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SCÈNE VIII

HORACE, INÉSILLE.

HOHACE, t'approchant d'elle timidement.

Madame...

ixésiLLE.

Qu'est-ce que c'est, monsieur? voulez-vous du Xérès ou du Malaga?

Elle lui offre un verre.

HORACE, étonné.

Non, non, ce n'est pas possible!

INÉSILLE, imitant un léger patoii de paysanne» Dam ! si vous voulez autre chose, dites-le... me voilà... je suis à vos ordres.

MAGASIN THEATRAL

HOBACR.

Quoi, vraiment! vouh série??...

INÉSUI R.

Inésille l'Aragonaisc. la nièce à «lame Jacinthe.

IIOHACE.

Ah ! ne cherchez pas à ni'abuser, je vous ai reconnue!

INésiLtH.

Moi! mon beau monsieur?

nOKACE.

Quand tout à l'heure, pour échopper à leurs poursuites, vous vous êtes jetée dans mes bras...

INÉSILLE.

Dam ! vous me sembliez le plus snge et le plus raisonnable ; eicusez-moi si je me suis trompée. iiORACB, vivement.

Oh! oui... oui... sans doute!... car dans ce moment surtout je ne suis pas bien sûr d'avoir toute ma raison... Vois tu, Incsille... si c'est toi... {avec respect) si c'est vous... c'est affreux de vous jouer ainsi de mes tourments.

liNÉSlLLE.

Moi, mon bon Dieu! tourmenter un cavalier si gentil et si bon !...

HORACE, s'avançant sur elle.

Eh bien!... si tu n'es pas elle... c'est une ressemblance si grande... si exacte... que j'éprouve auprès de loi... ce que j'éprouvais auprè.s d'elle... le cœur me bat... ma vue se trouble... je t'aime... INÉSILLE, se rerulant.

Ah ben ! ah ben ! ah ben ! moi qui vous croyais si sage... prenez garde, je vais me dédiie.

HORACE

Et tu as raison... je suis un fou. . un insensé... dont il faut que tu aies pitié .. viens avec moi... (// lui prend la main, quelle veut retirer.) Ah! ne crains rien... je le respecterai .. mais je te regarderai... je croirai que c'est elle... et je te dirai. . car avec toi... j'ai moins peur... je le dirai ce que je n'oserais lui dire... que je l'aime... que je meurs d'amour... qu'elle est mon rove... mon idole... (// la terre dans ses bras et elle se dégage.) N'aie pas peur... ce n'est pas pour loi... c'est pour elle...

INÉSILLE.

C'est égal, monsieur; comment voulez-vous que je distingue?

HORACE

C'est qu'aussi il n'y a jamais eu de situation pareille... moi qui croyais qu'elle seule au monde

avait ses yeux... ce rej;ard que lu .ts, loi...

{Leurs yeux se rencontrent.) Ah! c'i'st vous... c'est vous... madame... j'en suis sur! vous nurei beau faire... vous ne me tromperez ()lus. Kl la preuve , c'est que malgré moi j ai reirouvé ma frayeur cl mon respect.... vous le voyez.. . je tieriible. . Pourquoi alors vous délier plus longtemp» d'un cœur qui vous est aussi dévoué?... {On fruj'pe à la porte en dehors.) (J\\\ vient encore a une pareille heure? .. quel esl l'importun? (On entend crier en dehors ■■ N'ayez pas peur... ouvrez... c'eil un ami... c'est Inrd F.lfnrt!)

INÉSILLE, avec tffroi.

0 ciel! lord Kl fort!

HOHACB.

D'où vient ce trouble?

INÉSILLR.

N'ouvrez pas! n'ouvrez pasl

BORACB.

C'est donc vous, madame... c'est bien vous!

INÉSILLE.

0 mon Dieu! mon Dieu!... comment faire? . que devenir?

HORACE

Ne suis-je pas là pour vous protéger?

INÉSILLE.

Et s'il me voit seuletnent... je suis perdue I

MOHACE.

Il ne vous verra pas... je vous le jure!... nous sortirons de ces lieux sans qu'il vous aperçoive... mais vous aurez confiance en moi...

INÉ.SILLE.

Oui, monsieur...

HORACE

Je saurai qui vous êtes?...

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