SCÈNE Xlll
BE.\USÉJOUR, PAUL.
BEAUSÉIOUU.
C'est ton fils qui s'en va, ce me semble.
PAUL
Lui-même.
BEAUSÉJOUR
Oii court-il donc avec celte vitesse extrême?
PAUL
{.4 part.) (Uaui.)
Ma foi, je n'en sais rien... une commission...
BEAUSÉJOUR
Pour le souper peut-être? ah ! cher amphitryon, Point de cérémonie avec un camarade.
Eh bien, de mon Grispin la petite incartade Doit recevoir bientôt son juste châtiment, Et l'on va dans Paris chercher le garnement.
PAUL, avec distraction.
Oui-dii?
7 BEAUSÉJOUR
Dansquolqueendroilqu'on le trouve, on l'arrête. On a, sans balancer, fait droit à ma requête. Ton nom, dont ton ami se pare avec orgueil. M'a valu sur-le-champ un gracieux accueil, El je n'espérais pas si prompte réussite. .Mais je t'en remercie et je m'en félicite. S. propos, mon ami, j'ai des lettres pour loi : .J'allais les oublier.
PAUL
Des lettres ?
BEAUSÉJOUR
Oui, ma foi.
Un Monsieur fort honnête, a l'auberge oii je loge. M'entend dire ton nom, vient à moi, m'interroge; ISous causons, et j'apprends par un long entretien Que dans Lille son lils était l'ami du tien; Que ce lils s'est enfui, parce qu'en une affaire 11 a sur le carreau laissé son adversaire. Le père avers Paris couru sans s'arrêter : En faveur de son fils il vient solliciter ; Mais il a chez ce fils ; dit-il, après sa fuite, Trouvé plus d'une lettre à ton adresse écrite , Et de les apporter il s'est fait un devoir. Comme de quelques jours il ne pourrait le voir, Il m'a de ces papiers rendu dépositaire , El je te les remets.
PAUL
Quel est donc ce mystère?
Plusieurs lettres de Lille, a moi... je cherche en vain..,
BEAUSÉJOUR
Tiens, les suscriptions sont de la même maiu.
PAUL, ouvrant une lettre.
i'arbleu, c'est de mou lils ; ma surprise redouble : Juin... nous sommes en mai : comment donc ?
Tu vois trouble.
PAUL
Regarde.
BEAUSÉJOUR
Juin... c'est vrai.
PAUL
Je n'y comprends plus rien.
(Lùant.) « Je suis toujours a Lille où je me porte bien ».
BEAUSÉJOUR
C'est rassurant.
PAUL, ouvrant une lettre.
Cette autre... elle est de juillet : « Lille. « Mon cher père, je suis toujours dans celte ville. « Jamais je ne me suis, je crois, si bien porté, n
BEAUSÉJOUR
De sa santé future il parait enchanté.