‹ Pièces de théâtreChapitre 71 sur 1093 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

MADELINE, PERRINE, PAYSANNES, à gauche ;

ALY, assis à droite ; puis, DOMINIQUE.

MADELINE

Regardez donc ! comme il est drôlement bouté!

PERRINE

Qu'est-ce que c'est donc que celui-là ?

MADELINE

C'en est un qui est arrivé, aux courses de Lamballe, avec des superbes chevaux.

ALY, sans bouger, à part.

Regardez, contemplez, admirez, mes petites Bretciuits... C'est gentil, n'est-ce pas?,.. c'lsI proprement ficelé.. .

PERRINE

M'est avis que ce doit être un marquis turc.

MADELINE

Ah! v'iàle père Dominique... faut lui demander ça à lui, qui a été dans toutes les parties du monde...

ALY, se levant.

Voulez-vous voir la tournure, mes anges ?... Voilà... faites-vous plaisir...

(lise promène devantl'auberge. — Dominique entre.)

MADELINE et Ics autres paysannes, l'entourant.

Père Dominique !... père Dominique !...

ALY, à part.

Dominique ... connu !.. c'est lui-même... Le général ne doit pas élrcloin.

LA CLOSEUIE DES GENÊTS

DOMINIQLE.

Eh bien 1 qt«'est-ce qu'il y a, mes filles !... estce que Vous voulez me prendre d'jissoui î .. sapreblt u !... Voyons, tout h l'Iienre il y en aura pour loUlisj mais d'abord, il faut q<ic je retienne dos places dans la Irihiinc du sous-préfel, pour le géuéral et sa fille...

MADELINE

Voyons, ne faites pas vos p:rosscs moustaches, pire Dominique; vous savez bien que ça ne me fait pas peur.

«OMINIQCK.

Excepté quand je veux l'embrasser... W chsnte.)

Maileion, mon cœur, ma ])ctilc Madolon, Made-

lon !... tonlDu... ion !... Il veut l'embrasser.)

AI.Y, à part.

Madeline... je connais ça...

MADELINr;.

Laissez-moi donc, ou je le dirai à mon oncle Kérouan,

Ai.Y, loiijours 5 pnrt, Ju.slc, c'esleJle... Ali! comme c'est grandi... de partout.

MADELlXE, à Dominique.

En voil àassez... et écouiez-moi.

iJES PAYSANNES.

Oui... oui...

MADEL mE.

Regardez donc ce diôle d'habit I

DOMINIQUE

Où ça ?

ALY, à part.

On interroge \e vieux de ia vieille <los vieilles à monsujol...

MADELINE, montrant Aly.

Celui-là... ce brun...

AI.Y, se redressant et à part.

Pa^se Ion inspection, l'ancien, et trouve quelque cho«e à calomnier si lu prux... (Use promriie.) tOMiMOUE, nprfs avoir regardé Aly.

Cia«. ah !... (Avec ilédain.) Connais pas.

MADEMNE.

Perrinodil que c'est un marqui- turc.

JXjMtVIOt K.

Allons ilonc !... j'ai eu l'Iioimenr de \ivre en Egypte avec la meilUnre soriélé de l'endroit, et je «ai jamaiN vu de marquis turc ('labli cumme ça...

AI.V, à part.

Je crois qu'il me d(!'liuîi.

MADEI ISE,

Qui donc que ça peiil ^îlre ?

DOMINIQUE

D'où ça vient-il ?

MADEI.INE.

Il egt arrivé, il y a deux heures, de Paris, avec mon pcrrain. le marquis de Monl^claln.

DOMINIQUE

Alors ce n'est pas quelcpie chose An grand' chose... Quelque sallimbanque...

AI.Y, à part.

Bien silr on me dégrade.

MADELINE

Avec un bel habit comme ça ?...

DOMINIQUE

J'ai bien vu des ptkins de bourgeois faire monter, derrière leur voiture, des laquais à épauleltfs ù Rraines d'épinard... c'est quelque domestique déguisé en prince algérien.

Décidément on m'immole... Voyons un peu... (Il se rapproche doucement.) MADELINE.

Un domestique... Ah I tant pis !... sans ça, il serait bien frnlil.

ALY, frappant sur l'épaulg de Dominique.

La jeunesse a raison, l'ancien... .Sous prétexte que vous éics un vieux de la vieille des vieilles, faut pas dédaigner le soldat moderne.

DOMIMQCE.

Ça I un soldat ?...

ALY

Un peu... Premier des chasseurs d'Afriqne... pas du toi't culotte de peau, mon ancien... DOMINIQUE.

Chasseur d'Afrique ?.. j'ai entendu parler de ça.„

MADELINE

Moi, aussi.

ALT

C'est qu'ils en font pailcr.

DOMINIQUE

Possible .. Mais il leur faudra manger bien ^et crov'ucs, mon petit, avant de monter au premier boulon de la guélre d'un grenadier de la vieille.

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