‹ Pièces de théâtreChapitre 648 sur 1093 · I.OIUI EI.FOUT · texte numérisé non relu

I.OIUI EI.FOUT

Yes! elle a préféré d'être malade. . et c'était une atlenlion dont je lui savais gré .. mais c'est égal . \ Apercevant Horace qui entre ) Atlieu, je vais dans le salon pour le danse

JULIA.NO

El pourquoi donc?!Se retournant.) Ah! c'est Horace que je ne voyais pas.

Lord Clforl est sorti par la porte à gauclie.

SCEI^iE II.

JULIAISO, HORACE.

JULlANu, à Horace, qui vient de s'asseoir sur le canapé à droite.

Saislu qui tu viens de mettre en fuite?

UOHACR.

Non vraiment!

lin de nos alliés..

JULIANO

. lord El fort!

UORACE.

L'attaché à l'ambassade d'Angleterre?

JULIANO

Et presque notre compatriote; car il a des parents en Espagne... H lient par les femmes au duc d'Olivarès, dont il pourrait bien hériter... {S'asseyaiit sur le canapé à côté de lui.) El à |)ropos de femme, il a idée que la sienne est irèsbien disposée en ta laveur.

IIOKACE.

Ouclle indignité! (]uand je ne la connais même pas !... quand c'est loi, au contraire, qui lui lai.* la cour... et a la femme d'un ami... c'est très-mal. JULIANO, riant.

Est-il étoiinanl?

IIOHACK.

Eh bien, oui... moi, j'ai des scrupules, j'ai de: principes.

Un apprenti diplomate !

IIOHACE.

Que veux-lu?... l'éducation première!... j'ai et élevé par mon vieil oncle le chanoine dans de idées si bizarres.. .

JULIANO

Oui, quand on a été mal commencé... mais l voila a la cour... tu répareras ce a. D'abord, li vas faire un beau mariage... à ce qu'on dit.

IIOKACF.

Oui, vraiment. ..LecomtedeSan-Liicar. nionam bassadeur. m'a pris en alTcction... cl à moi, pnu vre genlilhoninw (|ui n'ai rien, il veut me donne sa lille, une riche héritière... qui est encore ai couvent, et je ne sais si je dois accepter.

JULIANO

l'Iulût deux fois qu'une.

L\i DOMINO iNOlU.

IIOKACi:.

.le m'en rapporle a loi qui es mon iiini d'cnfanrc, cl je le demande conseil... [Se levant ainsi f/ue Juliano.) Crois-lu que l'honneur et la délicatesse permellenl de se marier... quand on a au (ond du cœur une passion ?

JULIANO

Très-bien... attendu que de sa nature le mariage éteint toutes les passions.

IlOUACE.

Et si rien ne peut l'éteindre?

JULIANO

On se raisonne, on s'éloigne, on cesse de voir la personne...

riOHACE, avec impatience.

Kh! je ne la vois jamais!

JULIANO

Kh bien, alors... de quoi le plains-tu T

HORACE

De ne pas la voir, de passer ma vie à la chercher, à la poursuivre... sans pouvoir ni la rencontrer ni laileindre.

JULIANO

Horace, mon ami, es-lu bien sûr d'avoir ton bon sens? Tu reviens de France, et les romans nouveaux qu'on y publie...

HORACE

Laisse-moi donc!

JULIANO

Sont bien dangereux pour les esprits faibles, sans compter que souvent ils sont faibles d'esprit. HORACE, vivement.

Il ne s'agit pas de France!... mais d'Espagne, de Madrid... C'est ici, l'année dernière .. à une fête de la cour, que je l'ai vue pour la première fois.

HORACE

Au même bal que celle année, ce bal masqué cl déguisé, que notre reine donne tous les ans aux fêtes de Nocl... Imagine loi, mon ami...

JULIANO

Une physionomie délicieuse ! cela va sans dire.

HORACE

Elle était masquée.

JULIANO

C'est juste.

HORACE

Mais la tournure la plus élégante, la plus jolie main que jamais un cavalier ail serrée dans les sieiuics... en dansant... bien entendu... car je l'avais invitée, et sa danse...

JULIANO

Etait ravissante...

HORACE

Non; elle ne connaissait aucune ligure... elle ne connaissait rien... 11 semblait que c'était la première fois de sa vie (ju elle vînt dans un bal... Il y avait dans ses questions une naïveté, et dans tous ses mouvements une gaucherie et une grâce délicieuses .. Elle avait accepté mon bras, nous

nous promenions dans ces riches salons , où tout l'élonnait , tout lui semblait charmant ; mais à cha(iue mot qu'on lui adressait, elle balbutiait... elle semblait embarrassée... et moi qui le suis toujours. . tu comprends, il y avait sym palhie... .le m'intéressais à elle, je la protégeais, elle n'avait plus peur... moi non plus. Et si je disais quel charme dans sa conversation, quel esprit iin et délicat!... Je l'écoulais, je l'admirais, et le temps s'écoulait avec une rapidité... lorsque tout à coup un petit masque passe auprès d'elle en lui disant: Voici bientôt minuit. — Déjà!... s'écria-t-elle... et elle se leva avec précipitation. JULIANO, souriant.

Eh ! mais comme Cendrillon.

HORACE

Je voulus en vain la retenir... Adieu, me disait-elle, adieu, seigneur Horace...

JULIANO

Elle te connaissait donc ?

HORACE

Je lui avais appris, sans le vouloir, mon nom, ma famille, mes espérances, toutes mes pensées enfin... tandis qu'elle, j'ignorais qui elle était... et ne pouvant me décider à la perdre ainsi, je l'avais suivie de loin.

JULIANO

C'était bien...

HORACE

Je la vois ainsi que sa compagne s'élancer en voiture .. avec une vivacité qui me laissa voir le plus joli pied du monde... un pied admirable.

JULIANO

Comme Cendrillon.

Bien mieux encore... et dans ce moment, elle laissa tomber...

JULIANO

Sa pantoufle verte?..

HORACE

Non, mon ami... son masque! J'étais près de la voiture, à la portière... et jamais, jamais je n'oublierai cette physionomie LMichanteressu , ces beaux yeux noirs, ces traits si distingués, qui sont la, gravés dans mon cœur...

JULIANO

Ella voiture ne partait pas? et ce char brillant et rapide ne l'avait pas soustraite a tes regards?

HORACE

Ah ! c'est que. .. je ne sais comment te le dire... ce char brillant et rapide était une voiture de place.

JULIANO

Je devine .. la personne si distinguée était peutêtre une grisette I

HORACE

Ouelle indigne calommie! Il est vrai que ces deux dames paraissaient inquiètes .. elles semblaient se consulter entre elles.

JULIANO

Que te disais-je!

HORACE

Et je crus deviner... mais tu va.« (noqqer de

MAGASIN IHKATUAI..

moi... Jt' iriis ilevincr a Iriii oniliatriis qu'rll.s nvaieiu tinii iinimenl oubli<^.

JUI.rAM».

I l'iir bourse?

IlOHAf.E.

lustenient.

JLI.IANO.

Tu oiïris la tieimi'?

IIOIIACK.

Kn inenfiiyanl. pourquil leur fùl impossible «le refuser.

jL'iiANo, riant.

lia: hal lia! tiion ami, mon cher ami! quel dénouemciil bourj;cois pour une si brillante a\eiilure !... ça fail mal.

iiokace.

Att'iiils donc! lu le bâtes de juger!... (Juelques jours après, je reçus à mon adresse un petit paquet conletiant la modique somme que je lui avais prêtée.

JLI.IANO.

Cela l'ctonnc? ..

IIOIIACE.

Pans une bourse brodée par elle.

JUI,1A.\0

Ou'cn sais-lu ?

HORACE

J'en suis sur... une bourse brodée en perles Unes!... el dans cette bourse un petit papier et deux lignes... Tiens, vois, si toutefois tu le peux: ■ arje l'ai lu tant de fois...

JLI.IANO, regardant la SH/nulurc.

.Signé le domino noir. << Celle place île xrcré- •> laire d'ambassade quau bal vouf désiriez •> tant, vous l'aurez... ce soir vous serez nommé, n

IIOKAC.K.

1.1 ça n'a pas manqué! le soir même! moi qui Il avais aucun espoir, aucune chance... c'est inconcevable... c'est magique... Oh! elle reviendra.

JULIANO

Uui te l'a dit?

HORACE

Un instinct secret. . Oui. mon ami ; il me semble qu'elle est toujours là, auprès de moi... in- ^ isiblc a tous les yeux... et à chaque instant... je iii'altends...

JULIANO, riant.

A quelque apparition surnaturelle ?. ..

IIOKACE.

l'ourquoi pas? maintenant que nous n'avons plus liiiquisilion, on peut croire sans danger a la magie, a la sorcellerie.

It lu y crois?

IIOHACE.

Ij'n peu!... Mon oncle le chanoine croyait feriiieinent aux bons el aux mauvais anges... et que xeux-tu? il ma donné foi en sa doctrine, que je trouve consolante.

JUI.IANO.

Kl qui, par malheur, n'est (juabsurde!

iioiiAi.i: .

C'est bien ce qui me désole., aussi j'en veux à ma raison quand clic me prouve que mon cœur

a tort.

Oh entend un |)r('liiiio do coiilrcdaiisi.'.

JULIANO

Pardon, mon cher ami... j'ai une da::scuse qui m'altcnd... Viens-tu dans la salle de bal?

UOUACE

Non, j'aime mieux rester iii.

JULIANO

Avec elle?...

HORACE

Peut-être bien!

JL'LIaNO, qui snrt in liml.

Bonne chance!

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