SCÈNE PREMIÈRE
MARTON, JASMIN, entrant ensemble.
MAKTON.
Eh bien! comment cela s'est-il passé?
JASMI.N.
Mais a merveille; le curé nous a fait un discours lîs plus attendrissans : la mariée a manqué s'éinouir, les grands parens ont pleuré a chaudes rmes... et moi-même, parole d'honneur , j'ai Inli que la componction me gagnait.. Marton... faudra cependant faire une (in...
MARTON
Quant a moi, j'attendrai la vue d'un autre mariage pour me déterminer, car je doute fort, s'il faut que je te le dise, que celui-ci tourne à bien.
JA.^Ml.V.
Il a au contraire toutes les conditions voulues, ce me semble.
.MARTOX.
Oui, excepté l'amour.
JASMIN
.Ah! ma chère, comme vous sentez la roture! Mais où donc ave/ -vous servi? Ce maria;:'.'
MAGASIN THEATRAL
est au contraire des plus convenables : deux maisons prêles à s'éteindre qui se réunissent, les Candale et les Torigny qui renaissent en espérances : seize quartiers qui en épousent dix-huit. le roi qui promet l'ordre, et le commandeur qui donne six cent mille livres tout de suite'. Ah çà ! mais il faudrait que le diable lui-même s'en mêlât pour que cela tournât mal...
MARTON
Un mariage fait par testament, comme c'est de bon augure!
J.tSMIN.
Mais c'est comme cela qu'ils se font tous à celte heure : Monsieur le maréchal en mourant a pourvu à l'établissement de son fils et de sa nièce en mariant d'avance les deux cousins... et il a bien fait, Marton, car à l'heure qu'il est, nous avons si peu de respect de nous-mêmes, que mademoiselle de Torigny, sans cette précaution, eût peutêtre épousé un gros fermier général, et M. de Candale quelque petite robine... cela ne se voitil pas tous les jours?...
MARTON
Ma pauvre maîtresse, elle aurait pu être si heureuse!...
JASMIN
Comment'.... au fond de sa province, dans son couvent de Soissons... elle avait déjà pris ses .irrangemens pour cela?...
HARTON
Ah ! monsieur le comte, vous ne saurez jamais -ce que nous vous sacrifions.
j.asmin.
Eh bien ! mais, et nous autres, Manon, est-ce que vous nous croyez tout-à-fait esseulés?... je sais certaine grande dame qui en fera immanquablement une maladie...
MARTON
Et moi je connais un pauvre jeune homme qui en mourra pour sûr.
JASMIN
Vraiment... voyez donc comme cela se rencontre!
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Î.Es MÊMES, LE SUISSE de l'hôtel, ouvrant le% deux battons d« la porte du fond, sa grande canne à la main.
i.E SUISSE, saii» entrer.
Monsié Chasmin.
JASMIN
Eh bien! quoi?
LE SUISSE
Monsié Chasmin, il être une cholie lame en pas, tans une foiturc fermée, qui Icmantle a parler a fous.
JASMIN
Comment, drôle! est-ce que lu n'avais pas quelque laquais à m'eiivoycr, que lu quilles la porte ainsi? et si ponH.Tni rr iciiipsln les M>ihirPS rrntrajcni. .
LE SUISSE
Je serais gronié, je le sais pien ; mais la lame il m'avre donné lix louis pour faire la commission moi-même.
JASMIN
.\lors c'est autre chose : dis à la dame que je descends , et ordonne à son cocher d'aller m'altendre à la petite porte de monsieur le comte.
LE SUISSE
J'y fas.
Il referme la porte
Vous voyez qu'on ne vous faisait pas un conte, Marton.
MAKTON.
Et quelle est cette dame?
Jasmin.
Notre délaissée probablement. Mais pardon... vous ne voudriez pas que je la fisse attendre; respect au malheur !
Il sort par la porte latérale à la droite du spectateur.