‹ Pièces de théâtreChapitre 666 sur 1093 · I.NÉSILIE · texte numérisé non relu

I.NÉSILIE

N' vous fâchez pas, ma lante, je la payerons sur mes gages.

JACINTHE

Elle le mériterait.

JOLIANO.

Certainement; mais je lui fais grâce; je suit bon prince, et je lui demande, pour toute indemnité, une chanson du pays.

TOUS

C'est juste! une chanson aragonaise!

JACINTHE, bas, à Inésille.

En savez-vous?

INÉSILLE , de même.

Je crois que oui... à peu près.

TOOS.

Écoutons bien !

JCLIANO.

Qu'ici son talent brille I JACINTHE, bas, à Inésillf, Du courage 1

JULIANO

C'est un coDcert Qu'Inésille...

HORACE, stupéfait.

Inésille I

JULIANO

Nous réservait pour le iles<:ert.

RONDE ARAGONATSE.

INÉSILLE, .Tacinlhe vient de lui apporter des castagnettes avec lesquelles elle s'accompagne pendant les coupltts suivants.

PREMIER COCPLET.

La belle lues Fait llores; Elle a lies attraits.

Des vertus; Et bien plus, Elle a (les éous.

Tous les garçons, Bruns ou blonds.

Lui font les yeux doux; Qui lie nous Voulez-vous Prendre pouri^potiT?

Est-ce UPi ri<lu' Irrniier?

Est-re un garant uiulelicr.

Ou bien un algiia/il ?

r.eliii-la vous ronvient-il?

Trn, la, la, tra, la, la.

— Nuii, nu>n (-ifur iricivil^ Tra, la, la, tra, la, la, Refuse l'al^ua/il ,

Tra, la, la, Ira, la, la.

— l/alcacle vous phill-il?

Tra, la, la, tra, la, la,

— l'i'll-' e un rcirregidor, Je le rrfuse enror.

— Que voule/.-vous, IJrlie aux yeux doux?

Hépondi'z, nous vous aimons ton*.

Qui lie r)nus Voulez-vous

LE DOMINO NOIR

Prendre pour époux T — L'amoureux Que je veux, C'est celui qui danse le mieux.

ENSEMBLE

JCMANO et IF, CHOEUR.

Que de grâre ! que de randeur!

C'est un nictrceau de gr.nnd seigneur.

Et déjà mon fa-ur anuiurcux S'enllamme au feu de ses beaux yeux 1

HORACE

C'est bien son regard enchanteur; Mais ce co^tiinie !.. est-ce une erreur? Et que dois-je croire en ces lieux, Ou de mon cœur, ou de mes yeux?

JACINTHE

Ah! quel son de voix enchanteur!

Ma nièce me fait de l'honneur !

Et déjà leur cœur amoureux S'enflamme au feu de ses beaux yeux !

DEUXIÈME COUPLET

Dès ce nionieut.

Chaque amant Se mit promptement A danser.

Balancer, Passer, Repasser , Et, castagnettes en avant.

Chaque prétendant S'exerçait Et donnait Le signal Dubaï.

Le muletier P»dro Possédait le boléro, Et l'alcade déjà Brillait dans la cachucha; Tra, la, la, tra, la, la,

— Messieurs, ce n'est pas ça, Tra, la, la, tra, la, la.

Et, pendant ce temps-là, Tra, la, la, tra, la, la.

Le jeune et beau .loset, Tra, la, la, tra, la, la, De loin la regardait, Et de travers dansait, Car il l'aimait...

— Belle aux yeux doux, Ce beau bal nous réunit tous ; Qui de nous Voulez-vous Prendre pour époux?

— Le danseur que je veux ,

C'est celui, c'est celui qui m'aime le mieux. Oui, Joset, je te veux.

Car c'est toi qui m'aimes le mieux.

ENSEMBLE

JDLlANtt el LE CUŒOR.

Que de grâce 1 que de candeur! etc., etc.

HORACE

C'est bien son regard enchanteur, etc., etc.

JACINTHE

Ah! quel son de voix enchanteur! etc., etc.

JULIANO

Allons, Jacinthe, le punch et le café dans le alon !

acinthe sort un instant. Ils se lèvent tous, et les domestiques des jeunes seigneurs enlèvent la table, qu'ils portent au fond du tlieàtre.

JULIANO et LE CHOEi^R , Voyant sortir Jacinthe. Je n'y tiens plus !

INÉSII.LE.

Ah ! Cnissez, de Eràce !

TOUS , enloitrant Inésille.

' Non, vraiment... mon rnen r amoureux...

INÉSILLE, se défendant.

Ah! je frémis de leur audace!

Tous, de même.

S'enflamme au feu de tes beaux yeux !

■ORACE, seul, à gauche du théâtre et regardant Iné$ille. Comment ! serait-ce elle en ces lieux ? Non... ce n'est pasi... c'est impossible I

JULIANO et LE CHOEUR, entourant Inisillei Allons, ne sois pas inflexible I

INESILLE.

Laissez-moi I laisse/.-mni I

JULIANO et LE CIIOEHR,

De l'un de nous daigne accepter la foil INÉSILLE, se défendant.

Laissez-moi ! lais!^ez-moi 1

HORACE

Ce n'est pas elle... non, non, non, c'est impossible 1

JULIANO et LE CUIJEUB.

Rien qu'un baiser, un seul...

INÉSILLE.

Laissez-moi 1 laissez-moi !

JULIANO et LE CUUEUR.

Tu céderas!

INÉSILLE, poussant un cri, s'échappe de leurs mains et se précipite dans les bras d'Horace en lui disant: Ah 1 . . . défendez-moi !

HORACE , à part , avec joie.

C'est elle 1

JACINTHE sort en ce moment de la première porte à gauche, qui est celle du salon, et dit d'un air sévère :

Eh hien, que vois-je ?

JULIANO et LE cuuEUR, s'arrétant et à demi-voix. C'est la tante 1 De la duègne craignons la colère imposante.

JACINTHE

Dans le salon le punch est là qui vous attend.

JULIANO

Et les tables de jeu?

JACINTHE

Tout est prêt.

JULIANO

C'est charmant!

Faisant signe aux convives de passer dans le salon.

Messieurs... messieurs, le punch est là qui vous atteniL

ENSEMBLE

JULIANO et LE CHOECR.

Que de grâce ! que de randeur 1 Mais pour tourner ce jeune cœur De cet argus fuyons les yeux; Plus tard nous serons plus heureux I

C'est elle ! ô moment enchanteur I Combien je bénis sa frayeur; Oui, c'est elle que dans ces lieux L'amour offre encore à mes yeux l

JACINTHE

Mais voyez donc ces grands seigneurs...

Quelle indécence! quelles mœurs!

A Inésille.

Mais ne craignez rien en ces lieux Tant que vous serez sous mes yeux !

Ils entremit tous dans le salon à gauche.

JACINTHE, d Inésille.

Les voilà partis, soyez sans crainte... je descends à la cuisine.

Elle sort par la seconde porte à gauche. Au moment oii

elle s'eloigiic, Horace, qui était entré le dernier dans

le salon, revient sur ses pas près d'iuésille, qui est

seule et range le couvert.

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