‹ Pièces de théâtreChapitre 698 sur 1093 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les mêmes, UERTllE DE SI.MIANE, sortant du pavillon.

oMviER, voyant la jeune fille.

Berthe de Simiane ! . .

HECTOR, galamment et allant à elle.

Hélas! bien a tort,

On se battait pour la plus belle !

Vous paraissez, Mademoiselle, Sur les plus doux attraits nous sommes tous d'accord!.

Allons, Messieurs, point de querelle!

Il est uu moyen bien plus doux De prouver à tous les jaloux Que votre belle est la plus belle...

C'est de rester toujours fidèle !

Ue ce projet que diles-vous?

Messieurs, Messieurs, rapi)rouvez-vous'i

TOUS

De votre avis nous sommes tous !

Cavdtine.

Ah! Messieurs, Mon conseil est sage.

Suivez-le toujours , C'est un doux présage

De tendres amours!

Pour moi quelle gloire.

Chevaliers courtois, Si vous daignez croire A ma faible voix !

Et si la constance De nos anciens temps Peut renaître en France Au cœur des amants !

IIKf.TOR.

Comme vous prêchez bien!...

TOUS, excepte Olivier.

...Ou n'est pas plus jolie C'est pour vous que chacun voudrait donner sa vie.

BKiiTiiE, riant.

Eh! quoi, Messieurs , si promptenicnt Vous oubliez mes avis... et pourtant...

REPRISE de la Cavatine.

3Ion conseil est sage,

Suivez-le toujours ,

C'est un doux présage

De tendres amours !

Pour moi quelle gloire,

Chevaliers courtois,

Si vous daignez croire

A ma faible voix !

El si la constance

De nos anciens temps

Peut renaître en France

Au cœur des amants ! "

ENSEMBLE

CHOEUR La douce constance De nos anciens temps Va renaître en France Au cœur des amants!

BERTHE

Allons, Messieurs, plus de guerre entre vous... d'abord, c'est fort mal... et puis nous n'avons déjà pas trop de danseurs... et les demoiselles d'honneur en consomment beaucoup...

HECTOR

J'ai bien peur que la querelle recommence pour être le vôtre l

RERTHE.

Non, Monsieur... tous vos camarades ne sont pas comme vous, qui avez la réputation d'être très querelleur, fort léger, fort indiscret., et ce qu'il y a de pire, amoureux de toutes les femmes !

HECTOR

Jusqu'à ce qu'une seule me permette de l'èlre d'elle...

BtRTHE, avec malice.

Est-ce qu'on a besoin de permission pour cela!., mais vous êtes trop volage... voyez votre ami Olivier... voilà un mousquetaire modèle... et qui serait constant, j'en suis sûre, s'il devenait jamais amoureux !

HECTOR

Lui ! il n'aiiue personne, j'en réponds.

OLIVIER, souriayit.

N'en jure pas !

liERTHE.

En revanche, vous aimez pour tout le monde vous, à ce qu'on prétend... mais je vous préviens qu'il y a une ligue entre toutes les demoiselles d'honneur, et qu'à moins de dix ans de constance bien prouvés, bien établis... au reste, nous sommes à la tète de la Conspiration, Athénaïsde Solange, mon amie intime, 4-et inoi !

LES MOUSQUETAIRES DE LA REINE

Ah ! mademoiselle de Solange en est aussi !

BERTIIE.

Je le crois bien... c'est la plus sévère, la ])lus rigide de nous toutes !

HECTOR

Prenez garde, ]Madomoiselle... nous avons peut-être déjà des allies dans votre camp !

BEKTHE.

Non , monsieur, vous n'en avez pas, et vous en aurez, vous, moins que personne... ;i

moins...

HECTOR, riant.

De dix ans de constance, n'est-ce pas?

BERTIIE, de même.

Oh ! quant à ça, si on était bien sûre... en en rabattrait peut-être quelque chose!.. (On entend battre aux champs.)

OMVIER.

Messieurs, on bat aux champs!... voilà la isortie de la Reine : aux armes!

TOUS

Aux armes !

noL.\ND, répétant.

Aux armes, Messieurs... ou gare les arrêts! (Us sortent tous vivement, après avoir salué m,ad6moiselle de Simiane.)

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