‹ Pièces de théâtreChapitre 699 sur 1093 · SCÈNE YL · texte numérisé non relu

SCÈNE YL

BERTIIE, puis ATHÉNAIS sortant du pavillon

BERTHE

Quel malheur (|uc M. de Biron soit un si mauvais sujet! je ne sais pas comment cela se fiiil, mais ce sont toujours ceux-là qu'on trouve les plus aimables... voici ma sévère amie, ma bonne Athénaïs !

ATHÉNAÏs, avec émolion.

C'est toi , ma chère lierthe , je le cherchats !

REliTIIE.

Ah ! mon Dieu ! quel air inquiet et agité !

ATHÉNAÏS, en confidence.

Diir-inoi, n'as-fu pas entendu parler hier, au coucher de la Reine, d'un illuslre époux <|u'ou me destinait...

liEIlTIIE.

Le prince Amédée de Lorraine !

ATHÉNAÏS

Kt crois lu qiif, c(! bruit se soit répandu à la Cour, (pie MM. Ii-s oriicicrs de service en aient déjà coiuuiissiunc.

BERTHE

th! que t'importe?

ATHÉNAÏS

Hélas! ma chère amie, c'est qu'il y a u; personne dont je crains le désespoir à ceit nouvelle !

BERTHE, riant.

Le désespoir d'un mousquetaire ou d'un gendarme du roi !... est-ce que par hasard, lu aimerais un de ces mauvais sujets-là?...

ATHÉNAÏS

Celui ({ue j'aime est digne de toute mon afTection... et tu vas tout savoir. Un jour... c'était la veille de la prise d'habit de notre bien aimée compagne, mademoiselle de Rochemaure... assises toutes deux là, sous ce bosquet... elle me vantait le. bonheur d'avoir Dieu pour époux .. Mon cœur se troubla, je lui parlai d'un amour qui pouvait réaliser le rêve le plus doux... et pressée par sa tendre amitié de lui en apprendre l'objet caché, je prononçai d'une voix faible et tremblante, le nom de M. d'Entragues !...

BERTHE

Olivier d'Entragues!... voyez-vous le dissimulé. .

athéna'is.

llélas ! ma chère amie, M. d'Entragues avait tout entendu !

BERTHE

Comment?

ATHÉNA'iS.

Caché derrière celte charmille, il eût l'indiscrétion de nous écouter !

Quelle perfidie !

ATHtXAl'S.

I e soir même, il m'avoua sa faute dans une lettre si leiulie, si resiieclueuse!... et admire cette sympathie, lui aussi m'aimait depuis longtemps... nuiis la distance qui nous sépare, l'avait l'orcé au silence... maintenant ([ue le hasard lui révélait son bonheur, il me conjurait de lin permettre de in'adorer connue sa i)rovidence, comme son bon ange...

bi;rthe, gaimcnt.

V.{ son bon ange se laissa toucluT par celte ardente prière!..

athlna'is.

II espérait tout du temps, me disait-il..puis il me traçait un plan de conduite... ne jias luiiis i)arler, ne jamais nous regarder... éviter même toutes les occasions de nous' trouver ensemble .. et le croirais-tu, je ne connais pas même le son fie sa voix...

REHTHL'.

C't>st héroïque!. . et si que1(pie lettre tom- <j)bait entre les niiiius de ton i»iicle le Cardinal :•

Page 1