AT0IST
La porte s'ouvre.
l'officier f entrant pas le fond.
Le sire de Pierrefonds ?
PIERREFONDS
Voici.
l'officier- Ordre du roi.
Il sort. Tous les coartisans se groupent antour de Pierrefonds.)
PIERREFONDS , lisant.
• Ordre d'aller prendre à Vincennes le sire Enguerrand de Marigny, et de le conduire à Montfaucon. •
SAVOIST.
Bien ; c'est un arrêt de mort au bas duquel le roi a mis sa première signature ; cela promet : bien des compliments sur la mission.
PIERREFONDS
J en aimerais mieux une autre ; mais, quelle qu'elle soit, je vais l'accomplir. Adieu, messieurs.
( Il sort.) SAVOIST.
Nous voilà toujours fixés sur un point; c'est que le premlei Jiinistre sera pendu... le roi avait promis de faire quelque chose pour «on peuple.
l'officier, entrant.
Le sire comte de Savoisy ?
SAVOIST.
Voici.
l'officier.
Lettres-patentes du roi.
(Utoit.) IOD8, «e rapprochant d« SaTOuj, Aht Tojoni, voyons,
SAVOIST.
Sang-Dieu! messeigneurs, vous êtes plus pressés que moi : le premier ordre ne m'invite pas beaucoup à ouvrir le second; et si par hasard c'était l'un de vous que je dusse aussi mener pendre, celui-là m'aura quelque obligatiou du retard... (11 le déploie lentement.) Ma Commission de capitaine dans les gardes ! Y savez-vous une place vacante, messieurs?
RAODL.
Non; mais à moins que Gaultier...
SAVOIST , regardant Gaultier.
Sur Dieu ! vous m'y faites songer.
RAODL.
N'importe ; recevez nos félicitations.
SAVOIST.
C'est bien, messieurs, c'est bien. Je doisi l'instant prendre mon poste dans les apparie^ ments... ainsi restez ici, si tel est votre bon plaisir. Messieurs, j'ai appris pour mon compte ce que je voulais. (Riant.) Le roi est un grand roi, et le nouveau ministre un grand homme.
(Ilsort.) l'officier, rentrant.
Sire Gaultier Dauluay?
GAULTIER
Heim !
l'officier.
Lettres-patentes du roi.
GAULTIER, se levant.
Du roi !
( Il les prend , étonné.) l'officier.
Messeigneurs, le roi, notre sire, ne recevra pas après le conseil; vous pouvez vous retirer.
GAULTIER , lisant.
«Lettres-patentes du roi, donnant au sire Daulnay le commandement de la comté de Champagne. » A moi le commandement d'une province!... « Ordre de quitter demain Paris pour se rendre àTroyes. » Moi , quitter Paris!,.. RAOUL.
Sire Daulnay, nous vous félicitons, justice est faite, et la reine ne pouvait mieux choisir.
GAULTIER
Félicitez Satan; car, d'archange qu'il était, il est devenu roi des enfers. ( Il déchire l'ordre.!. Je ne partirai pas! (S'adressant aux seigneurs.) Le roi n'a-t-il pas dit qvie vous pouviez vous retirer, messieurs?
RAOUL
Et vous?
GAULTIER
Moi, je reste.
RAOUL
Si nous ne vous revoyons pas avant votre départ, bon voyage, sire Gaultier.
GAUtTlER.
Dieu TOUS garde !
(Ik j«rt«Es.J
LA TOUR DE NESLE
Gaultier, teul.
Partir!... partir, quitter Paris!... Est-ce cela qu'on m'avait promis?... Mais qui me dira donc sur quel terrain je marche depuis quelques jours? Tout, à l'entour de moi, n'est que déception, chaque objet me paraît réel jusqu'à ce que je le touche, puis alors il s'évanouit entre mes mains.. F'antomes!