SCÈNE Xî
.FS Mr:MES, DIANE , M'" DE NOCE."
RiCUELiEU, bas, à la Duchesse, avec ironie.
C'est ma femme !
DIANE, d'un air dédaigneux, et cependant un peu émue.
?«Tonsicur le Dur... Madame de Bourgogne vient de me faire appeler. « Diane , m'a-t-eile dii, j'ai promis à J\I. de Richelieu... (AvcceiTort.) volic mari... nn cadeau qui lui co!!r::.'!... C'est vous que je charge de le lai remeiue de ma part, u
' Stalipion, la Baronne, Eicliclico, 1.1 I)ucl.c.'se, le laion.
•• Maiipiion, la liaroniic, Dijnc , U;c!.clii.u, la Uuclicsii-, le Ba.on.
' RICHE 1,1 r.U, ;"i part.
Tiens ! ce n'est pas la même chose.
DIANE , lui remettant une boite élégante. Le voici.
RICHELIEU, la prenant.
Cela?.. (Diane passe à gauche.)*
MATIGNON , s'approchant de Richelieu.
Qu'est-ce donc?
RICHELIEU
Ah!... voyons!
LA DUCHESSE
Quelle inconséquence!.. N'ouvrez pas, M. le Duc!., vous ne pouvez , sans l'ordre du Roi...
RICHELIEU
Laissez donc!.. (Ouvrant la boîte.) Je Verrai..» Ciel!...
(Il reste stupéfait et comme anéanti , tenant la boite
ouverte.)
MATIGNON
Des dragées!..
TOUS
Des dragées!..
ENSEMBLE , à voix basse.
Am I II uepcut s'en défendre, (i.b diec et Lt BiiAuàiia.)
0 surprise nouvelle !..
On vit présent plus beau; Mais tout ici révèle Le sens d'un tel cadeau.
(La musique couûiiue piano jusqu'au couplet Buivant)
LA DUCHESSE, d'un air triomphant.
Oh! noble Princesse! grande Princesse!.. digne petite-fille de Louis XiV !.. Quel esprit de convenance!.. Des dragées !..
LE BARON, riant.
Ah! ah! ah!... (Riclielieu le regarde en face, et le Baron cesse de rire.) Voilà les dragées les plus spirituelles de la monarchie.
LA BARONNE
Bien tapé ! bien tapé !
MATIGNON, s'approchant de Richelieu , toujours immobile, prenant une dragée et la mangeant. Elles sont excellentes.
LA BARONNE , même jcu.
Parfaites.
LA DUCHESSE , même jeu.
Délicieuses.
LE BARON, même jeu. Richelieu ferme, avec colère, la boite et lui pince les doigts.
Aïe!.. Exquises.
LA DUCHESSE, avec ironie.
Air : Boulon de rose.
C'est , d'un baptême.
Quelque boîte qui lui restait.
MATIGNON, souiiant.
Ou plutôt c'est, aujourd'hui même.
Une avance qu'elle vous fait...
Tour Icbaplênie.
tous; rire étouffe.
Ah ! Ah ! Ah! (Richelieu jette un conp-d'œil sur Diane, qui le regarde avec dédain. Tous les iiersonnnges, excepté Diane et M"* de Kocé, reuiontcnt un peu.)
RICHELIEU
Devant elle!., ah !
• IV ane, la Baronne, Malignou, Kicht'.)*», la Dufbtfie , le B» «@T 0!i , Jl"" d« Kocé.
LES PREMIÈRES ARMES DE RICHELIEU
m"* de noce, bas h Richelieu, avec bonté. Voilà où mène riiuUscrétioii !
iiiCllELiEU, lui prenant la main, à part. Ah ! je m'en souviendrai. (Il pleure.)
LA DUCHESSE
Qu'on fasse avancer le carrosse de M. le duc de Richelieu ! (in des laquais présente à Richelieu son chapeau et prend la boite de dragées.) Mon gendre , rejoignez M. l'abbé, votre précepteur. ( S'aiiprochant, et tout bas.) Je doute qu'il vous donne jamais une meilleure leçon.
(Musique L y^rchestre, jusqu'à la fin de la scène. Air du Mariage de Figaro.) MATIGNON, s'approchant.
Bor» royajîc, cousin !..
(U offre la main à M"* de Noce et sort au fond.) LE BARON, même jeu.
Enfant gâté !..
LA DARONNE, même jeu.
Petit gourmand!.. (S'inicrrompant.) Des larmes! Fi donc !..
(Le Baron lui donne la main, ils sortent.)
Oui, des larmes de rage !..
LA DUCHESSE
Faites vos adieux à votre femme...
(Il s'approche de Diane, lui prend la main, qu'il baise en la regardant avec émotion, et se retrouve en face de la duchesse.)
RICHELIEU, à part.
Je ne partirai pas !
LA DUCHESSE
Je vous permets de m'embrasser...
f Richelieu met son chapeau sur sa tète, la laisse, le col tendu, et sort brusquement. Un domestique pose un candélabre sur la table , et ferme les trois portes du fond.)