ARNOULD. Z I
Je m'en flatle, Ma chère.
Jlais de Lille elles portent la date , Et tu n'es plus en Flandre; éclaircis-moi ce point : Tu nous écris d'un lieu que tu n'habites point. A débrouiller cela vainement je m'applique.
ARNOULD
La chose, j'en conviens, mérite qu'on l'expliq-jc.
Admire mon génie et mon invention :
En changeant de pays et de profession ,
.l'ai dû changer de nom : celui de Delarose
A mis le complément a ma métamorphose.
C'est sous ce nom d'emprunt que, déridant les fronts,
Je suis chéri du Maus et de ses environs.
Mais d'écrire souvent ayant pris l'habitude,
Mon silence eût ici jeté l'inquiétude.
Mon père avec raison eût pu s'en alarmer,
Et dans Lille de moi fût venu s'informer.
Il fallait à ce coup parer avec adresse ;
Douze lettres de moi, bien pleines de tendresse ,
Devaient vous parvenir eu ces lieux tour-ii-tour.
Un ami, confident et complice du tour,
Se chargeait, pour calmer vos alarmes trop vives ,
D'envoyer tous les mois une de ces missives.
Chacune, par la poste arrivant a Paris,
Sur moi pendant un mois rassurait vos esprits.
Et de mon i)ère, un an, m'épargnait la colère.
Dis, comment trouves-tu ma ruse épistolaire ?
MARIANE
C'est fort beau... mais un jour tout se découvrira. Que dira mon tuteur?
ARNOULD
Peut-être il en rira.
Tu sais qu'il moi toujours il préféra mon frère. Il me croit bête : eh bien, il verra le contraire ; Cela le flattera.
MARUNE.
C'est mal de le tromper.
ARNOULD
A sa vocation l'on ne peut échapper,
Et mon père avec moi fut toujours si sévère...
C'est sa faute après tout.
MARIANE
Ton père et Ion grand-père.
Grâces h. toi pourtant, m'ont grondée cl bien fort.
ARNOULD
Pouniuoi donc?...
MARIANE
Mon portrait, tu sais bien, j'eus le tort. Lorsque tu vins nous voir, de te le laisser prendre. Ce que j'en avais fait, ils ont voulu l'upprcndre.
{.if •>■'.) )UaHl.)
Diable I I',' qu'as-lu pu dire alors?