SCENE PREMIERE
iTURNIN, GEORGEÏTE, Villageois ET VILLAGEOISES dans leurs habits de fête. — [Au lever du rideau tout présente /'«.spect d'une fête champêtre très-animée.)
CHOEUR DE JEUNES FILLES, à Saturnin.
Ah! monsieur Saturnin, vraiment Votre petit bal est charmant 1 Vous êtes aimable et galant 1 Recevez notre compliment.
sATURBiN, se pavanant.
Oui, j'étais né pour les succès !
Et mes bouqupts charmants et frais Feront ici bénir sans fin Le nom si doux de Saturnin !
CHOEUR
Au son de la musette Dansons, chantons joyeux refrain !
Ce joli bal, et cette fête.
Nous sont donnés par Saturnin !
SATURNIN, à Georgette, dansant.
Vous mettez un terme à mes maui...
Vous me permettez 1 espérance !
GEOHCETTE , dansant, Dansez, monsieur, la contredanse S'arrange mal de doux propos.
, SATURNIN
Je vous adore...
OEORCETTB.
A vous la chatne.
SATURNIN
Et mon amour 1...
GEORGETTE
Quel bal joyeux !
SATURNIN
Ecoutez-moi?...
GEORGETTE
Mais l'on m'entraîne.
SATURNIN
Dois-je aimer seul ?...
GEORGETTE, dansCHlt.
En avant deux.
SATURNIN, essoufflé.
Je n'en puis plus... Mais la belle Georgette, Pour changer de plaisir, mes amis, nous dira
De sa douce voix de fauvette.
Un air de ce pays...
GEORGETTE
Lequel?...
SATURNIN
La chansonnette De la Basquaise Pépita I
GEORGETTE
Je le veux bien...
CHOEUR
Écoutons... GEORGETTE, un tambour de basque à la main. M'y voilà I
PREMIER COUPLET
Carlos aimiit une Basquaise, Une Basquaise aux noirs cheveux.
Son tendre cœur se mourait d'aise Quand il regardait ses doux yeux.
Mais se moquant de sa conquête, Lorsque Carlos parlait d'amour.
De sa fine main, la coquette
LE VAL DAISDORRE.
Faisait résonner son tambour.
Pan , pan ! écoute ma flnmme I Pan , pan ! calme mon tourment !
Pan, pan !
Tu me perces l'àme, ,
Pan, pan!
Comme le tympan !
Le son des grelots, des clochettes, Et de mon tambour que voilà, Tra, la, la, la.
Sur cet air-là, Des amants couvre les sornettes.
Le bon moyen que celui-là Pour entendre ce qu'on voudrai Tra, la, la, la.
CHOEUR
Le bon moyen que celui-là Pour entendre ce qu'on voudra I Tra, la, la, la.
CEORGETTE.
DEUXIÈME COUPLET
En vain Carlos suivait la belle; Son tambour de basque à la main, Elle répondait, la cruelle , Je vous écouterai demain.
Mais un jour, par un coup de tète, Carlos se saisit du tambour.
Et se vengeant de la coquette, C'est lui qui disait à son tour :
Pan, pan! écoute ma flamme !
Pan, pan! calme mon tourment.
Pan, pan !
Tu me perces l'ànie.
Dit la belle, avec le tympan !
Le son des grelots, des clochettes , Et de mon tambour que voilà,
Tra, la, la, la,
Sur cet air-là, Savent triompher des co(iuettPs,
Et cet air-là,
Ce doux air- là, Cf fut Carlos qui le chanta,
Tra, la, la, la.
CHOEUR
Non, la fiasquaise Pépita Ne chantait pas mieux que cela.
LES VILLAGEOIS, Sortant sur la reprise du rhœur. Au son de la musette, etc.