AIT
JeTie dis pas... diacun sa gloire. Vous avez conquis l'Europ.^... c'est bien... cl je la respecte. Mais nonsconqaérons l'Afrique... c'^-sl pas mal... et il ne faul pas cracher dessus... péie Daoïinique.
MADÏLrSE,
Père Doniiiuquc ?.. Tiens, il vous connaît...
DOiUlMQLE.
Il aura lu les BulIcLins de la grande-armée... voila.
ALT
Dominique Coussu... de Blain ; le s('ri;enl du général d'Eslève, un autre ancien... pas du tout sensible... très dur .'i cuire... comte de l'empire... retraité et retiré ù Machecoul, avec une petite nile...
MADELINE
Ah 1 oui... une petite fille!... M'l« Lucilc, tme des plus bellesdemoiselles du pars...
PiiOLQGUIÎ, SCÈNE I.
ALT
C'est jiisle.. , la petite Lucile a dû grandir comine tous, mademoiselle Madeîiiie.
MAUELINE.
Alj bah ! est-ce que vous me connaissez aussi ?
Aladeliiie Leroëx, dont les père et mire ont péri en 1815, lors de la prise de Châleauliriant par les fédérés... nièce du père Kérouan, Drelori bri'tonnanl, fermier du marquis de Monléclain, chouan di*. la première en 1795, de la seconde en 1815, de la troisième eu 1830... pas mal enlclé, décoré de Sai'.it-Louis, et qu'il ne faudrait pas embêter, malgré ses soixanle-ciuq ans... n'est-ce pas, père Dominique?
MADEUNE.
j)|ais qui êles-vous donc, monsieur?
DOMINIQUE
Attendez un peu... voyous... Tu as dit premier des chasseurs d'Afrique.
ALY
Deuxième escadron.
DOMINIQUE
Et à l'appel, lu réponds au nom de Christophe Kérouan ?...
ALY
Présent.
MADELIKE.
Mon cousin !
DOMINIQUE
Comment! c'est loi, gamin ?...
ALY
Eh! oui, père Dominique... Comment, vous ne m'avez pas reconnu ?
C'est que, lorsque tu es parti, il y a six ans... (Montraiu ses nioustacbes.) lu n'avais pas ça... ALY, découvrant sou front et montrant une cicatrice.
Ni ça... (Soulevant sa veste.) Ni ça... DOMINIQUE.
La croix... Ah ! sapré petit matin !.. c'est bien, très bien... Embrasse-moi!
[Il lui ouvre ses br.is; Aly passe dessous, et Ta embrasser Madeline.) ALY.
Allons donc, père Dominique... Et vous, couiîiie, est-ce que toutes les moustaches vous fout peur?
MADELINE
Pas les noires...
(L«s autres paysannes s'éloignent en riant.) ALY.
Dame! père Dominique, quand vous veniez à la erme avec le général, je vous ai tant entendu -acoiilerdes batailles et des tremblemens, des canons et des obus, que je me suis dit : Il faut que 'aille me promener par là...
DOMINIQUE
Mais pourquoi donc que tu coches la croix V
ÀI.Y.
C'est une surprise que je veux faire à mon père.
DOMINIQUE
A ton père ?... Est-ce que lu ne l'os pas vu, ton père?
Est ce qn'il est ici î
MADF.LIXE.
Mais puisque vous arrivez de Paris avec le marquis de Moiitéclain, \oirc colonel, vous devez bien savoir que le père Kérouan est aux courses, puisque M. le marquis lui a écrit d'y venir. ALY.
Pas possible!.. M. de Monléclain me l'aurait dit...
MADELINE
Je le sais bien, puisque c'est moi qui ai lu la lellreà mon oncle; attendu que, lorsque c'te lettre est arri\ée, Louise n'était pas à la ferme. ALY.
Louise, ma sœur!... Et dis-moi, Madeline, estelle jolie comme toi?.. Elle promenait, il y a six ans...
DOMINIQUE
Et ça n'a pas menti... et, si ce n'était M'I» Lucile, ma foi, je dirais que c'est la plus belle... (Après un soupir.) Oui, la plus belle.
WADELIXE.
Allons donc!... est ce qm- vous vous y connaissez?.., Cerlainemenl, M"e Lucile est bien... mais ma cousine Louise !... Ah 1 dame 1 vousser^ content, cousin...
ALY
Mille pistons, je le suis déjà beaucoup... Mais finis-moi donc l'histoire... Tu dis que M. dç MftOtéclaiu a écrit à mon père?
MADELINE
Eh! oui, d'amener ses petits Bretons aux courses... en ajoutant: a Viens, mon vieux camarade...» Vous savez comme il aime votre père, le marquis... Puis il disait encore : « Je te ménage une surprise qui te fera plaisir. » ALY.
C'était moi, la surprise... Le bonhomme de père est venu?...
DOMINIQUE
"Voilà une heure qu'on le le dit... Il est là dans cette tente où l'on donne les papiers civils des chevaux.
ALY. prât à sortir.
Et tu es venue avec lui... cl Louise aussi, sans doute?
MADELINE
Oh ! non... elle e?t resléo à la ferme,.. II fallait bien j lais^.^r quelqu'un...
LA CLOSEHIK DES GENÊTS
ALY, revenant sur ses pas.
Elle n'est pas malade, au moins?...
MADE-LINE
Non... Mais, dame!... vous savez... elle a été élevée au couvent avec M"» Lucile... elle ne rit pas toujours... elle s'euuuie quelquefois...
ALY
Raison de plus pour sortir, pour venir ici.
MADELINE
Ah! dame, elle n'a pus voulu... Kt ce qu'elle veut, mon oncle n'y trouve rien à dire. ALY.
Ali! je n'aime pas ça, moi...
Eh bien ! vas-lu venir ici faire des sentences, blanc-bec!... Apprends, petit, que Louise, comme Mlle Lucile, c'est saint, et sacré, et tranquille, et vertueux... C'est pas ton nouveau colonel le marquis de Monléclain, qui t'a appris à les con-, naître, ces honnêtes filles...
ALY
Le fuit est que le colonel ne choisit pas les plus... Mais au diable tout ça... Vous dites que mou pèie est... de ce côlé?...
MADELIN'E.
Je vais vous conduire.
ALY
Venez donc...