ES uEcs CABDEs, eiécuiant l'ordre
Viens ici.
BIBCLCS
Maître! au nom des Dieux, que veut dire ceci? Paurre, obscur, inconnu, de race populaire. Je n'ai point de César encouru la colère; Maitre, songez-y bien, cela ne se peut pas.
PBOToCÉSE.
Le refard de César ne descend point si bas; li porte au ciel un front radieux et superbe. Et c'est a d'autres yeux à regarder sous l'berJie Si quelque insecte impur, rainement épié, Ne rampe pas vers lui pour le piquer au pié.
BIBCLCS, vivement.
Oui, César est un Dieu! Jupiter est son père, Diane est son épouse, et chacun sait, j'espère, Que jamais par un mot ma fuite impiété N'osa porter atteinte à sa dirinilc.
Je jure par César et par sa sceur Drusille Que l'Empereur n'a pas d'esclave plus docile Que le pauvre barbier qui, courbé devant vous^ De sa boucbe tremblante embrasse vos genoux.
PBOTOGË?(E.
Aussi n'est-ce pastoiquidoiscraindre à cettebeure.
BIBCLCS, se relesani Oh!
PROTOGÈTIE.
Non; mais on m'a dit, barbier,que ta demeure. Toujours pleine de beaux qu'attirent tes talens, Etait le rendez-vous de jeunes insolens Dont la langue imprudente, en ses discours frivoles. Critique de César les faits ou les paroles.
BIBCLCS.
Et qui donc oserait à Rome, sans terreur. Parler imprudemment du divin Empereur?
PROTOCE!IE.
Je ne sais; mais malheur â qui prend tant d'audace. Je vais dans ta maison m'élablir k La place; Je sais k non souhait servi par le hasard : [Test-ce pas aujourd'hui que triomphe César? En cette occasion, la foule, ce me semble, Avide de spectacle, au Forum ^c rassemble
.\utourdu mille d or, centre de l'univers. Il se presse en ce cas tant de peuples divers, Qhc peut-être, en planant sur ce confus mélange. Au vol j'arrêterai quelque parule étrange, Telle, m'assure-i-on , que l'écho quelquefois .Autour de ta m.'tison en dit à demi-voix.
BIBCLCS.
Fais à la volonté, car César est le maître. César, comme les Dieux, a droit de tout connaître. César distinguera le crime de l'erreur.
Vive César! César est un grand Empereur. PBOTocÈXE, mirant chez Bibulus.
Allez!
Les sanJes emmènrat BiLuIus. Prologène rt ferme U puri • ,
LESCLWE, CHEREA, MESS.ALIXE.
L ESCLAVE, qui a suivi des yeux les gardes, revenant aline i soli
Ils sont partis, la rue est solitaire.
a la porte de Mes^alii^e.
nt partis, 1:
Seigneur, tu peux sortir.
CHEREA, descendant le premier et s' arrêtant an bas du seuil de la porte.
Ah! quand donc, sans mystère.
Quand donc, 6 ma beauté, pourrai-je jusqu'au jour Entre tes bras chéris endormir mon amour. Sans craindre que l'esclave, assise à notre porte Pour compter les momens que le plaisir emporte. Ne vienne toui-à-coup dire, qu.ind je me croi Depuis une heure à peine au ciel ou près de toi : .Allons, jeune homme, aUons, debout, le temps te Il faut te séparer de ta belle maîtresse, [presse Car voici que déjà vers l'orient lointain Scintille Lucifer, l'étoile du matin.
Oh ! quand serai-je donc en mon amour tranquille. Pareil au laboureur qui sous sa faux agile Voit tomber les épis l'un sur l'autre couches, El ne quitte ses champs qu'entièrement fauchés? Le ciel me fera-t-il ce bonheur sans mélange Qa'il donne au vigneron ardent à sa vendange. Qui, du Ratin au soir dans sa treille perdu. Cueille le raisin luùr sur son front suspendu. Et n'aurai-je jamais cette joie où j'aspire Du pécheur qui re^ut sa barque pour empire. Mais qui , tant qu'il lui plait, fouille le flot amer Et rejette vingt fois ses filets à la mer. Oh! ce loisir si doux que l'bomnic aux Dieux eu\ie Et que j'achèterais de dix ans de ma vie, Déesse de mon cœur, ob ! dis-moi , quand le sort Me l'accordera-t-il?
liESSALI5E.
Quand César sera mon.
CBEREA.
Eh quoi! toujours mêler des paroles sanglantes Aux baisers suspendus à nos lèvres brûlantes , Et faire à chaque instant briller à mon rcgsrd En ton œil la vengeance, en ma main le poignard? Ob! que tu devrais mieux, délices de mon ame. Tout entière à l'amour par qui règne la femme. De même qu'à l'iistant je le ferais pour loi.
caugula
Ob! que tu devrais mieux oublier tout pour moi, Pour moi qui, sur un mot de ta bouche chérie. Quitterais aussitôt amis, parens, patrie. Mon aigle consulaire et mes vieux vétérans, Frères qui m'ont vu n ai Ire etgrandirdans leurs rangs! Veux-lu changer, fuyant cette Rome funeste. Eu un trésor d'amour l'avenir qui nous reste? Quitte ton vieil époux et ton royal amant. Pour noussoustraircà tous nous pourrons aisément Trouver quelque retraite éloignée et profonde.
HESSALINE.
César étend son bras et louche au bout du monde
CHEREA.
César, toujours César! il revient aujourd'hui, Et je m'en vais afin que tu sois mieux à lui , Voilà de ces pensers qui brisent, qui torturent, Et rendent insensés ceus-là qui les endurent. Oh! tu ne m'aimes pas, cruelle, toi qui peux Partager sans mourir un seul cœur entre deux.
MESSALI>Ê.
Crois-moi, César n'a point consulté mon envie. César m'a demandé mon amour ou ma vie. Il n'obtint l'un ni l'autre en son désir brutal, Mais en place il reçut un présent p^lus fatal; . Et depuis ce moment, sa luxure abusée X caressé ma haine en pla'sir déguisée. Tu te plains quand tu peux te venger... insensé ! Oh! que si seulement mon bras mieux exercé. Tribun, savait par où la pointe d'une lame Peut ouvrir dans le corps un passage pour l'ame , 3ue, seule accomplissant mes projets résolus , L'Olympe compterait bientôt un Dieu de plus : \lors, plus de terreurs, alors plus de mystère, Jésar au ciel, plus rien à craindre sur la terre, ^lusrien entre nousdeux pourtroubler nos plaisirs, .}u'un fantôme d'époux sans droits et sans désirs Qui, pourvu qu'on le laisse en une basse or^e s'endormir chaque soir sur la table rougie. Se songera jamais, ivre jusqu'au matin, \ chercher d'autre lit que celui du festin. \lors, mon Cherea, plus d'esclave importune Jui trouble ces instans donnés par la Fortune, Et qui prenne, avantl'heure effrayantnotre amour, La lueur de Phœbé pour les rayons du jour. 4lors au moissonneur la moisson sans pareille, \lors au vigneron les trésors de sa treille , \lors au beau pécheur qui vers moi voguera Cn océan d'amour...
CHEREA.
C'est bien. César mourra l'e>clave, accourant.
On vient de ce côté, rentre vite, maîtresse. MESSALIXE, eiiira'inée par l'esclave.
Adieu, mon Cherea, je t'aime.
Elle renlic.
CBEREA.
Enchanteresse, Te tromper cn amour est, dit-on, malaisé , J'accepte le défi, c'est bien, au plus rusé.