E DEUXIEME
I-e fh«tre représente la snlle à manger de Juliino. Au mi'ieu, un brazero allumé. Au fond, une porte, et dan« un pan coup* h droite du spectateur une cr.ùsée donnant sur la rue. Deux portes à gauche, une à droite. Entre les portes, des armoires, de» buffet» ; au fond, à gauche, une Ublc çiur laq;uelle le couvert est mis.
SCENK PREMIÈKE.
JArjNTlli;, .ieute.
Une heure «lu malin, .t don Juiianu , mon niallrc. n'est pa.« cnoMi- rentré. C'si son habi-
tude. Il ne dort jainais que le jour... et je l'aime autant... le service est bien plus agréable et plus facile îtMT un ntallre qui ferme toujours les veux 1 . Mai? ce Miir, .ivant de partir pour le X»âl
LE DOMINO NOIR
iZ
de ia cour, cette idée de donner à souper à ses ( aniis la nuit de Noël... quelle conduite!.... pour | faire réveillon! Moi qui justement ce malin avais | eu la même idée avec Gil Ferez, le concierge de l'économe du couvent des Annonciades, et impossible de le décommandera cette heure où tout le monde dort... Mais les maîtres ne s'inquiètent de rien, et n'ont aucun égard, le mien surtout... Jésus Maria, quelle tête! et qu'une gouvernante est à plaindre chez un garçon, quand il est jeunel... . Quand il est vieux, c'est autre chose! témoin l'oncle de Juliano, le seigneur Apuntador, chez lequel j'étais avant lui.... quelle diiïérence !
COUPLETS
S'il est sur terre Un emploi, Selon moi, Qui doive plaire, C'est de tenir la maison D'un vieux garçon...
C'est là le vrai paradis.
Là, nos avis A l'instant sont suivis.
Par nos soins dorloté , ]I nous doit la santé.
Notre force est sa faiblesse.
Et l'en est darne et maîtresse, Vieille duègne ou tendron.
Si nous voulons Régner sans cesse.
Pour cent raisons CiioisisBons La maison D'un vieux garçon.
DEUXIÉUB CODPLXT.
Sa gouvernante
Est son bien,
Son soutien,
Elle est rénente.
11 est pour elle indulgent
Et complaisant.
Elle aura chez monseigneur Les clefs de tout et même de son cœtir. Fidèle de son vivant, Il l'est par son testament, Où brille, c'est la coutume, Une tendresse posthume.
Vieille duègne Ou tfndron.
Si nous tenons A notre rèjçne, P">ur cent raisons Choisissons La maison D'un vieux garçon.
Mais ici, par malheur, nous n'en sommes pas là, et demain, quand ma nièce Inésille sera avec moi dans cette maison, j'aurai soin de la surveiller, parce qu'une jeunesse qui arrive de sa province, avec des mauvais sujets comme mon maître et se» amis!.... Mais voyez donc, ce Gil Ferez, s'il avait au moins l'esprit de venir avant tout ce monde, on pourrait s'entendre ... (Allant àla fenêtre du fond, qu'elle ouvre. )ie ne vois rien Si vraiment .. en face de ce balcon... au milieu de la rue, on s'est
arrêté Ah! mon Dieu! une grande figure
noire... qui lève le bras vers moi... Ah ! j'ai peur! (Elle referme vivement la croisée). C'est un avertissement du ciel J'ai toujours eu idée qu'il
n'arriverait malheur de souper tête à tête la nuit de Koél a\ic l'tconome d'un couvent... avec tout -aatre, je ne dis pas... Ahl.... l'on frappe. . Dieu
soit loué!. . C'est Gil Ferez... ou mon maître....
peu m'importe, pourvu que je ne sois (las seule.
Elle va ouvrir la porte du fond et pousse un cri de
terreur en voyant apparaître une figure noire.
vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvwvvvvvvvvvvwvvvvvwvvwvwwvwwvv