CLARA, JEAN
JEAN, rentrant.
Madame...
CLARA, remontant avec impatience.
ERCorel... Mais je vous ai dit...
JEAN
Madame m'a dit qu'elle n'était pas tfsible; mais M. Auguste, le premier commis de monsieur, m'a dit que c'était très important.
CLARA
•io'umenl?
Il parait que ça intéresse beaucoup monsieur, car M. Auguste, le...
CLARA, avec Impatience.
Le premier commis de monsieur... Après ? JEAN.
Voyant que madame ne pouvait pas le recevoir, a écrit ce petit mot pour madame...
CLARA, tremblante.
Une lettre!... (A part.) Oh I je ne la recevrai pasi (Haut. Dites que, puisqu'il's'agit d'affaires..^ ça ne me regarde pas... qu'on s'adresse à mon mari, à lui-même.,.
JEAN
Madame est la maîtresse. ( Clara se dirige vers la gauche.) Mais comme M. Auguste est parti, je vais mettre sa lettre sur le bureau de monsieur... (Il la pose sur le bureau, et sort par le fond, en achevant sa phrase.) qui la lira, dès qu'il reviendra.
CLARA, seule; elle s'est arrêtée près de la porte à gauche.
Qui la lira dès qu'il reviendra!... Mais c'est impossible !... (Elle revient en sciJnc.) Quelle audace !... (Elle va au bureau, et prend la lettre.) Se permettre de m'adressser... (Changeant de ton, en regardant la lettre.) Tiens, il a une iolie écriture!... Mais quel embarras !... car enfin je suis bien sûre qu'il ne s'agit pas d'affaires... d'affaires de banque... (Elle l'ouvre machinalemcni.) Je vous demande un peu que dirait, mon mari... (Elle lit avec effroi.) en voyant des piirascs comme celleslà!... (Rllelit.) «Ayez piliédcmon amour... C'est à genoux que je vous supplie... » (Parlé vivement.) Il m'a écrit à genoux... Si on lavait vul... (Lisant.) « Ayez pitié de mon amour, ou je... » Oh! ciel ! il parle de se tuer!... il demande un instant d'entretien... nu son!... (Avec anxiété.) Que faire?... et personne pour me conniller, pour me défendre !... Ah ! mou Dieu !... j'entends marcher... C'est lui... je suis perdue !... (Elle redescend et s'appuie sur la petite table, à gauche.)