SCÈNE lY
Les mêmes, Le capitaine ROLAND.
TOUS, se levant et portant une santé.
Au capitaine Roland !
ROLAND
Merci, Messieurs, bonjour!, bonjour, mon jeune ami !
{à Olivier.)
HECTOR , allant à lui et hii faisant tm grand salut.
Je présente mes civilités à Monsieur le ca- 4)pitaino Roland de la Bietonnière!
LES MOUSQUETAIRES DE LA RELNE
ROLAND, sévhcmi'ut.
Prenez £;arde, monsieur de Biron !... l'excès (le votre courtoisie a manqué briser la plume de votre feutre !
HECTOR
Je serais loin de regretter une semblable bagatelle pour assurer de toute ma considération l'un des plus illustres braves de l'armée !
IIOHAN.
L'ancien soutien de la ligue !
GONTAUD
Le modèle des raffinés d'honneur !
ROLAND
Raffiné, Messieurs!... c'était le beau temps que celui des raffinés... des duels tous les jours!...
HECTOR
Comment donc ! mais c'était fort séduisant! ROLAND, avec feu.
C'était magnifique !.. un duel est une guerre à deux, où les ennemis se voient de près, face à face... fer contre fer. du sang pour du sang .. on ne risque pas là d'être tué honteusement par une balle de hasard ou le coup d'arquebuse de quelque ribaud de soldat... on se mesure, on s'attaque, et l'on meurt convenablement, dans les règles, en gens qui savent vivre !
HECTOR , gaiment.
Le capitaine a raison, Messieurs. Le siècle se gâte... tout dégénère... nous vivons en bourgeois de Paris... le corps redoutable des mousquetaires devient tous les jours moins querelleur!
OMYiER, riant.
A preuve que sans moi , tout-à-l'heure , et pour un mot, vous alliez vous couper la gorge avec Rohan ! •
ROLAND, vivement.
Vraiment! mais si l'affaire n'était pas arrangée... on pourrait...
HECTOn.
Merci, capitaine!., la paix est faite... et ce soir nous trinquerons ensemble, M. de Rohan et moi, au banquet de la Reine.
OlIVIEK.
A ce propos, Messieurs , je vous annonce une bonne nouvelle... .Sa Majesté la Reine a décidé que ce soir mémo , avant le bal , chacune de ses demoiselles d'honneur ferait choix d'un chevalier pour le tournoi royal et tout le temps des fêtes qui vont le suivre!
HKCTOR.
Ah! Messieurs... le joli bataillon (|ue celui deii demoiselles d'honneur de lu Reine !
CRIÎQUI.
Catherine de Pons !