SCÈNE m
Les Mêmes, CÂLIGULÂ, les Flahines, les Licteurs.
AQUILÂ.
L'Empereur !
STELLA
0 mon Dieu, voilà l'heure venue!
CALIGULA
Ah î de tant de vertu la cause est donc connue? Notre pudeur le jour s'effarouche aisément. Mais lanuit s'apprivoise auxbrasd'un autre amant. J'en suis aise.
AQUILA
César, pas de soupçoii infâme:
Ce n'est pas ma maîtresse.
CALIGULA
Et qu'est-elle ?
AQUILA
Ma femme I
3ALieULA.
Alors en vain Vesta voudrait la secourir C'est ta femme?
AQUILA
Oui.
CALIGULA
Tant mieux! elle pourra mourir.
AQUILA
Mourir t
.=TELLA, stir la poitrine d'Aquila.
Hélas, mon Dieu !
AQUILA
Mourir, et pour quel crime?
Parce que, respectant une ardeur légitime, Elle a par ses soupirs, ses larmes, sa pudeur, Repoussé de César l'incestueuse ardeur ! Auguste, ton aïeul, ce grand maître en justice. Elit mis l'apothéose où tu mets le supplice! Car il se souvenait qu'aux jours républicains Le poignard de Lucrèce a tué les ïarquins !
CALIGULA
Tu te trompes. Gaulois, César n'a point de haine. César sait trop comment réduire une inhumaine !. . . Il réserve le fer pourles Brutus!... d'accord! ... Mais pour les Danaés, il fait pleuvoir de l'or! Si, prenant en dédain une faveur si haute. Cette enfant aujourd'hui n'eût commis d'autre faute Que celle que tu dis, par moi-même honorés, lEt son nnm ot ses jours m'onssont (''(ô carrés;
Mais un plus grand forfait l'a faite criminelle, Et c'est l'impiété que je poursuis en elle.
En moi l'impiété ?
CALIGULA
De la Gaule en ce lieu N'as-tu pas rapporté le culte d'un faux Dieu ?
STELLA
Tu blasphèmes, César... c'est le Dieu véritable!
CALIGULA
Prêtres, vous l'entendez... emmenez la coupable
AgUILA.
Punis-moi donc aussi , car ce Dieu, c'est le mien, Et depuis un instant, César, je suis chrétien.
STELLA
Ne t'avais-je pas dit que notre Dieu rassemble?
AQUILA
Que béni soit le Dieu pour qui l'on meurt ensemble !
CALIGULA
Ensemble! oh! quenon pas, et César s'entend mieux. Enfant, que tu ne crois, à bien venger les Dieux !
AQUILA
Que dis-tu?
CALIGULA
Qu'à ton gré quelque autre eût fait peut-être, Maisqu'entorture,moi, jesuisunplus grand maître.
Infâme !
STELLA
Au nom du ciel, mon Aquila, tais-toi!
CALIGULA
Oh! de l'art des bourreaux j'ai fait étude, moi! Et ne commettrai pas cette faute infinie De vous faire à tous deux une seule agonie : Je sais ce qu'au vivant le mourant fait souffrir. Et qu'on meurt mille fois en regardant mourir!
STELLA, à Aquila.
Je ne suis qu'une femme... exauce ma prière.
AQUILA
Que veux-tu?
STELLA
Permets-moi de mourir la première.
CALIGULA
Enfant, César est bon, il t'accorde ton vœu ; Rends-lui grâce!
AQUILA
Stella I ... mais où donc est ton Dieu î
STELLA
Silence!
AQUILA
De nos bras ose rompre la chaîne, Viens...
Licteurs, séparez le lierre du chêne!
Un licteur lève sa haclie entre les deuxjeunes gens. SleUa recule précipitamment. Aquila reste les bras étendus vers elle.
STELLA
Ah!
Les flamines .s'emparent d'elle et les licteurs d'Aquil». AQUILA.
Démons de l'enfer !
MAGASIN THEATRAL
STELLA
Jla mére,niamere!...Ah!...
Mamère, aunom du ciel, secourez-nous!...
AQuiLA, se dCbatlant
SlcUa!
CALIGULA
Attachez cet esclave, emmenez cette femme.
AQUILA
Infâme!
:alicila.
Obéissez.
AQLILA
Infiinie!
3ALIGULA.
Allez.
AQUILA
Infâme!
STELLA
Adieu donc, mon époux... adieu, mamère, adieu; Nous nous retrouverons à la droite de Dieu!
Los prcircs cnlraiiient Stcll.i parla porte qui est près de la fenêtre.
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