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SCÈNE IV

Les mêmes , STÉPHAN , entrant.

STÉPHAN, à part. Ma cousine ici !

[Haut.) C'est vuus, mademoiselie G» orgette. ..

SATURNIN. Mademoiselle Geogette !

comme c'est tendre pour un futur. ..

GEORGETTE, à Saturnin. Eh bien ! vouf qui disiez qu'il ue viendrait pas... vous voyez

ben que le voilà qu'il n'a pas pu vivre

sans moi... qu'il est venu me chercher jusqu'ici ^...

STÉPHAN. Qu'avez-vous donc, Georgelte ?

GEORGETTE. C'est monsieur Saturnin qui prétendait que vous m'oubliez déjà... que vous ne m'aimiez pas !

SATURNIN , bas, à Georgette. C'est bien la peine d'aller lui dire cela... pour qu'il me

cherche querelle il ne manquerait plus

que ça...

GEORGETTE, d Siéphan. Mais je n'en crois rien, mon cousin... Saturnin est un envieux, un jaloux.. . pou' tant il m'a dit une chose... une seule qui m'a fait réfléchir... c'est que votre amour pour moi vous est venu un peu vite...

STÉPHAN. J'étais votre ami depuis l'enfance, Georgette... des débats de famille nous avaient séparés... mais lorsque j'ai su tout ce quevousaviez fait pour moi. .. quand vousm'avez rendu à ma patrie, à ma bonne mère... A tout ce que j'aimais... quand vous aveï racheté ma liberté...

GEORGETTE. Moi , mon cousin !...

STÉPHAN. J'ai dû me taire jusqu'ici, parce que je l'avais promis... mais à présent je serais un 'Ugral de vous cacher plus longtemps ma reconnaissance !

GEORGETTE. On VOUS a trompé, mon cousin... et ce n'est pas moi. je vous jure, qui Viius ai rendu le service dont vous me parlez I

STÉPHAN. Qu'c<iiends-je I... ce n'est pas vous!.., et (jui donc, alors?...

GEORfiETTE. Quant à cela, je n'en sais rien... Mais, attendez donc... et quand ça serait moi... est-ce que c'est seulement par reconnaissance que vous m*;iimez, que vous m'épousez?...

LE VAL D'ANDORRE

STÉPHAN , embarrassé. Je ne dis pas cela, la cousine...

SATURNIN. Mais il ne dit pas le contraire!. . .

GEOKGLTTE, à Stépfian. Vous ne réf'on-

ez pas !... vous ne vous défendez seulement

asl... et je vois bien que Saturnin a rai-

m... qu'il a deviné juste. ..

STÉPHAN. Ma cousine !...

GEORGETTE. Teucz, Sléphau soyez

anc... nous ne sommes pas encore mariés. .. tje veux tout savoir... Sans ce qu'on vous a it. .. sans ce que vous avez cru... m'auriezous demandé ma main ?. ..

STÉPHAN. Georgette!...

SATURNIN. Là ! il hésite !...

GEORGETTE , à Stéphan. Répondez, monieur... vous devez tout me ui e. ..

STÉPHAN. Eh bien !.. . Non , ma cousine ! . . . SATURNIN. 11 en convient ! il ne vous aime as !

STÉPHAN. Je n'ai pas dit cela !

GEORGETTE. Mais je le dis, moi, moneur. .. c'est une horreur. .. quand je croyais votre amour... quand tout le pays est insuit de notre mariage. . .

STÉPHAN. Je tiendrai ma parole, ma coune. .. et ma main est toujours à vous ! GE0RGET1E. Mais je n'en veux pas de votre lain.. la main t^ans le cœur, ce n'est que la loitié d'un mari... ce ne sont pas les pré ndus qui me nianqu<^ront, Dieu merci!... n est encore de figme à en trouver...

SATURNIN. Etde charmants encore... avec

cœur et la main au grand complet

ifinl...

GEORGETTE. Je VOUS rcuds votre proesse, Stéphan épousez qui vous vou-

■ez... moi je reprends ma liberté... M'é- )user par reconnaissance... rien que par •connaissance... voilà qui est humiliant... jand on croyaii valoir mieux que ça!... iieu, mon cousin... je tâcherai de ne pas ùp vous en vouloir.. . mais quant à présent VlUs déteste. [Se radoucissant). Veuezlus, monsieur Saturnin?...

SATURNIN. Pour contremander le mariage ? GEORGETTE, lui donnant la main. Feutre...

SATURNIN. Courons, mademoiselle Georïite!... Courons!... Il n'y a pas de temps à

^rdre! [Il entre avec Georgette dans

', chapelle. )

ROMANCE

l'REMlKR COIII'LET.

Toute la nuit suivant ta trace, Parcourant tristement nos bois.

J'allais demandant à l'espace L'n soupir, un son de sa voix.

A sa douleur je venais dire:

Espère en Dieu, ma pauvre enfant!

Va ! laisse-les t'accuser, te maudire, Mon cœur t'honore et te défend !

DEUXIÈME COUI'LET

Non, non, ton cœur noble et sincère N'a pas commis ce crime afîreus.

Non, tu n'es pas sur cette terre Un pauvre ange chassé des cieux.

A ta douleur moi je viens dire :

Espère en Dieu, ma pauvre enfant !

Va ! laisse-les t'accuser, te maudire, Mon cœur t'adore et te défend !...

STÈPH\N, seul.

Elle me rend mi foi, mes serments... et suis Ubre encore. .. Merci, mon Dieu!... ir, je le sens, même au pied de l'autel, ma ouche aurait trahi mon cœur... Rosel...

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