SCENE II
Les Mêmes, LA DUCHESSE DE NOAILLES.*
Ah! j'en mourrai de joie!.. Ah ! Mesdemoiselles, mon beau cousin, c'est vous?.. Vous me voyez rayonnante, triomphante, resplendissante ! m"' de noce.
Veuillez donc nous faire prendre part...
LA duchesse , enthousiasmée.
Il a été beau... il a été grand... il a eu', un moment , six pieds de haut !
MATIGNON , s'efforçant de ne pas rire.
Qui donc?., le roi?..
LA duchesse.
Mon gendre !.. (Matignon étouffe un éclat de rire.) Vousn'y cticzdoncpas, beau cousin, quand sa Majesté daigna lui dire , de sa propre bouche : « M. le Duc, poiu"quoi tenu' les yeux baissés en notre présence ?.. i) Mon sang se glaça dans mes veines... j'attandais avec anxiété la réponse du pauvre enfant... 11 est perdu, me disais-je!.. Eh bien ! « Sire , {répondit-il au milieu du silence général) peut-on regarder en face le soleil?.. m"* de kocé.
lia dit cela ?..
LA duchesse.
Ill'a dit!., et moi, j'ai bondi de plaisir et d'orgueil !
MATIGNON, à part.
Pauvre roi !.. on lui répète toujours la même chose.
LA DUCHESSE , avec admiration.
Peut-on regarder en face le soleil !..
MATIGNON, à part.
Allons donc!., un petit perroquet!
A quinze ans ! à peine né ! une réponse pareille !.. Feu M. de Noailles, décédé à soixantedeux ans, n'en a pas dit autant dans toute sa vio!.. A ces mois, on vit errer sur les lèvres royales un majestueux sourire, qui passa sur le visage de M""' de Maintenon, circula, lit le tour de la salle , et l'approbation fut unanime.
MATIGNON , à part.
Au nom du roi... c'est de rigueur.
LA DUCHESSE
Aussi , suffoquée de joie, d'enthousiasme et de chaleur, j'ai quitté la salle du trône, pour aller annoncer à M°" la Duchesse de Bourgogne mon gendre, sonfllleul... (Fièrement, à Mali gnon qui sourit.) Elle l'a tenu sur les fonds, Monsieur!..
' Jlaùpnoii, la Dutlicjsc , llll»- Je Noct.
<^ MATIGNON, àdcmi-voix.
Parbleu!., elle doit s'en souvenir... il n'y a pas si long-temps.
LA DUCHESSE
Ah! les voici!.. (Mouvement général.) Peut-on regarder en face...
MATIGNON
Le soleil... c'est convenu.
eeseeeeeeeeeeeeGeesceeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeesaeees
Les MÊMES, RICHELIEU, DIANE, Gentilshommes, Dames de la Cour.
(Le cortège des nouveaux époux tiaverse lentement la paierie du fond. — Le duc de Richelieu, en grand habit de cour, donne la main à Diane, qui détourne presque la tête. Arrivé au milieu de la scène, le duc s'arrête, jette un regard sur sa jeune épouse, pousse un soupir et continue à marcher vers la gauche. La Duchesse prend la main d'uu des geutilsbommes et se joint au cortège, qui disparaît à gauche, j
m"" noce, à part, pendant le passage du cortège. Eh mais! il a fort bon air.
MATIGNON , à part , en riant.
Un mari qu'on fait voyager!.. Pauvre petite femme!..
(Quand le cortège a disparu , le Baron de Celle- Chasse entre avec la Baronne par le fond.)
SCÈN^ IV.