ACTE II, SCÈNE m
<^ RICHELIEU, jetant la tôtc S la renverse «surprenant les signes de Merlac.
Qu'est-ce que c'est?., tu fais la parade, toi, làhaut!.. (A Dubois.) Chausse-moi... (Dubois s'agenouille, lui retire ses pantoufles et lui met des souliers.) Voyons, à vous deux, me direz-vous ce qui se passe chez ma femme ?
DUBOIS
Dame ! on dit que M"' la Duchesse...
RICHELIEU
Après ?
DUBOIS
Est triste... fort triste.
Palsambleu ! elle me regrette... j'enétais sîir... Ensuite?., toi, là-haut?..
MERLAC,
On croit que M""* la Duchesse est amoureuse... RICHELIEU.
De moi, çavasansdire...Tantpis, pour elle?.. (Se regardant avec complaisance dans un petit miroir que Merlac lui a remis.) Grande sotte... qui, à dix-Iiiuitans,n'apas vudans ces yeux-là!., (a Merlac.) Rase-moi.
Flaît-il?
Fiase-moi !
UERLAC.
RICUELIEtr,
MERLAC , embarrassé.
Pardon, mais, c'est que... nous n'avons p qu'il faut pour cela.
BICHELlEtT.
Tu n'as pas de rasoirs?
MERLAC.
Non... c'est vous qui n'avez pas de...
RICHELIEU, se levant, vivement.
Bah!
MERLAC, sourlaQl^ Dame!., un enfant...
RICHELIEU , lui lançant un coup de pied , avec col&rcb Hein!
MERLAC , 9'éîoîgnant, Ah! Monseigneui'!.. (A part.) Il tape comme un homme!..
RICHELIEU , se caressant le menton.
Au fait... il a raison... rien!,. (Le regardant et lui faisant signe de venir.) Écoute... approche» MERLAC , s'approchant humblcinenîv Monseigneur.... (Surveillant ses pieds.) O'i! le joli pied !
RICHELIEU, se frottant le menton.
Et... crois-tu que ça vienne bientùlï'
filERLAC
Mais... dans cinq ans.
RICHELIEU, avec colère.
Juste! comme l'article .5!.. (Merlac s'éloigne vivement. — Dubois, qui a emporté les pantouflles, apporte l'habit, et lui ôte sa robe de chambre. Riche» lieu continue, en mettant sou habit.) Et que dit-on de nouveau, par la ville?
MERLAC.
Rien , Monseigneur.
RICHELIEU
Pas de nouvelles, maroullle !.. et tu es perraj quier!..funesaispastonétat. (Apartavecméprl?,) ' Sait-il ra3?r, sciilement?.. (Haut, avec emphase.} lit '^^ de moi... que dit-on?
LES l'HEMlEHES Ar.MES DE r.lCîIFXIE U.
HERLAC.
Rien , WOnSPijmcur.
RICHELIEU, avec emportement,
nien ! drôle!.. Je vous forcerai bien tous à parler de moi!.. (Faisant, du geste, approcher Merlac) J'entends que tu bavarder... ^e tu dises tout ce que tu vois.
MERLAC.
Si je ne vois rien?..
RICFtELIEU.
Eh bien ! ce que tu ne vois pas... on devine, ou on invente... et poiu" commencer...
DUBOIS, qui a emporté la robe de chambre, rentrant vivement par le fond.
Monseigneur!., ime jeune fllle demande àvous voir... Faut-il...
BicnELlEU, vivement.
Une jeune fille?., toujours !.. une vieille et un créancier, jamais!.. (A Merlac.) Et pour commencer , va chez M°" de Noailles , sous préteste de raser... ceux qui en ont... et dis à tout le monde , que, lorsque tu m'as quitté , je recevais une femme superbe !.. une Duchesse... lUie Princesse!..
MERLAC.
Permettez...
RtcnELiEU, le poussant.
Je te permets tout!., (voyant entrer la jeune fillp.) Oh! qu'est-ce que ce peut-être?., ça me fait presque peur... (Se rassurant.) Ah! bah!... Dubois, que personne...
(Dubois sort, en poussant dehors Merlac , qui sort sur la pointe oes pieds.)