LE CHEVALIER, M"« DE NOCE , LE BARON DE BELLE-CHASSE , LA BARONNE
le baron, à la cantonnadc.
Eh bien ! oui , palsambleu ! c'est moi , le grand Lévrier du roi.
MATIGNON
Ah! le Baron de Belle-Chasse!,. Oh! M"» Patin!..
LA BARONNE , regardant derrière elle.
Qu'est-ce qu'ils ont à rire, tous ces paltoquets ?
LE RARON, à demi-voix.
Baronne! Baronne!., observez-vous.
LA BARONNE
Soyez donc tranquille... je me tiens.
LE BARON, apercevant Matignon.
Eh! palsambleu! c'est Matignon!., bonjour. Chevalier... M"'deNocé!..
LA BARONNE, d'un air pincé.
Monsieur... Madame... et lu compagnie...
LE BARON, bas.
ClïUt! parlez pou. (Haut.) Permettez que je vous ly-ésente M°" la Baronne de Belle-Chasse, mon épouSJ... (I.a Baronne fait la révérence et s'apprête à parler, il hii dit bas.) Bien, asscz!.. (Il lui montre M"M e Aocé.) M"' de Nocé... Ulie fille d'honneui'.
LA BARONNE, vivement.
Pas possible!.. (Se reprenant, sur un geste du Baron.) J'en suis bien aise.
MATIGNON
En effet, Baron, la renommée nousa apprisque vous aviez convolé en secondes noces... On vous maria, je crois...
LE BARON
A Saint-Germain-l'Auxerrois.
<ûi)< ' M'" dt Nuce, le Cli«va>ier,' '«Daron, la Earoop».
rrs PREMIÈRES ARMES DE RICHELIEU.
r,À IIAHONNF,.
J'ô lais mise on...
LE nAUON, Itas.
Assez, asso7... (iinut.) Il y a six soniainos... Nous sommes de jeunes époux de six semaines... Et c'est aujourdliiii que sa majesté daigne rerevoir nos hommages... la lîaronneavoulu à toute force cire pr(?sentée.
LA BARONNE, s'oubliant.
Je crois bien !.. je ne vous ai épousé que pour ça.
LE BARON, bas, vivement.
Parlez peu !
MATlCiNON, se détournant pour rire.
Oii!..
m"* de nocé.
M""* la Baronne n'était jamais venue ici ?
LA BARONNE
Jamais, du p'and jamais, ma chère... Tant que j'ai été M""* Patin, la femme d'un marchand, une bourgeoise, il n'y avait pas moyen d'y fourrer son nez, ù c'te cour... et j'en grillais d'euMc.
le baron, bas.
Vous parlez trop !
MATIGNON
Laissez donc parler. Baron.. Madame s'exprime avec une grâce î..
LA BARONNE, se laissant aller.
N'est-ce pas?.. Enfin, ce pauvre Patin, qui faisait toutes mes volontés, m'a rendue veuve... Oh ! alors , que je me suis dit : si , pour entrer à la cour, il faut un Marquis, Vicomte, Chevalier ou Baron... j'ai assez d'argent pour me pro- <urer ça : deux cent mille livres tournois de rente... et, vous voyez, je ne l'ai pas pris au I)oidf«
&IB : Vaudevillo de la ramille de Papotliicaire.
Grâce à monlîaron, que voici.
J'ai mon rang, mon titre, mes armes, Et le droit de venir iei, Avec mes écus et mes charmes.
fSf I » l laiiant Ti-r» \i: fond. )
Je ne vois pas, mauvais plaisants, De quoi la cour rit et s'étonne...
Car, ma foi , ce que je lui prends Ne vaut pas ce que je lui donne I
MATIGNON, riant, à part.
Qu'est-ce que c''jst que ça !..
LE BArkON, bas, impatienté.
Vous parlez infiniment trop !
LA BARONNE
Pour lors, ce matin, je n'en ai fait ni une ni deux... j'ai pris mes diamants, mon Baron, nus deux chevaux, cl Je viens me présenier aux rc^.irds du grand monarque, qui ne seia p«'ut-iire pas fâché de me voir.
MAiiGNON, mâchant Ron mouchoir pour ne pas t-clatcr.
Au contraire!..
LA BARONNE
Et M les Duchesses de l'endroit on crèvent de jahuibic... ma foi, innt pis ! je m'entiche'
LE BAIION.
Baronne!.. Baronne!..**
1P»'i!K'.., \U< ciinn, l.i Tttrnnnr, Ir Bu on. '1^ 1> Sp**. ttrnr^KW, l« lia...... I. ll.,onn..
•®» LA BARONNE, vivement.
Non, non, non!., je ne m'en lichc past
LE BARON, bas.
Ne parlez plus du tout !
MATIGNON, bas à M"* de Nocé.
Ah! ah! ah!., elle est unique!
m"* de nocé, derrière son éventail.
Tout-à-fait amusante !
LA BARONNE, à part.
Qu'est-ce qu'il a donc, ce grand escogrilTe?
MATIGNON
rien certainement. Baronne, sa majesté vous adressera quelque gracieux compliment...
LA baronne.
Eh bien ! quoi?., c'est toutcequejedemande.. on lui répondra, à sa majesté... et quelque chose (le bien troussé, je m'en charge...
LE BARON
Du tout!., je m'y oppose... je m'y oppose!
LA BARONNE
Par exemple!..
MATIGNON, à m'" de Nocé.
C'est M. Jourdain , en robe et en falbalas?
LE BARON
C'est au mari de répondre... surtout quand il a charge à la cour.. . Je suis grand Lévrier du roi... j'ai l'honneur de commander les levrettes de la couronne!. .Et s'il le faut, je serai plus fort sur la réplique que ce petit bambin de Richelieu.
LA BARONNE
Richelieu!.. Oh! n'en dites pas de mal.. C'est un amour!.. 11 est joli à croquer.*
LE BARON
Baronne de Belle-Chasse!.,
MATIGNON
Madame le connaît?
LA BARONNE
Le petit Fronsac?.. mais, mon cher ami, je ne connais que ça... Duiempsde feu Patin... l'autie, mon premier... quand nous tenions boutique de draps, rue Quincampoix...
(Le Chevalier et M"* de Nocé pouffent de rire.) LE BARON, à paru Ahl bon! la voilà lancée!.. (lîas.) Vous parler trop!
LA BARONNE
Eh! bien, quoi?., nous fournissions la maison du vieux Duc... le père du petit... Et quand j'allais chez rintendant régler nos comptes, je voyai» toujours l'enfant , avec son gouverneur , un grand tarluilé d'abbé... je le prenais sur me» genoux...
MATIGNON
L'abbé?
LE BARON, avec dignité. ^<
Chevalier de Matignon !.. \
Eh! non! l'autre, l'élève... qui vous avait de« petits yeux, un jx'titair!.. et comme je disais à IVu Patin , un soir qu'il m'avait chillonné une collerette de point d'Alençon... (vivement.) Pai Patin!.. Cet enfant-là sera un... enfin, snflit, je ui'entends... jourdc Dieu! gare aux jolies ûlles, et aux vilains maris !
LE BARON, c'V tenant pIu»,
M"* Patin!..
• M'" .Il \ rr, Militinnn,!. K i Ir, le B«r«».
AC'IT, I. SCÈNi: V.
LA BARONNE. '
Je ne (Us pas ça pour vous... et encore!..
LE RARON.
M"* Patin!., vous serez toujours... M "• Patin!..
LA BARONNE
Insolent!.. (Elle remonte la scène.)
MATIGNON
Allez, allez toujours, Baronne... ne vous gênez pas.
m"* de NOCÉ, qui a remonté la scène, vivement.
On sort de chez M""' la Duchesse de Bourgogne!..
LA BARONNE, au fond.
Tiens! le voilà !.. c'est iiioi» petit Fronsac ! m"* de NOCÉ, à part.
Le chevalier a beau dire , il est charmant !
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