te demander un conseil sur les affaile la république.
t que me fait la république ?...
CACUS
est précisément parce que tu es désintéressé la question que nous venons le consulter... ntéressé et sage, tu ne peux que nous donner )on avis.
DIOGÈNE
; que c'est que d'être chien ! j'étais dieu tout îure, me voilà roi à présent : j'ai des flat- 3. Vous avez donc bien besoin de moi ?
CACUS
JUS sommes fort embarrrissés.
DIOGÈNE, allant à eux et Ii s regardant, ti ça ! mais je vous reconnais vousdeux,.. Vous onsultiez autrement jadis.
HYPERBOLES, à part.
Juel est le meilleur cxorde, le brusque ou uuatif? n
DIOGÈNE
il, je me souviens, un soir, il y a long-temps, :ette place, tu m'as demandé la bourse ou la . tu étais voleur...
HYPERBOLES
maintenant je suis homme de loi. On fait l'&ti peut...
DIOGÈNE
1 ne gagne pas à vieillir.
I CACUS
^: moi aussfi, je me suis mis au service de ïhé-
mis, pour réparer mon passé : je suis devenu huissier,
DIOGÈNE
Un voleur retourné, quelle étoffe d'huissier !
CACUS
Et maintenant qu'on est citoyen fonctionnaire, et qu'on a quelque bien au soleil, on tient à l'honnêteté des hommes et des choses du gouvernement. C'est demain le jour des élections, et nous ne savons pour qui voter. Il ne faut pas s'en rapporter au sort... leslemps sont graves... la république va de mal en pis. Nous avons toujours la guerre au dehors.
DIOGÈNE
Pauvres soldats!...
CACUS
Et la discorde au dedans.
DIOGÈNE
Pauvres citoyens !
CACUS
Le peuple veut le pouvoir du sénat, le sénat les privilèges de l'archonte, et l'archonte les droits de tout le monde.
DIOGÈNE
Pauvre tout le monde!...
CACUS
Ne plaisante pas! nous avons pleine conflance en toi, parce que tu n'as d'ambition d'aucune sorte. Ah ! s'ils te ressemblaient tous ! Voyons, quel candidat faut-il élire celle année, à la place do Nicias? Alcibiade ou Démosthénesî L'un est pour les petits, l'autre pour les grands ; l'un pour la paix, l'autre pour la guerre ; l'un veut l'alliance avec Denys de Syracuse, l'autre avec Philippe de Macédoine...
DIOGÈNE
Ni l'un ni l'autre : vous tombez de Charybde en Scyila.
CACUS
L'un nous promet des anguilles de Béotie, et l'autre de l'huile pour les manger.
DIOGÈNE
Tous les deux, puisqu'il vous faut de l'huile pour manger les anguilles.
CACDS.
Mais tu es donc sans pitié pour ta patrie?
DIOGÈNE
Est-ce que j'ai une patrie? Que m'importent à moi, la politique, la paix ou la guerre, le peuple et le sénat, l'alliance avec Denys ou Philippe, les anguilles sans huile, ou l'huile sans anguilles! Soyez donc citoyens... pauvres gens... vrai bétail à rétable qui ne sait que choisir entre deux bouchers, entre le couteau et la massue, entre Alcibiade et Démosthénes ! Eh ! grands Dieux ! si vous tenez à voter , votez pour vous, et laissezmoi mapger tranquille : je n'aime que les figues.
DIOGÈNE
Je ne suis pas citoyen, Dieux merci ! je ne suis qu'un chien.
(Il va se coucher dans son tonneau. — Cacus sort.) HYPERBOLES, allant gravement ;\ Diogcne.
Quelle csl la plus belle figure de rhélorique, la catachrése ou ronomalopée ?
DiociiNE, prenant son bâton.
Eti fait de rhcioriquc, je ne connais que celle figurc-là.
(Il frappe Hyperboles, qui se sauve comme un voleur.)