SCENE X
MONTÉCLAIN, BRIAS, puis LÉOXA.
MONTÉCLAIN, à part, suivant de l'œil Lucile. \h ! qu'elle est belle !
BRIAS.
En vérité, Monléclain, j'admire la courtoisie pour cet aigre vieillard...
- MONTÉCLAIN.
Regarde sa fille.
BRIAS.
Le fait est que ce serait une belle vengeance I...
MONTÉCLAIN.
Une vengeance!.,. Fi donc, Brias!.. Contre une enfant innocente, chaste, pure?... ce serait la dernière des làchelés.
BRIAS.
Tu l'aimes, cependant ?...
MONTÉCLAIN.
Je ne sais pas...
BRIAS.
Comment! tu ne sais pas ?...
MONTÉCLAIN.
Non... je l'ai rencontrée à Paris, où son père
était venu la retirer du couvful, en même temps que la fille de ce vieux Kérouan que tu viens de voir.. Il y a un an à peu près.
BRIAS.
Il y a un an?... Mais c'était le moment où le minisire de la guerre te renvoya en Algérie, pour faire cesser le scandale de les amours avec l'illustre Mercedes, la danseuse espagnole.
Erreur, Brias... c'est moi qui demandai à partir.
MONTÉCLAIN.
Uu soir, à l'Opéra, je vis entrer une jeune fille, dans une loge en face de la mienne... A son aspect, ce fut pour toute la salie un frémissement d'admiration. Tu sais si j'ai l'esprit contrariant... J'avais deviné Lucile à sou père et à son frère qui raccompagnaient... et je me misa soutenir, avec la plus imperturbable obstinalion, qu'elle élait laide et commune. J'étais avec Cavaillan et Delortal... tu sais, ces lions à la suite, qui n'ont ni l'esprit d'inventer un habit, ni le courage d'avoir une opinion. Ils se rangèrent de mon avis... jamais je ne les trouvai plus niais et plus plats. Cependant on continuait à admirer, à chucliollrr.. je fus assez sot pour essayer de lorgner Lucile, en riant, avec une persistance peu polie... Le général devint pâle et Lucile rougit... Je nie détournai... non devant le regard foudroyant du général, mais devant un rayon de lumière, calme, limpide, céleste, et venu des yeux de Lucile. Je me jetai avec humeur au fond de ma loge, car Mercédùs venait d'entrer en scène, et la salle avait éclaté en applaudissemens... Tous les regards, toutes les admirations, tous les transports s'étaient détachés de cette hanche et naïve enfant pour s'adresser à ma belle Espagnole, qui courait, qui bondissait, qui volait sur la scène, et que, pour la première fois, j'étais seul à ne pas applaudir... (Léona parait.) Car, enchaîné par je ne sais quelle force aimanlée, j'épiais Lucile du fond de ma loge... j'admirais ses joies naïves, ses étoiincmens enfantins, ses virginales émotions... et, malgré moi, je me disais: « Oui, là, sur celte scène est la beauté, la fougue, la passion, l'éclat de la conquête, l'envie de mille rivaux... mais là-bas est l'innocence, le calme, la dignité... l'estime dans l'amour, la sécurité dans le bonheur...» Et peu à peu je fis si bien, je rêvai tant à ce contraste, et à cet ange posé là devant moi, que le soir même...
BRIAS.
Tu aimais Lucile?
MONTÉCLAIN.
Non; niaisj; ii'aitn;iis plus Mercedes... et le lendemain je p;irta-s pour l'Algérie.
BRIAS.
Et lu as bien fiiit .. Que diable vtux-tu qu'il arrive de bon de ton amour pour Mlle d'Estève ?
LA CLOSHIUK DES GENÊTS
téoNA.
Je vais vous le dire, Urias.
BRIAS.
Je sprnis curieux de l'apprcndrf .
MONTÉCI.AIJJ.
Lt moi aussi... voyous, Léona, qu'arrivera-l-il ?
LÉONA
Il arrivera que vous fertz si bien, que la jeune fllîe s'apercevra de votre amour, si ce n'esl déjà faii...
MONTÉCLAIN.
Très bien... très bien !...
LKOXA.
Il arrivera que la pelile personne en sera très flntlée... car enfin, lliommage du marquis de ÎMonlcciain mérite qu'on le remarque ..
NOXTÉCI.AIN, s'iiiclinant et à mi-voix.
Vous avez de la mémoire, Léoua.
LÉOXA.
Mais, il arrivera, d'un autre côté, que le père s'apercevra, à sop lonr, des œillades passionnées du marquis et des virginales émotions de la fille... Il tueiirale premier ù la porte...
MONTÉCt.AliX.
J'y suis depuis long-lem|is.
LKOVA.
Alors, il bouclirra les fenélres, il cl<>îlreiu la demoiselle... M. de Monléclain, qui est nn don Juan, comme tout le monde sait, ne voudra pas fiiire moins que Gn'ni;in. qui ne onnniiît |>os d'obstacle : il séduira les valets du ciel où lc!j;i la col ange, il l(n!tia des escalades sntaniqnes. .. De son côlé, la jeune personne accueilliru ces lenlalivrs amoureuses avec d'aulaiU pins d'emj)resscmeîit que son père le lui (léfmdra avec plus d'obstination... On pleurera, on criera, on se dé» sciera... el, comme le père restera implacable, on organisera un enlèvoment, une fuite... et i'ange aux blancbes ailes tombera du ciel dans les bras de M. de Montéclain.
ur.i\s.
Cela lue parait assez probable.
MONTÉCI.AIN.
Ceci me semble du dernier vulgaire ; e>, comme je n'ai aucune envie d'èlre ridicule... je pars pour Nantes dans deux heures...
lÉo.va.
\ous parte/.?...
M().NTÉCI.AI.\.
Oui.... j'ai quelquis renscignemms a demander à mon oncle d'Hérici.
LliO.NA, vivement.
.Sur quoi?
MU.XTÉl.LAn.
Sur 1,1 mort d'une certaine Isabelle l'omiiilir... ©ni a di»parM il y ,t qunire on cinq anv
LEONA, un monuiit troulilée, se remetlaul. Bon voyage, marquis... et bonne chance.
(En 00 moment, on entend le premier son de fanfares. — CiK! foule uonihrcuse de dames, d'é é^ans, d'officiers, de jockeis, de paysans, en lêic desquels marchent les autorités du pays, entre et se dirige du côlé de la lice. )
scem: XI.
Les Mk,vies, et succi-ssivomcut LE GKN'fiRAL, LUCILK, Amis de SIontÉclain, DOMINIQUIi, KÉUOUAN. ALY.
LE GÉvÉnAL, entrant avec Lucile et appelant. Dominique !... Dominiqm- !...
DO.MisiQi'r, sortant de la tente.
Généial !
LE GÉXÉItAL.
Dis à Louis de se ménager... qu'il se laisse passer d'abord... Nos petits bnlons ont un fonds du diable... mais il faut les échauffer peu à peu,
DOMINlQtE. * C'est dit, général, c'est dit...
(Il rentre dans la tente; Luci'e et 1c général sortent du côlé de la lice.) MONTliCLAtX, 5 Léona.
Tenez, voilà les courses qui voni commencer : votilcz-vous essayer votre chance contre la mienne ?...
LÉONA
Volontiers ; et ])our cela, voulez-vons monter clicz moi ?... le balcon démon apparlenniit domine le cham]) de bataille ; nous y serotis miens (jue daiis celle triiiune, on va se prélasser votre ennemi.
M()Xll];CLAI>.
J'accepte... Vonleivous prendre nion bras?
KÉitOUAX, sonnnl de la tente.
Ah! ben... v'ià un rnallietir... F,hl ben, ils sont genlils, vos jockeis de t'aris !... Le vôtre que vous aviez airicué empaqueté dans une botte, il est Ik ivre-morl.
MoxriîcLAiv.
B.ih .'... (A paît.) Je ne lui avals pas dit d'aller si loin.
Ki:fiiti'A\.
Vous m'avizéerit qu'il élait iiiulile d'unener f'ornie, de façon (pie nous n'avons plus personne.
MONTÉriAlX.
Nous trouverons quelqu'un.
Kth'.Ot'AN.
Oiii-d.i : avic (,a que Louis, le jorUey du général, est le meilleur cavalier du pays.
LÉoXA.
La cli.Tiice ne saunonce pas poiii \ou', !*.îohlér'ain.
PROLOGUli,
MONTtCLAIN.
VobIm-ïous me pcnnellrc d'ossayer de la rarocMer?...
LÉON A
Faites... Mais j'oflre \ingl louis coatie vos poneys.
J'accepte... Brias, voulez-vous être un moment le chevalier de madame ?...
BUIAS.
Volontiers.
LÉONA
A tout à l'heure.
[Ih sonentei reparaissent bientôt au balcon dé l'hôtel.) MONTÉCLAIS.
Où est ton (ils ?
KÉROUAN, montrant du côté de la licCi à gauche. Là.
MONTÉCLAIM.
Appelle-le...
KÉROCAN.
Est-ce que vous avez envie de le faire monter ^ cheval avec cet attirail d'uniTurme ?... Il pèsera ïîijgt livres de plus que l'ordonnance.
MOSltCLAIN.
Ça me va.
KÉnouAX, appelant, liél tlnlstopiie... Christophe 1... lisl-ce qu'il est sourd ?...
MUNTÉCLAIS.
Non, mais il a peut-ére un peu oublié t-^notn
là... (Appelant.) Alv !... Aly !...
ALY, en ilciiori.
Colonel !...
MONTÉCLAIS.
Viens ici...
ALY, acco'irant.
Voilà I...
MOSTÙCLAI.N.
Ecoule-moi bii n... N'ollon vient de se griser... par ordre... veux-tu monter le pelit poney baibrun ;'
(On entend un second appel du fanfares, Montéclain piirle bas à Aly.) KÉr.OUAN.
Bon! voilà le second signul. (Il va au fond.] Un moment... un niomenl...
ALY
Heinl... c'est lu première fois que vous me demandez ça, colonel.
Moxrictxis.
.l'y tiens... je dtSire foire plaisir au général.
ALV.
tn ce cas, je comprends... Si son petit Breton a le prix, il le croira l'égal d'Abd-el-Kader pour la course.
RÉnOUAN.
Allons, niions 1 voilà iesclK^vaux qu'on iimene.
MOM'éCLAlN, Tu m'as entendu ?
ALT
C'est difficile, mais on essaiera,
KÉROt'At.
Je vas reprendre ma place là-haut.
ALY, sortant par la tèilte.
Je ne vous le conseille pas.
KÉROUAN, suivant son fli».
Hein t... plaît il ?
UNE VOIX, du dehors, du côté de la lié». Silence !.. et place, messieurs!...
LÉON'A, du biilcon, à Môntéclain.
El mes vingt louis ?...
MÔNTÉCLAIN.
En voulez-vous quarante î
LÉOXA.
Avec plaisir.
LA VOIX, du dehors.
Laissez aller!...
(Pendani tout le temps que dure la coince, on entend une musique toinuino. — K<5rouan ressort do la tente une cclicHe à la main.) MONTÉCLAi:».
Eh bien! tu ne montes pas...
KÉr.OUAN.
il va faite quelque î)êtise... Il se sera gâté iiu service... A Alger, vous n'avez que de méchans Arabes, au lieu que nos petits poneys,..
BRlAS, sur le balcon.
Ah! Léona, Léona... vos qutuanle louis sont distancés...
MO'TÉCLAiN, à Uii-inème.
Le misérable est capable de çcsg'ner. KÉROUAN, allant appliquer snii échelle contre un arbre, du côté de la lice 1 1 nioinant.
Je savais bien qu'il gagnerait. ..
LÉONA, du balcon.
Voyez comme le jockey du général reprend son avantage.
MÔNTÉCLAIN, en bas.
A la bonne heure I...
(Cris et bravos lointains,) KÉROUAN, qui a descendu récliellc.
Bon!.., le voilà battu...
MONTÉCLAIiV, à Léona.
Soisaiile louis... je connais mon poney...
LÉONA
Cent !
MÔNTÉCLAIN.
Soit... Je suis sur d'Aly.
lilUAS.
il a raison... il gagne du teiiain
K.ÉROLAN, rcnioiuanl sur l'cchellc [.e colonel a confiance... voyons un peu.
LA CLOSEIUE DES GENÊTS
SCENF XII.
Les Mêmes, PORNIC.
poni^ic.
Ah çal... où^qu'ils sont donc tous?... Mon par-
rain !... mon parrain
Nouveaux bravos et cris lointains.) MONTÉCLAIN.
Eh! c'est toi, Poriiic... qui chcrclies-lu donc?
PORMC.
Monsieur le marquis... Eli bien I je clierche le père Kérouan, mon parrain.
MONTÉCLAIX.
Tiens, le voilà... Je crois que tu lui rendras service en rempêcliant de voir la défaite de ses poneys...
PORNIC
Tant mieux! il n'a pas voulu m'emmener... tant mieux, tant mieux !... Où qu'il est?
MONTÉCf.AIN.
Eh bien! 15...
PORMC, au pied de l'échelle.
Mon parrain !...
(Nouveaux bravos au dehors.
KÉnODAN, sur l'échelle.
Ah ça ! mais... qu'est-ce qu'il fait donc ? Rends dune la m:iin, malheureux!...
PORMC.
Mon parrain! mon parrain!...
KÉROUAN. '
Qu'est-ce que c'est que ça?... Mais il le fait
exprès !...
MONTÉCLAIN, ;i part.
Je l'espère bien !
I.ÉONA, BRIAS, TOUT LE MONDE, en dehors. Ah 1 bravo ! bravo!...
(Les applaudissemens éclatent avec ))lus de force.) LÉONA, d'en haut.
Vous me devez, cent louis, colonel.
MONTÉCI.AIN.
J'en aurais parié mille...
KÉBOUAN, descendant de son échelle et marchant sur la scrne l'échelle à la main.
Ah! le maladroit, l'imljéciic... Ils appellent ça monter à cheval... Ça ne m'étonne pas s'ils n'attrapent pas... l'ubbé Cadé.
PORNIC
Mon parrain, je suis venu...
KÉROUAN
Laisse-moi tranquille...
fil va porter son échelle dehors. — l'ornic s'attache à SCS pas. — En ce moment, une portion de la foule venue .Tiu cnursi's Ir.ivcr3c le fond du tlié;Urc; puis paraît lo gi';néral, appuyé sur Doniiniqur-.) LE GKMiRAL, au bras de Dominique, rencontrant Montéclaiii qui se pronW-ne en riant.
\h ! monsieur le marquis, monsieur le marquis, nous valons quelque rhnse encore, nous att-
ires du temps passé... Si nous ne pouvons plus courir... nous savons faire courir... (A la cantonade.' Lucile, Lucilc, je suis à toi dans un moment... Je veux aller voir mon pauvre Louis... Ah! il a bien mené la course... Au revoir, colonel, au revoir...
(Il entre dans la lente, avec Dominiqne. MONTi;CL\IN, ;i part.
En vérité, une pareille joie vaut bien cent louis... Je suis siir qu'il me déleste moins. KEROUAN, rentrant, toujours suivi de Poniic. Je ne le pardonnerai pas à Christophe.
Mon parrain !...
Que le diable t'emporte!
MONTÉCLAIN, ô part.
Ce pauvre Kérouan, il pourrait bien m'en dire autant. Laissons passer sa colère et allons d'abord consoler Aly.
(Il va vers la tente et y renconire Lucile, qui vient
de la tente, suivie de M"* et de .M°i6 de Briaseï de
plusieurs autres dames avec leurs cavaliers. —
Brias a rejoint sa mi.'re. — ^.'oiltéclain salue Lucile
et enire dans la tente. — Lucile accompagne la
société qui est avec elle jusqu'à la sortie de droite,
au fond; la société sort. — Lucile va entrer dans
l'auberge, mais l'aspect de Pornic et ce qu'elle
entend de la scène entre Kérouan et Poruic, qui a
toujours continué pendant tous ces niouvemens,
l'arrèie.)
KÉROUAN, à lui-même, marchant à grands pas sur
la scène.
Parce que ça vient de Paris ou d'Alger... ça
croit tout savoir.
PORNIC, le suivant.
C'est vrai, ça.
KÉROUAN
Parce que ça trotte à l'exercice sur un mauvais cheval de remonte...
Des rosses, des vraies rosses...
KÉROUAN
Ça se croit capable de mener des hôtes de prix, qui ont des pieds de feu, une bouche d'enfant... Ah ! l'imbécile.
PORNIC
Oui, l'imbécile !..
KÉROUAN, se retournant.
Tu dis?...
PORNIC
Je dis l'imbécile...
KÉROUAN
Comment? c'est comme ra que tu parles de mon nis, loi... mauvais gars î
PORNIC
Vdt' lils? vol' fils?... Tiens, c'est donc lui... Bon ! tant mieux !
PROÎ.OGUK. SCÈNK Xli.
KEnOUAN.
Ail ! laiil mieux !
(Il lui donne un coup de poing ) POUNIC.
Parrain... parrain... doucement... Tant pis... je voulais ilire tant pis!
KÉROLAN.
Mais me diras-tu ce que tu es venu faire ici?...
PORNIC
Eli bien! voilà : hier, mamselle Louise...
RÉKOtUN.
Ma fille 1 Esl-ce qu'il lui est arrivé quelque chose?...
LUCILE
Louise!... ils parlent de Louise...
(Elle s'approche.; POUNIC.
Elle a fait comme qui dirait un petit paquet. . puis elle m'a dit comme ra : « Je vas passer quelques jours chez ma lanle, à Guérande. » KÉaOUAX.
Eh bleu ! après ?...
POUNIC.
Puis, elle a ajouté : « Si, lorsque mou père reviendra des courses, je n'étais pas retenue, tului remettras celte lettre. »
RÉUOUAN',
Celle lettre:'... Pourquoi donc me l'apportes-lu ici ?...
PORNlC.
C'est qu'en médisant ça, mamselle Louise avait la voix étranglée, les yeux Irompés... et j'ai eu peur. . Alors j'ai pris la carriole, atlelé Lambine, et je vous ai opporlé la lettre.
KÉUOUAiS. La lettre... (Appelant.) Madeline, Madelinc !... Où est-elle à prés.Mil ?... Imbécile, qui m'apporte cette lettre... Tu sais ben que je ne sais pas lire. IVIadeline !...
LLCILL:, s'approchant vivement, Ne puis-je la remplacer, père Kérouaii ?
KLUOLAX.
Comment donc? ça me fait honneur et plaisir... Vous êtes l'amie de Louise... et s'il lui est arrive uu niallieur... je suis bien sur que ça vous fera de la peine... (Il s'apeiçoil que l'ornic regarde avec curioiité.j Eh ben 1 qu'est-ce que lu. fuis là, loi?...
(il prend Poriiic par l'oreille ei le mène au fond.)
LUCILE, à part, après avoir parcouru la lettre.
Grand Diuul
KÉr.OLAX, revenant.
Mais dépêchez-vous, dépOchez-vous... ilm'amis le cœur tout sens dessiis dessous... Qu'est-ce qu'elle dit? Esl-ce qu'elle est malade, par hasard?...
LLTILF., maiuiiant son trou))!».
Non. . non.
KUROUAX,
Mais que me dit-elK-?...
Ltcii.i;.
Que c'esl sa lanle Bisson, de Guérande. qui est malade, et qu'elle p.irt pour la soigner.
Klîl'.OUAN.
Ah ben!... il me l'a dit... El il u'y a pas autre
Non, pas autre chose...
KÉKOUAN, prenant la lettre.
C'est singulier...
MOM'ÉCLAIN, sortant de la tente.
Eh bien I mon pauvre Kérouan, es-tu remis de la colère contre Aly?...
RÉROCAN, prenant Montéclain à part.
Un mot, monsieur le marquis...
(Il lui parle has.) MONTÉCLAIÎf.
Tu veux que je le lise cette lettre?...
KIÎUOUAN.
Oui, tout de suile.
LUCILE, à part.
Oh! mou Dieu, elle est perdue !...
MONTLCLAIX, à part.
Comme Lucile est inquiète... prenons garde... (Haut.) Mais il me semble que M"^ Lucile vient de te la lire...
RÉUOUAN.
C'est vrai... mais... elle n'a pas bien lu... Enfin, lisez-la-moi...
MONTÉCLAIN.
Soit... (A part, après avoir parcouru la lettre.) Ah!
mon Dieu !...
RÉROUAN.
Eh bien!... que t'a dit M'I* d'Eslève ? ..
RÉUOUAN.
Que Louise parlait pour aller à Guérande.
MONTÉCLAIN, à part.
Oh! noble enfant !... Haui.) lli bien! c'est cela... Louise a été à Guérande.
RÉROUAN.
Près de sa lanle Bisson, qui est malade...
MONTÉCLAIN.
Près de sa lanle Bisson qui est malade... Eh bien ! mon brave, il n'y a pas dans celte lettre autre chose que ce que l'a dit mademoiselle... que je prie d'agréer l'Iiommage du respect le plus sincère et le plus profond...
LUCILE, il part.
Oh!... il m'a comprise...
RÉUOUAN.
(]'est étrange... la lettre me paraissait plus longue...
MONTÉCLAIN.
C'est qu'elle y a joint quelques comptis pour les fermages de reltf année.
LA ÇiO^eRlfc: Dti$ U1;I\ÊÏS.
E.EROCAN, t«D(l«Qt la uiain pour prendre la lettre. Abl...
MONTÉCL.AI??. h retenant.
Je les relèverai, et nous réglerons.
(Il niet la li-itrc dons sa poclin.) LTiciIE, entrant dans la tente.
Oh! pourvu qiiej'arrhr nvanl Krroiian.
lE GÛNÉUAf,, sous la tcnic, appelant.
Dominique! Dominique !... Es-lu prél?
(Aly entre.) KÉROl AN, à Aly.
Tu os liicn Iravaillé, mon gars... je l'en fais mon compliment !
filONTÉCLAi^, bas.
Merci, mon brave Aly.
ALY, à Montéclain.
C'est égal, si je n'avais pas mieux dé!>uté dans le régiment, j'aurais déjà pris ma lelruile.
KÉROL'AX.
Je vais le montrer comment on marche, monsieur Clirisioplie... ^A Pornic.) Tu as amené la carriole, loi?...
PORMC, regardant Aly des pieds ï la i^le.
Esl-.l furce... Christophe...
KÉilOL'Ajr.
Je le demande la carriole, imbécile...