ACTE I, SCÈNE VI
A moi ?
K.ÉROUAN.
Oui, à (oi.
LUCILE, à part.
Ah ! mou Dieu I j'ai oublié de lui en parler,
LOUISE, àquiLucile a fait un signe.
De quoi s'agil-il donc ?
KÉROUAN
J)'un mariage.
TOUS
D'un mariage !
DOMINIQUE, à part.
Gare la bombe !
LOUISE, à part.
0 Dieu du ciel, si c'était lui!
GEORGES, à part.
Oh ! la malheureuse... que va-t-elle dire!'
LE GÉNÉRAL, 5 Georges qui s'agite.
Tenez-vous donc tranquille, Georges.
RÉROUAN.
C'est un futur qui m'est recommandé par un vieux ami qui te servirait de père, si jamais je venais à te manquer.
LOUISE
Vous, général, n'est-ce pas?
Oui, ma fille, oui... et je voudrais avoir à t'offrir un mari plus digne de toi...
DOMINIQUE, à part.
Je ne vois pas ce qui lui manque.
GEORGES, à part.
Où veut-il en venir! je frémis...
LOUISE, 5 part.
Georges se détourne et se tait... (Haut et vivement au général.) Mais de qui voulez-vous donc parler?
LE GÉNÉRAL
Eh bien!... de... de...
DOMINIQUE
Que diable! général... il y a quarante ans que vous connaissez mon nom... je m'appelle Dominique Goussu.
LOUISE, baissant la léte et humiliée.
Dominique... lui!... Ahl général...
DOMINIQUE
Hein?...
KÉROUAN
Quand je vous le disais!... vous lui avez fait peur... (A Dominique.) Et te voilà ben avancé, loi... avec ta figure ébaubie...
(Il prend sa flUe dans ses bras et la calme.) DOMINIQUE.
Ah ça! est-ce qu'elle refuse?
Est-ce que vous ne voyez pas que le père Kérouan a voulu rire?
DOMINIQUE
A voulu rire!...
ALY
Allons, vieux vainqueur, puisque nous ne tirons pas à la même cible, je vous souhaite une autre fois une victoire d'Auslcrlitz.
DOMINIQtE.
Bon... bon!...
LE GÉNÉRAL
Tu l'as voulu... tant pis pour toi !
DOMINIQUE
Bon... très bon...
PORNIC
Vous ne feriez qu'un mari relapé, mon ancien.
DOMINIQUE
Vian!... (Il lui donne un soumet.)
PORNIC
Sapristi!... sapristi!... sapristi !...
DOMINIQUE
J'avais besoin de déposer mon humeur sur quelqu'un...
LE GÉNÉRAL
Seulement, une autre fois, tape moins fort... (En ce moment , on entend le son lointain des musettes.) J'entends les musettes qui approchent... n'ayons pas l'air fâchés .. Et loi, Louise, voyons, remelslol... oublie celle plaisanterie... Voilà les garsl... (Il range tout le monde sur une ligne.) LE GÉNÉRAL.
Georges ! (Georges va près de son père.)
LOUISE, à Lucile.
Mais une aulra proposition peut venir, qui ne sera pas une plaisanterie... Que dirai-je alors?...
LE GÉNÉRAL
Lucile... (Elle va se ranger près du général.)
LOUISE, a part.
Oh! il faut que Georges s'explique, .il le faut... c'est assez souffrir !...
(Le son des muselles se rapproche. — Entrent des valets de ferme , qui apportent un siège orné de feuillages et qui mettent tout en ordre. — Pornic est allé au devant du cortège.) KÉROUAN.
Allons , nous autres, à nos places ! (Allant à sa fille à qui il montre le siège orné de feuillage.) Toi, la reine ici... Général, près d'elle,
LE GÉNÉRAL
Volontiers... quoique je ne sois pas uncavaliei bien ingambe.
KÉROUAN
Vous, là, mamsellc Lucile... et vous, ici, monsieur Georges... Vous antres, là-bas. (Il leur indique le côté droit de la scène.) Et loi, Aly , ferma l'échalier... (Aly ferme la barrière du fond.) Ah! sapristi, Simon, est-ce que ça ne te rappelle pas noire bon vieux temps ?
LA CLOSERlli DES GENÊTS,
LE GENERAL
Ma foi sil... Il y a long-lemps que je n'ai cnleiidu cet air-là... et ça me ranime le cœur... Te somieiis tu que nous l'avons ciianlé ensemble à la porte de la pauxre Marianne?
KÉnoi AN.
Pauvre sainte fcninie, comme elle serait heureuse, si elle voyait tes ilt-nx enfuns comme ça.... AIT, redescendant la scène, avec Madeline, Domininiqtic, etc.
Los voilà ! les voilai...
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