SCÈNE II
LARISSE, CHESTER , EDOUARD , NISIDA , et UN DOMESTIQUE portant des bagages ; il traverse le théâtre, et entre dans la chambre à droite '*.
ENSEMBLE
Air ; Les yeux bleus.
MSIDA.
Ici le plaisir
Me fait accourir;
Daignez ra'accueillir,
Timide étrangère , Je viens en tremblant, Mais chez nous, souvent,
Le désir de plaire
Tient lieu de talent.
EDOUARD
Ici le plaisir
Nous fuit accourir; Daignez accueillir, L'aimable étrangère, Rien qu'en la voyant Chacun à l'instant.
Voudrait de lui plaire
Avoir le talent,
CHESTKR.
Ici le plaisir Vous fait accourir; Venez nous ravir.
Aimable étrangère , Rien qu'en vous voyant Chacun, à l'instant,
■ " Ch.
. E N. Ch.
Voudrait de vous plaire
Avoir le talent.
CLARISSE, à part.
Ici, le plaisir La fait accourir; Il faut l'accueillir Elle est étrangère, Mais son air galant, Son œil séduisant, Jamais de me plaire N'auront le talent.
NISIDA
Dans ce séjour tout me captive.
Et chez vous, je prévois qu'on a Trop de plaisir, quand on arrive.
Trop de regret, quand ou s'en va.
ENSEMBLE
Ici, le plaisir, etc.
EDOUARD
Mon oncle, ma cousine, je vous présente la signoraNisidoni, que je vous avais annoncée dans ma lettre.
CHESTER
Belle prima donna, je me félicite que mon cbAteau... que n'ai-je un palais !... mais je n'ai qu'un château... et faute de mieux...
NISIDA
Ne vous plaignez pas, Monsieur!... Elle est très gentille, votre habitation !
CHESTER
Oui, ça n'est pas mal !... Il nous manque un théâtre., mais nous avons une salie à manger.... et si vous vouliez vous réconforter un peu ?
NISIDA
Non, merci; je n'ai ni faim ni soif... Plus tard, je ne dis pas !
CHESTER
Quepourrais-je donc faire pour vous être agréable ?
NISIDA
Point de cérémonie, je vous en prie ; moi, je suis sans façon, voyez-vous.
CHESTER
Il est de fait qu'à la campagne... Vous n'aimez peut-être pas la campagne ?
NISIDA
Au contraire !... la nature, les arbres, les bancs de gazon... J'adore ça !
CHESTER
Je ne vous en remercie pas moins d'être venue... Un gosier aussi célèbre, consentir à parfumer de sa présence une fêle quasi -pastorale î
NISIDA
Ça ne me gênait pas du tout !... J'avais relâche au théâlre... D'ailleurs, il est difficile de résister à "•'. Edouard ; il a une petite manière de demander les choses... • ' ' '■- '■
L'ACADÉMICIEN DE PONTOISE
CLARISSE, à part.
Voyez-vous ça !
Le fait est que le gaillard!... C'est l'espoir de ma race!... Où avez-vous donc fait connaissance?
NISIDA
Dans les coulisses où ces Messieurs viennent papillonner tous les soirs !
CLARISSE
Ah ! mon cousin fréquentait les coulisses ?
EDOUARD
Une fois seulement !... des amis qui m'avaient entraîné!
CHESTER
Il n'y a pas de mal ! Il n'y a pas de mal ! La signera est Italienne ?
NISIDA
C'est-à-dire, je suis Italienne en France., parce que vous savez... les Français!,., quand on n'a pas un nom en i,,. Ils sont si badauds !
CHESTER
C'est vrai ! Oh ! les Français ! Oh l les Français!
NISIDA
Mais, en Angleterre, je puis avouer que je suis Française!
CHESTER
Parisienne, sans doute ?
Je suis née à Nanterre !
CHESTER
Vous en avez l'accent! et vos grâces dénotent assez votre origine !
NISIDA
Vous êtes un gros flatteur!... il paraît que c'est un défaut de famille, car M. Edouard...
CHESTER
Ah ! vraiment!... {A part.) Est-ce que par hasard... Je le voudrais !
CLARISSE, à part.
J'en apprends de belles!
CHESTER
Que pourrais-je donc faire poTir vous êtes agréable ?
NISIDA
Franchement, je ne serais pas fâchée de me reposer un peu, et si vous voulez me faire conduire à l'appartement que vous me destinez?
CHESTER
Je serai fier de vous y conduire moi-môme.
NISIDA
Au revoir, monsieur Edouard !
EDOUARD
Madame!
CHESTER, à part.
Je crois qu'ils ont échangé un regard!
CLARISSE, bas à Edouard.
i'ai à Vous parler I
EDOUARD, de même.
Et moi aussi !.. Va m'attendre au jardin î
CHESTER
Clarisse, suivez-moi, j'aurai besoin devons!
CLARISSE
Quel supplice !
REPRISE, ENSEMBLE
Ici le plaisir, etc.
{Chester sort avec Clarisse et Ifisida.)
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