SCÈNE V
RICHELIEU, LA BAIGNNE.**
LA BARONNE, allant droit à lui, un billet à la main. Et vous... VOUS êtes un petit inip'^»-''""'^* '
RICHELIEU
Pour commencer?., merci.
LA BARONNE
Permis d'insulter les baronnes de naissance.., mais, quand on a été dans les draps, sur le pavé de Paris , on se fâche et on corrige les insolens... Tenez!..
(Elle le frappe au nezj avec le billet.) RICHELIEU, reculant.
Madame Patin!., vous me traitez... comme mon valet de chambre !..
LA BARONNE
Du tout!., lui, c'était avec la main... et vous , c'est avec votre écritiu-e... Vous m'avez offensée, je vous le rends, l'honneur est satisfait... Bonjour, comment ça va-t-il ?
RICHELIEU, lui tendant la main.
Pas mal, et vous?.. Ainsi, vous ne m'en voulez plus?
LA BARONNE, se remettant en colère.
Par exemple ! je vous en veux à mort... je vous arracherais les yeux... si ce n'était pas dommage... Non pas pour moi, seigneur Dieu!., parce qu'au fait, de la part d'un enfant... RICHELIEU, bondissant.
Bon! à l'autre!., je n'en échapperai pas une!
• \\\\r Ar Nocé, BUbelifU, Dub*i».
J> " l.a tjliiouuc. njt.bclî«U.
LES PREMlKnES ARMES DE RICHELIKl'.
LA BARONNE
Mais pour mon Baron, mon grand Lévrier... Si ca lui était tombé sous la..,
RICHELIEU, à part.
Ah! mon autre lettre!., je l'avais oubliée aussi!
LA BARONNE, lisant.
<- Cher ange ! je t'aime,veiLt-tu m'aimer, pour le désencanailler tout-à-)ait? Richelieu.»
RICHELIEU, li\ pocritement.
Il y ara?
LA BARONNE
Tiens, petit effronté!..
(Richelieu la regarde en riant. Elle se laisse aller peu à peu, el ils finissent par éclater tous deux.)
RICHELIEU
Ah ! ah ! ah !.. Dam ! c'est une déclaration.
Ah! ah! ah!.. Morveux!
RICHELIEU, se fâchant.
Ah! veuve Patin!
LA BARONNE, de même.
Je ne suis plus la veuve Patin... et d'une !.. Je EUis baronne, présentée à la Cour... ce qui fait enrager lui tas de bégueules qui ne me valent pas, et une centaine de faquins, comtes, mar» quis et antres, ùqui feu Patin prêtait notre ar- }<ent... Je suis IVpuuse du grand Lévrier du Roi, t.-ntends-ui, petit!., du gentilhomme le plus maigre, le plus fier et le plus... Ah! ce n'est pas lui qui aurait fait fortune dans les draps ! RICHELIEU, la câlinant.
Parbleu!., mais vous l'aimez?
L\ BARONNE
Je ne peux pas le souHrir!.. un grand flandrin... qui me mesquine comme les autres,parf e que je ne suis pas née... Qu'est-ce que je suis donc, imbécille?.. Aussi...
Af* : Vaudeville des Fikrct de lait.
Défunt Patin, plein d'égards en ménage, Est mort intact... Vrai, rien !
-RICHELIEU
Oh I je vous croîs...
LA BARONNE
•Mais le Baron!..
' BICHELTBU, la câlinant toujnur».
Ahl ce serait dommage: Il ne peut pas mourir comme un bourgeois.
La I'.ARONNE, le repoussant.
Non, je respect' la morale et les lois.
RICHELIEU
Mais un malheur... qui sait?.. malgré vous-même...
LA EAROMVE.
Oh ! clans ce cas, je t'en donne mafo!, 11 Ip saurait 1' premier...
RICHELIEU
Non, le troisième:
i.c% ciruT premiers, ce serait vous et moi.
El vous m'en voulez toujours de ma déclaration?
LA RAIIONNE.
Entendons-nous, monstre!., je t'en veux, pour K. forme... parce qu'au fond, je crois que ton intention n'était pas mauvaise.
r.lcuEUEU. lui Drenant la taille
Purdiou !..
LA UARONN»'.
Aussi, tu vois... je n'ai pas de rancune. •. el je viens te sauver !..
RICHELIEU
Me sauver!., de quoi?
LA BARONNE
De la Bastille ! RICHELIEU, effrayé, frappant ses mains l'unecontre l'autre.
0 Ciel!.. (La porte à droite s'entrouvre, etM"*dc Noce va paraître ; il court avecetfroi pour la retenir.) Non , non !.. (Elle disparaît.)
LA iJARONNE, qui n'a rien vu, que le mouvement de Richelieu.)* Allons, petit, du courage!.. C'est pour te prévenir, que je t'avais donné rendez-vous.
RICHELIEU, revenant à elle.
Cour des Cuisines... Mais qui vous a dit?..
LA BARONNE
Mon Baron... il y a une lettre de cachet contre toi.
si"* de noce, jetant un cri.
Ah ! (La porte se referme tout-à-fait.)
LA baronne.
Hein ?
RICHELIEU
Quoi?
LA BARONNE
Qu'est-ce que c'est que ça ?
RICHELIEU
Ça?., ne faites pas attention.
LA BARONNE, allant vers la porte à droite» Mais, j'ai entendu...
RICHELIEU, l'arrêtant.
Non, c'est... (vivement.) C'est ma femme !
Votre femme ?
KICHELIEU.
En secret, chez moi... ma femme... (A part.) Ça m'aura toujours servi à quelque chose.
LA BARONNE
Mais alors, elle a dû vous dire...
RICHELIEU
Rien.
LA BARONNE
Que cette lettre de cachet... c'est madame de Noailles elle-même qui l'a demandée...
RICHELIEU
Ah!.. Merci, belle-mère !
LA BARONNE
PniM' être mise à exécution, à la première esrlaiulrc, au premier scandale.
RICHELIEU
Me voilà bien !.. j'ai un pied à la Bastille. \.\ BARONNE, élevant la voix du côté de la porte.
C'est pour retenir l'autie que je viens ici... c'est pour vous sauver, voilà tout.
DUiîOis , accourant et tii-s empressé.**
Alonseigncnr !.. monseigneur!.. Madame dc
Noailles et madame de Rirhoiieu!