‹ Pièces de théâtreChapitre 852 sur 1093 · MO.>BR.\Y · texte numérisé non relu

MO.>BR.\Y

Dans un instant elles seront en route.

M. I)'herbeli.\.

A merveille. A mon retour à Paris j'annoncerai à mes connaissances que leurs commissions ont été faites ponctuellement... A propos, monsieiu" de Saint-Valery, vous avez sans doute des nouvelles de l'affaire qui occupait notre ami Bernard depuis quelques jours?

MONBItAY, à part.

Diable ! je n'avais pas prévu cette question.

d'hÉRIGNY, de même.

Nous y voici.

MONBrtAY, avec embarras.

Non , pas positivement...

M. DHEliBF.LIN.

Le bruit courait que son vaisseau, venant des côtes de Coromandel , avait péri à quelques lieues de la rade de Rochcfort; et que ses peaux de buffle, son bois de campèche et ses dents d'éléphants étaient coidés à fond.

MONBRAT, vivement.

Oh ! que m'a|}preniv.-vnus là? Cimunent ! ce pauvre Hernard... — Mais c'est peut-être un brait de bourse ; et puis vous savez qu'il est assez réserve, assez distret...

M. d'herbelin.

Que dites-vous dtjnc? Je l'ai toujours connu , au <ontraire, très ouvert, très rond en .dfaires.

Mu.nBHAY, à part.

Changeons de conversation. (Haut.) Ces dames, probablement, reposent encore?

M. ij'lIERBELlN.

Oh ! elles ne tarderont pas à être levc-es ; elles sont aussi impatientes que moi de voir la mer. — Ah! çà , dites-moi; demeurez-vous loin du port ?

.lO'BRAY, avec embarras.

Mais non, pas très loin.

M. d'hebbelin.

Après le joiu- de la naissance de mon Isaure et celui où j'ai eu Ihonneur d'être reçu fraacmaçon , ce jour est un des plus beaux de ma vie. (domine je vous l'ai déjà dit hier, monsieur de Saint-Valery, il y a trente ans que je désire voir un port de mer; mais, enfin, m'y voilà-; tous mes vœux auront été comblés, et maintenant je puis mourir... Vous rirez sans doute de ma faiblesse.

u'hérignv.

Mais, comment donc, monsieur! votre désir est bien naturel; nous aussi nous formons des vœux... et qui sont peut-être plus difficiles à ré»li.ser.

M. u'hebbei.in.

Espérez... espérez... Je souhaite que les vôtres s'accomplissent comme les miens. Pendant le peu de temps que je reposais, la joie que j'ai d'être à Dieppe interrompait mon sommeil... J'entendais l'ourafjan qui a{;i(ait mes volets... Tant mieux, me di,««is-je à chaque coup de vent, une tempête! c'est ce que je demande, demain, la mer sera superbe.

1) IIÉriG!«Y, bas à Monbray.

Tu vois, mon ami , à quoi tu m'exposes. monbray, de m^rae.

Que veux-tu ? le mal est fait.

n'HÉRIGNY, de même.

Ces dames vont venir... ne poussons pas plus loin envers elles la plaisanterie. (Haut.) Pardon ^ monsieur, de vous laisser seul un instant; mai* nous avons quelquisi ordres à donner. Nom vous prions de vous regarder ici connue chei vous ; le déjeuner ne tardera pas à être servi , Ct bientôt nous viendrons vous prendre pour noui mettre à table.

M. d'iikiwielin.

Ma foi, messieurs, cela ne me fera pas de peine ; car je ne sais si c'est le voisinage de l.i mer, mais je me sens un appétit <le diaM' J'ai une petite prière à vous faire, messieiu-. vous me trouverez peut-être indiscret, mais vous savez qu'un parisien ne peut venir à Dieppe sans inanner des huîtres.

MOSBRAY.

Nous avons prévenu votre désir , monsiem ■ on les ouvre dans ce moment-ci.

M. n'ilERBELIK.

Ml! que je v«is trouver de différence avf

Page 1