SCÈNE VI
Lhs MemkS ; M. D'HERBELIN , en robe de chambre et en coiffe de nuit,
M. I> HERBELI> , sans voir les jeunes gens. Ah! m'y voilà donc enfin! {Les apercevant.) Salut a nos aiuiaules jeunes gens. Comment! déjà levés, messieurs' Ah ! cela n'est pas étonnant, ouest plus matinal en provineequ'à Paris... Pour moi , il y a une demi-heure que je suis à la fenêtre qui donne sui votre jaidin... Quel air pur on respire ici ! que cela .semble bon ! comme on doit se bien porter! (|uel!e différence avec l'air épais de la capitale!... Vous n'étiez donc pas fatigué de la route, monsieur de Saint-Valery?
MOXBRAY.
Peut-on penser à la fatigue, quand on se promet autant de plaisir?
M. lÙlEr.BEI.lî*.
Vous avez bien raison; c'est ce que j'éprouve moi-mêaie... Vous devez être habitué à faire ce voyage ; ce n'est pour vous qu'une promenade.
n'HÉRlGNY, il part.
C'est comme pour lui.
M. d'herbelin.
Quant à moi, je l'ai supporté le mieux du monde... Il était bien impossible que nous eussions froid... Que de prévenances vous avez eues pour nous ! A vcc quel soin vous leviez les glaces, vous baissiez les stores! Je suis vraiment pénétré de tant de lionlés.
MOKBKaY, avec iiilcmion.
Je n'ai pas encore eu pour vous , monsieur, tous les égards que vous méritez.
d'iIKRIGKY, h pari.
Je le crois,
M. DIIERBKLIK.
Mais, permettez-moi, messieurs , de vous renouveler tous mes remerciments d'un accueil aussi généreux... Je vois que l'uibanité des ha-
LK VOYAGE A DIEPPE
bitanU de cette ville ne le céile en rien à celle des Parisiens; aussi jVspcre bien que, lorsque vous viendrez à Paris, vous me mettrez à même de prendre ma revanclie; t'est à cette condition seulement (jue je m'abandonne à vous. d'hérigmy.
Je serais trop heureux, monsieur, que cette occasion fut le signal de relations plus intimes entre nous et ces dames.
M. d'hebbelin.
Trop honnête, en ve'rité... Av;intmon départ de Paris, quelques-unes de mes conti'ussances, auxquclK'S depuis Ion{;-temps j'avais parlé de mon voyage, m'ont charjjé de dn-erses commissions : voici des letties pour plusieurs habitants de cette ville ; elles sont, m'a-t-on dit , très pressées ; et comme on coiuiait mon exactitude... Voudriez-vous bien me permettre d'envoyer un de vos gens ?
MO^BnAY, à part.
Ah ! diable! (Haut.) Comment donc, monsieur? Si vous voulez me les remettre, je vais les envoyer par un domestique à leur adresse.
d'hÉkigsy, bas à Monbiay.
Que vas-tu faire?
MONBRAY, de même.
La poste n'est-elle pas là?
M. u'hEI'.BELIN, lui donnant les letties.
Je vous prierais de lui recommander celle-ci ; elle est très importante... C'est un surnuméraire des finances qui prie sa famille de lui envoyer une bourriche pour en faire cadeau à son chef.