SCENE VII
MERCADET, seul.
Cent mille francs!., ce serait bon à palper! mais, le moyen?.. Ce n'est pas que je sois retenu par de vains préjugés .. ma foi, non !.. Pour cent mille francs, j'épouserais le diable !.. ou sa \ euve ! Mais le mariage, que j"estime d'ailleurs, ne permet d'avoir qu'une seule femme à la fois!.. C'est une lacune dans cette institution... et comme je suis déjà à la tête d'une moitié!. .mon Dieu, oui!., c'est une circonstance dont j'ai néglige de faire part au papa Ghester !.. Il aurait fallu lui dire que j'étais le mari de Nisida... Il m'aurait demandé qu'est-ce que c'est que Nisida?.. — Nisida ! c'est une jeune artiste dramatique. — Du théâtre Français?— Non ! du théâtre Montmartre, où elle pratiquait l'ingénuité de six heures du soir à minuit... jamais plus tard.— Et vous l'avez épousée ?— Mon Dieu. oui!.. Nous célébrâmes cette absurdité. — Vous l'aimez donc bien ?.. — J'en étais coiffé. — Et pourquoi l'avez-vous quittée? — Ah ! pourquoi ? parce que le pot au feu est l'écueil de l'amour !.. Je ne gagnais rien ; nous n'avions pour vivre que les appointements de ma femme.. cinquante francs
L'ACADÉMICIEN DE PONïOISE,
piir mois! sur lesquels elle en prélevait deux cents |X>ur sa loilelte... c'était inaiijre!.. et Nisida avait |ii,iiir l'opulence une vocation prononcée !.. Séparons-nous, me dit-elle un jour avec un sourire divin... Va tenter la fortune ailleurs... Son vœu fut exaucé... Je l'ai laissée à Paris où elle a dû se distinguer, car elle promettait beaucoup... je me plais même à croire quelle n'a pas tenu tout ce qu'elle promettait... (Juant à moi, j'étais en bonne veine, et j'allais pouvoir bientôt lui porter le fruit de nies labeurs... Mais va te promener 1 la veine est rompue!.. J'ai beau retourner la question, je ne vois pas moyen de cumuler deux femmes, sans touclier à la tiigiunie!.. C'est cent mille francs que je penià!.. ah! je rci;rclte le Turquie et ses théories conjugales!
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