SCÈNE \ IL t
Les MÊMES, ROSE, venant s'asseoir sur m banc à droite.
STÉPHAN , l'ayant aperçue à son entrât La voici!...
JACQUES. C'est moi, ma petite Rose., ton vieux père Jacques, qui t'aime , et i t'accuse pas, lui... Tu pleures... c'est ( honte et d'indignation, n'est-ce pas?... Ma tu repousseras celle calomnie... tu nous a deras à te défendre... Pas un mot, pas u signe... toujours des larmes... mais tu veu donc alors que chacun te repousse et te na» prise... Jusqu'à lui, Stéphan, qui t'aima tant... qui t'aime encore!...
ROSE, .se levant subitement. Stéphan!..
Il ne peut pas me maudire, lui!...
JACQUES. i"\!ais dis-moi donc que tu es il) nocente, au moins!...
ROSE, tombant d ses pieds. Non, pèr Jacques !... Non ! Je suis coupable!...
JACQUES, la relevant vivement. Coupable toi, ma fille... mou enfant!... Ça n'est p. possible... ça n'est pas vrai !... ,
ROSE. C'est vrai, Jac(iues ! C'est vrai !.. Mais ce que j'ai fait , c'était pour le sauver lui !... Pour racheter sa liberté!
JACQUES et .STÉPHAN, ;e/anf un cri. Qu'en tends-je!...
liOSE, apercevant Stéphan i>{(^[>\unL.. I était la!...
LE VAL D'ANDORRE
TRIO
STÉPiiAN, à Rose.
Mon Dieu! Mon Dieu I T'ai-je bien entendue! C'est pour moi que tu t'es perdue !
Ange d'amour et de bonté !
Sacrifiant plus que la vie, Quoi ! c'est au prix de l'infamie Que tu payas ma liberté !
JACQUES, à part.
Voilà donc ce triste mystère, Et tout enfin m'est révélé !
ROSE
Grâce! Pitié ! Je n'ai pas pu me taire ! étais trop malheureuse! Et mon cœur a parlé!
STÉPHAN, avec passion.
Mon Dieu ! Mon Dieu ! T'ai-je bien entendue ! C'est pour moi, etc.
ENSEMBLE
ROSE, à Stéplian.
Oui, pour toi je me suis perdue;
Mais par moi rien n'est regretté.
Je t'ai donné plus que ma vie.
Pour toi j'accepte l'infamie;
Mais je te rends la liberté.
JACQUES et STÉPHAN, à Rose.
r- . nioi . ,, j
L est pour , . que tu t es perdue,
Ange d'amour et de bonté!
Sacrifiant plus que la vie; Quoi 1 c'est au prix de l'infamie
Que tu payas liberté !
lis cet or que j'ai pris, ah, je croyais le rendre ! US m'en aviez promis, Jacques...
JACQUES
Sur moi malheur!
sort qui me frappait devait-il donc s'étendre Sur l'enfant si cher à mon cœur !
i entend plusieurs sons de trompe dans la montagne.
JACQUES
outez, écoutez, sur les monts, dans la plaine, itendez-vous ce signal retentir?
STÉPHAN et nosE, écoutant.
De terreur, je respire à peine.
Malgré moi je me sens frémir !
JACQUES, à Rose.
59. anciens du pays, le tribunal austère inonce aux habitants qu'il va, selon la loi,
appeler devant lui, toi, ma fille si chère,
absoudre ou condamner..,
ROSE
Je meurs d'effroi.
Mon père, ayez pitié de moi!...
vee égarement.
|Mtendez-vous là-bas la cloche du village
Qui les appelle tous,., il me faudrait subir
I\Ia honte devant eux, non, non, laissez-moi fuir !
Adieu, je vous laisse en partage A Stéphan.
A toi tout mon amour !...
A Jacques.
A toi mon souvenir !
JACQUES
Où vas-tu, mon enfant?...
Adieu, je vais mourir !
STÉPHAN, retenant Rose, à Jacques.
Mourir! Non, non. Ami, je te confie Mon trésor, mon amour, mon espoir et ma vie !,.,
Va la cacher à tous les yeux.
Devant leur tribunal c'est à moi de paraître, De leur tout révéler, de la sauver peut-être.
Et vous, fuyez loin de ces lieux !
LE CHEVRiEB, entraînant Rose.
Partons, le temps presse Et l'on peut venir.
Viens, à sa tendresse Il faut obéir.
Viens, et t'abandonne A mon tendre appui.
C'est lui qui l'ordonne.
Dieu l'ordonne aussi !
ENSEMBLE
La terreur m'oppresse, Et l'on peut venir!
Ah! sans sa tendresse Je voudrais mourir; Mais je m'abandonne A son doux appui.
C'est lui qui l'ordonne.
Dieu l'ordonne aussi.
Partez, le temps presse.
Et l'on peut venir !
Rose à ma tendresse Il faut obéir.
Que ton cœur se donne A mon tendre appui.
Mon amour l'ordonne, Dieu l'ordonne aussi.
Partons, le temps presse Et l'on peut venir, etc.
Au moment où Jacques entraine Rose, Lejoyeux parait à la tête des siens, barrant le passage auî fugitifs.
JACQUES, ROSE et STÉPHAN.
Grands dieux!. . Tout est perdu !
LE VAL D'ANDORRE