SCENE II
GEORGETTE, SAÏLRNIN.
GEOROKTTE. Eli biciî, nioiisicur Saturnin, vous n«.' les suivez pas?...
SATURNIN. Non, Ix'lle Gporgcttc... et je puis enfin vous parier de mon amour!
GEORGtTTt;. Laissez donc... hier encore
vous en disiez autant à la belle fermière 11 résc!
SATURNIN. Hier! Parce que j'étais fitrii de vos rigueurs... parce que je redoutai^ ^ sentiments pour le beau Stépban... }l puisqu'il est parti...
GEORGETTt:. Pas du tout!.. Il reste pays... on vient de me l'apprendre...
SATURNIN. Allons douc ! Ça n'est pas po ble.. . comment aurait-il pu se racheter d( niilice... lui qui n'a rien .tu monde que } fusil pour tout revenu. . . et un revenu qui r souvent encore...
GEORGETTE. Qu'importc !.. . Stéphan a ■ amis qui ont pu l'obliger... s'engager ]m lui... et j'en suis ravie... quoique ce soit ingrat qui ne m'a jamais aimée...
SATURNIN. Ah ! c'est bien vrai !... Aussi parlons plus de lui... et ne repoussez pas tendresse... Je n'ai à vous olfrir que l'hé tage de mon oncle. . . qui se porte à merveille mais mon cœur et votre fortune nous ti( dront lieu de tout dans le monde !
GEORGETTE, riant. Voilà du dévouement
SATURNIN. Je suis comme cela, moi !.. . je vous supplie de vous décider... car je connais, Georgette... si vous m'enleviez n espoir...
GEORGETTE, (irec coquetterie. Eh bic espérez . . je ne vous en empêche pas. . . Ovi h moi je verrai, je réfléchirai. .. [À part. ) fait, c'est un brave garçon, qui n'a pas gr; esprit... mais ça ne nuit pas en ménage., ce qu'on dit, au contraire... {Haut.) Au voir, Saturnin... En attendant, allez cueillir un beau bouquet sur les bords torrent... et si ce soir je le porte à ma ce ture... eh bien, ce sera bon signe... {Apai D'ailleurs ça fera toujours des jaloux... c si agréable de faire enrager les galant: même quand on ne les aime pas!... {Hav Adieu, Saturnin... à tantôt!
SATURNIN. Je cours dévaster la prah belle Georgette... je ne laisserai pas un (piclicot sur sa tige... et l'amour aidant, j' père bientôt voir mon boi^quot h votre ce turc. . {Ib sortent chacun de leur côté.)
bCftNE HT.
ROSE, entrant par le fond à gauche.
Personne encore!... Jacques ne revi<
pas... <ic|)uis le jour Je l'attends sur la nw
lagno. .. il me semble que chacun conii
' ma faute, et que je lis ma .fionic dans tous
LE VAL D'ANDORRE
eux... Comme il tarde à m'apporter cet aront qu'il m'a promis!... Ah! mon Mieu ! Si la maîtresse rentrait... si je no pouvais relettre ce que j'ai pris avant son retour.. . si le venait à découvrir. ..
ROMANCE
PREMIER COUPLET
Faudra-t-il donc, pâle, éperdue,
Mourir ici, sous le mépris?
Ah! de l'amour qui m'a perdue Le déshonneur, hélas! serait le prix.
Lorsque le sort trop implacable
Allait l'arracher de ces lieux,
J'oubliai tout, je fus coupable ;
Mais il était si malheureux !
18 j'ai dit, ô mon Dieu ! je suis trop misérable, j'ai commis le crime eu détournant les yeux,
DEUXIÈME COUPLET
Je l'aime tant ! lui de ma vie Le seul espoir, le seul amour !
Il m'a sauvée !.. et son amie Devait le sauver à son tour.
Aussi, quand le sort implacable Allait l'arracher de ces lieux.
J'oubliai tout, je fus coupable; Mais il était, etc., etc.
On vient c'est Stéphan... Oh! mon
su! S'il soupçonnait ce que j'ai fait, avant ivoir pu réparer ma faute... lui si honnête, oyal .. il me mépriserait sans doute, et son ipris à lui... mieux vaudrait mourir!...