P.\.UL
As- tu jamais rien vu, dis-moi, de plus étrange? 0 Septembre... voire fils se porte comme un ange.
BEAUSÉJOUR
Tu voi'!.
PAUL, lisant.
« Je hante ici les meilleures maisons... »
(.Otivranl une autre lettre).
« Décembre ».
LA FAMILLE POISSON
BEAUSÉJOUR
H en avait pour toutes les saisons.
PABL.
Quelque tour est caché là-dessous, je présume.
EEAUStJOUR.
Blon ami, si sa langue était roninic sa plume. Quel bavard ce serait! mais mallicureusenicnt Le ciel mit à cela certain empùcliement : Au métier d'écrivain il est assez lial)ile : Mais chez lui la parole est beaucoup moins facile. Ce défaut dale-t-il de loin? étant enfant, Est-ce qu'il bégayait?
PAUL
Pas plus que maintenant.
Sa parole a toujours été nette et fort bonne.
ItEAUSÉJOUn.
Tu dis?... c'est différent ; je me trompais : pardonne.
(d part.)
A quoi bon un dchat qui serait éternel?
Respectons le bandeau de l'amour paternel.
{HatU.)
Je craignais de ne pas te trouver a cette heure.
PAUL
Pourquoi?
BEAUSÉJOUR
Je me rendais gaîmcnt vers la demeure; Le vieux Guérin a moi s'offre sur mou chemin : Il allait s'habiller pour jouer Jacqiœmin.
PAUL
Jacquemin ilans le Deuil ?
BEAUSÉJOUR
De l'ami Ilaulerochc.
PAUL
Guérin a voulu rire, ou sa mémoire cloche : On ne doit point du tout jouer le Deuil.
BEAUSÉJOUR
Permets :
Sa mémoire est fidèle et ne cloche jamais. L'âge sur son cerveau n'a point jeté sa glace : Je suis loin de l'aimer, il usurpa ma place. Mais en fait de mémoire il est plus fort que moi ; Il me rendrait encor des points ainsi qu'a toi. Knfin, pour je ne sais quelle subite cause, (Car jiressé, c'est en gros qu'il m'a conté la chose) Ce soir à votre hôtel un ouvrage annoncé Par le Deuil , j'en suis siir, doit être remplacé; Et comme de Crisi)in c'est toi qui fais le rôle Cil tu verses des pleurs d'une façon si drôle, Ta présence au théâtre eût relardé l'instant Du hienheuieux souper qui tous deux nous attend. Mais le voici ; ([uelqu'un lU-bas a jiris ta place : Alors soupons,
Qui donc aurait eu cette audace?
On ne peut me doubler sans mon consentement; Mes droits sont lii : je éours m'habillcr promptement, Le tlicàlre est en face : adieu.
LLxiaijovR.
Quelle folie!
Non, non, je n'entends pas qu'ainsi l'on m'humilie. Plutôt que de souffrir cet acte flétrissant, J'entrerai sur la scène avec mon remplaçant, El le public verra qui de nous il préfère.
BEAUSÉJOUR
Ciilme-toi {à part) j'ai, parbleu! fait une belle affaire.
PAUL
(Appelant.)
Jlariane... Me faire en secret remplacer! Du théâtre sans doute ils veulent me chasser. A leurs vexations ils verront si je cède. Mariane, viens donc.
BEAUSÉJOUR , à part.
Quel courroux le possède!