‹ Pièces de théâtreChapitre 629 sur 1093 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

Les Mêmes, CÂLIGULÂ, les Flahines, les Licteurs.

AQUILÂ.

L'Empereur !

STELLA

0 mon Dieu, voilà l'heure venue!

CALIGULA

Ah î de tant de vertu la cause est donc connue? Notre pudeur le jour s'effarouche aisément. Mais lanuit s'apprivoise auxbrasd'un autre amant. J'en suis aise.

AQUILA

César, pas de soupçoii infâme:

Ce n'est pas ma maîtresse.

CALIGULA

Et qu'est-elle ?

AQUILA

Ma femme I

3ALieULA.

Alors en vain Vesta voudrait la secourir C'est ta femme?

AQUILA

Oui.

CALIGULA

Tant mieux! elle pourra mourir.

AQUILA

Mourir t

.=TELLA, stir la poitrine d'Aquila.

Hélas, mon Dieu !

AQUILA

Mourir, et pour quel crime?

Parce que, respectant une ardeur légitime, Elle a par ses soupirs, ses larmes, sa pudeur, Repoussé de César l'incestueuse ardeur ! Auguste, ton aïeul, ce grand maître en justice. Elit mis l'apothéose où tu mets le supplice! Car il se souvenait qu'aux jours républicains Le poignard de Lucrèce a tué les ïarquins !

CALIGULA

Tu te trompes. Gaulois, César n'a point de haine. César sait trop comment réduire une inhumaine !. . . Il réserve le fer pourles Brutus!... d'accord! ... Mais pour les Danaés, il fait pleuvoir de l'or! Si, prenant en dédain une faveur si haute. Cette enfant aujourd'hui n'eût commis d'autre faute Que celle que tu dis, par moi-même honorés, lEt son nnm ot ses jours m'onssont (''(ô carrés;

Mais un plus grand forfait l'a faite criminelle, Et c'est l'impiété que je poursuis en elle.

En moi l'impiété ?

CALIGULA

De la Gaule en ce lieu N'as-tu pas rapporté le culte d'un faux Dieu ?

STELLA

Tu blasphèmes, César... c'est le Dieu véritable!

CALIGULA

Prêtres, vous l'entendez... emmenez la coupable

AgUILA.

Punis-moi donc aussi , car ce Dieu, c'est le mien, Et depuis un instant, César, je suis chrétien.

STELLA

Ne t'avais-je pas dit que notre Dieu rassemble?

AQUILA

Que béni soit le Dieu pour qui l'on meurt ensemble !

CALIGULA

Ensemble! oh! quenon pas, et César s'entend mieux. Enfant, que tu ne crois, à bien venger les Dieux !

AQUILA

Que dis-tu?

CALIGULA

Qu'à ton gré quelque autre eût fait peut-être, Maisqu'entorture,moi, jesuisunplus grand maître.

Infâme !

STELLA

Au nom du ciel, mon Aquila, tais-toi!

CALIGULA

Oh! de l'art des bourreaux j'ai fait étude, moi! Et ne commettrai pas cette faute infinie De vous faire à tous deux une seule agonie : Je sais ce qu'au vivant le mourant fait souffrir. Et qu'on meurt mille fois en regardant mourir!

STELLA, à Aquila.

Je ne suis qu'une femme... exauce ma prière.

AQUILA

Que veux-tu?

STELLA

Permets-moi de mourir la première.

CALIGULA

Enfant, César est bon, il t'accorde ton vœu ; Rends-lui grâce!

AQUILA

Stella I ... mais où donc est ton Dieu î

STELLA

Silence!

AQUILA

De nos bras ose rompre la chaîne, Viens...

Licteurs, séparez le lierre du chêne!

Un licteur lève sa haclie entre les deuxjeunes gens. SleUa recule précipitamment. Aquila reste les bras étendus vers elle.

STELLA

Ah!

Les flamines .s'emparent d'elle et les licteurs d'Aquil». AQUILA.

Démons de l'enfer !

MAGASIN THEATRAL

STELLA

Jla mére,niamere!...Ah!...

Mamère, aunom du ciel, secourez-nous!...

AQuiLA, se dCbatlant

SlcUa!

CALIGULA

Attachez cet esclave, emmenez cette femme.

AQUILA

Infâme!

:alicila.

Obéissez.

AQLILA

Infiinie!

3ALIGULA.

Allez.

AQUILA

Infâme!

STELLA

Adieu donc, mon époux... adieu, mamère, adieu; Nous nous retrouverons à la droite de Dieu!

Los prcircs cnlraiiient Stcll.i parla porte qui est près de la fenêtre.

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