‹ Pièces de théâtreChapitre 668 sur 1093 · I.NÉSILLE · texte numérisé non relu

I.NÉSILLE

Oui, monsieur...

HORACE

Vous me direz tout?

INÉSILLE.

Oui, monsieur.

HORACE

Eh bien!... là... là... dans cette chambre... (montrant celle de Jacinthe , dont je saurai bien défendre l'entrée... l'on me tuera avant d'y pénétrer... (On frappe plus fort et Inésille veut entrer dans la chambre, Horace la retient par la main.) Mais vous n'oublierez pas vos promesses.

INÉSILLE.

Oh! non, monsieur!

HORACE

.Atlendez-moi! dès que mylord sera entré dans le salon , je viens vous prendre... cl, enveloppée dans mon manteau, vous en sortirez sans danger. INÉSILLE, fermant vivement la porte.

On vient!

Lotd Elfort contiimi; à frapper plus fort à la porte du foii.l.

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SCKNE IX.

JIJLIANO, sortant du salon à gauche, PIORACE.

JULIANO

Kh bien! quel tapage à la porte de la rue!... Jficiiilhe, Inésille... où sont donc toutes ces femmes ?

HORACE

Je ne sais .. Inésille était là... tout à l'heure... elle est descendue.

ji;liano.

A la cuisine sans doute... qui diable nous ar> rive?

Il va ouvrir In porte du fond. Pendant ce tpmps Hnraca

s'approihr de la porve à droite, qu'il ferme à doublt

tour, put:* il retire U r.lef et la met daus sa poche.

LE DOMINO jN'OIR.

UORACE.

La voilà en sûrclé!

JULIANO, qui pendant ce temps u été ouvrir à lord Elfort.

C'est vous, mylord ^ vous êtes bien en retard!

LORD ELFORT.

Ce était vrai! [Apercevant Horace.) Encore cette petite Horace!

JULIAXO.

Vous ne devez plus lui en vouloir... maintenant que vous êtes sûr de la vertu de mylady.

LORD ELFORT.

Yes... grâces à vous qui me avez fait voir les preuves... mais c'est égiil... cette nuit .. était toujours pour moi un jour malheureuse... et fâcheuse beaucoup.

JULIAXO.

Comment cela?

LORD ELFORT.

En quittant mylady... je voulais, avant le sou- )er avec vous... porter le cadeau de Noël à la peite Estrella... vous connaissez...

JULLANO.

Un premier sujet de l'Opéra de Madrid?

LORD ELFORT.

Yes...

JULLANO.

Celle qui danse si bien la cachucha?

LORD ELFORT.

Yes...

JULIANO

Et pour laqueMe, dit-on, vous faites des folies...

LORD ELFORT.

Yes... je aimais beaucoup la cachucha... Eh ien ! elle était pas chez elle... elle était sortie our toute la nuit sans prévenir moi...

JULLANO.

Parce que vous êtes jaloux et qu'elle a peur e vous !

OR.ACE, à part et regardant du côté de la porte, à droite.

0 ciel !

LORD ELFORT.

Et pourquoi, je demande à vous? pourquoi )rtir toute la nuit?

JULIANO

Pour aller... pour aller... danser la cachucha... aur aller au bal., la nuit de Noël, tout le monde va... à commencer par vous.

LORD ELFORT.

C'est égal... je avais mis moi en colère.

JULIA.NO

Ça ne coûte rien.

LORD ELFORT.

Je avais tout brisé...

JCLIAXO.

C'est plus cher... parce que demain il faudra Sparer... à moins que celte nuit... vous ne soyez eareux au jeu oià l'on vous attend...

LORD ELFORT.

Yes! je allais jouer.

Il entre dans le salon à gauche.

JULIANO, se retournant vers Horace.

Ainsi que toi, mon cher Horace... on demandait ce que tu étai.s devenu.

UORACE.

J'allais vous rejoindre!

JULIANO

Ah! mon Dieu !... comme lu es pâle et troublé!... Est-ce qu'il y aurait une nouvelle apparition?

IIOKACE.

Du tout... mon ami... lÀ part.) Ah! si c'est elle, c'est indigne! c'est infâme!... je les tuerais tous deux et moi-même après...

JULIANO, à Horace.

Allons, viens.

HORACE, le retenant par la main.

Un mot seulement!...

JULUNO.

Qu'est-ce donc?

HORACE

Cette belle danseuse... dont vous parliez tout à l'heure... la signora Estrella... tu la connais?

JULIANO

Certainement et beaucoup!... et toi?

HORACE, avec embarras.

Eh bien!... eh bien!... tu ne trouves pas qu'elle ressemble un peu à cette petite servante aragonaise...

JULIANO

Inésille ! !

HORACE

Oui, il y a quelque chose...

JULIANO

Ah ça, à qui diable en as-tu aujourd'hui avec tes ressemblances? Tu me parlais tantôt de la reine, et maintenant d'une danseuse... il n'y a pas le moindre rapport, pas même apparence...

HORACE

Tu as raison... cela ne ressemble pas à elle... et je l'aime mieux... Je suis content... {A part). Oser la soupçonner... quand tout à l'heure... elle va tout me dire et toutm'apprendre... (Haut.) Allons, viens, viens, mon ami.

JULIANO

Qu'est-ce qu'il te prend? te voilà maintenant radieux et triomphant.

HORACE

C'est que je pense à elle !

JULIANO

.4. l'inconnue... il en deviendra fou, ma parole d'honneur!

HORACE

C'est vrai! j'en perds la tête!

JULIANO, l'emmenant.

Viens perdre ton argent, cela vaudra mieux!

11 sort en emportant le dernier {lambeau qui était resté sur la table du souper, laquelle table a été reportée près de la porte du salon. A la sortie d'Horace et de Juliano le théâtre se trouve dans l'obscurité.

ta

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