AS5ILS
Que Cerbère m'emporte.
Si je ne vois là-bas, debout contre une porte, Quelque chose qui prend forme de corps humain !
SABINCS.
Holà ! qui va de nuit sur le pavé romain?
LEPIDUS
Es-tu coupeur de bourse ou quêteur de caresses. Et viens-tu nous voler notre or ou nos maîtresses?
SABIXCS.
Ton nom, vite, ton nom, car nous sommes pressés,
CHEREA.
Patience, seigneurs, je ne sais point assez.
Pour vous répondre encor, qui vous êtes vous au très;
Je vous dirai mes noms quand je saurai les vôtres.
LEPIDCS.
C'est trop juste, et Minerve a parlé par la voix Écoute, celui-là qu'à ma droite tu vois , Ou que tu ne vois pas, tant cette nuit avare Est noire à défier la gueule du Tartare, C'est Annius, son père et le mien autrefois Furent amis, de plus, républicains, je crois. Attends, oui, c'est cela, d'être exact je me pique; Sais-tu ce que c'était, toi, que la république? Dis-le s'il t'en souvient encore par hasard. Du reste, vieux Romain, plus noble que César, Et qui descend tout droit de la première pierre Qui pai Deucalion fut jetée en arrière. Cet autre maintenant qu'à ma gauche voici, ■ Où donc es-tu? voyons, arrive par ici , Cet autre dont la main cherche àtoucherlamienne. C'est Sabinus, tribun dans la prétorienne. Il me faut l'avouer, c'est un homme nouveau; Mais c'est un élégant, ce qu'on appelle un beau. Il grasseyé en parlant, met des mouches, du rouge. Ce qui n'empêche pas qu'eu quelque rgnoble bouge Avec des libertins il n'aille chaque nuit Jouer à la tessere et boire du vin cuit. Au reste, plein d'esprit mais de propos infâmes. Ce qui fait que le drôle est adoré des femmes , Et quequiconque est père, époux ou même amant, Ne doit pas le quitter des yeux un seul moment. Quant à moi qui te fais Jeur portrait de la sorte, A moi, ton serviteur, qui, quoique Romain, porte Le costume persan, par la raison, mon cher, Qu'il est plus élégant et tient plus chaud l'hiver. Mon nom est Lepidus; mon père pour Athènes, Avec un pédagogue appelé Callislhènes, Depuis bientôt trois ans, m'a fait partir, et là J'ai fort étudié la sagesse... voilà!
Mais la sagesse écrite en toute la nature. Et qu'en ce livre immense enseignait Épicur"
.\ia(;asin theatkal
rto.ic j ai philosophé si loiig-iemp» Pi >> 1»'^" (Jiic je (loiiio (le loul cl ne crois plus à rioii, Si ce n'csl nu plaisir, divin rayon de ilamme, Que Jupiter a mis dans le vin et la femme. Ballii d'un ouragan par les dieux envoyé , El la preuve est que mon professeur s'est noyé. Avant-hier j'ai touehé le rivage d'Oslie; Pour fclcr mon retour nous avons fait partie IVallcr souper ensemble à la taverne hier soir, Ce qui s'est aecompli, comme tu peux le voir. L;\ nous avons passé de nos nuits la plus belle , Avec, devine qui? des prclres de Cybcle, Des faiseurs .le cercueil, des juifs, des bateleurs , Knfin tout ce que Rome a de mieux en voleurs : De sorte qu'en sortant, nous trouvant tout hilares, Nous n'awins pas voulu rentrerchez nosdieux lares Sans rosser quelque peu les cohortes de nuit. Celte occupation ici noHs a conduits; Si bien que, noui trouvant auprès de la boutique Ou barbier Bibulus, sur le Forum antique, Nous avons résolu de voir passer César, Qui, ce matin, mon cher, triomphe par hasard. Ah! ah! nh! que la vie est amusante, et comme .Jupiter a d" 'ire alors qu'il créa l'homme. Et maintenant, mon cher, n'ayant plus de raisons De refuser encDr de nous dire tes noms. Parle, ainsi que j'ai fait, sans crainte et sans mysciir.nEA. [1ère.
Vous vous II ompcz, amis, je dois toujours les (aire, Car vous ne m'étiez pas assez connus tantôt. Et voilà maintenant que. je vous connais trop : Ainsi donc trouvez bon qu'incognito je passe.
SADINUS.
Oh! la plaisariteric alors change de face, Elle a, comme Janus, deux visages; c'est bien. L'un rit ell'autre mord... faced'bonmieet dechien.
CnEItEA
Me laissez-vous passer?
• ANNUIS.
La chose est impossible
CIIEUEA.
Prenez garde!
SAurNus, riant.
Ali! ail! ah! sa colère est risible f.iiKKEA, lirniil son l'fu'e.
Arrière!
lEPIDtS.
Que dis-lu de ce ton menaçant?
CIIEUEA, se coHvraul le visar/c de son manteau. .le vous disque l'on passe cl le prouve en passant.
Il soil rn p:iss.inl ciilrc Aiiiiiiis cl l.i'|)i(lii<.