LE COMMIS ET I.A GRISKTTE
dour, M. Robineau, à qui j'ai fait accroire qu'une comtesse voulait l'épou-ier...
Fll'iNE. Ca n'est donc pas vrai ?
CARAFOiN. Eli non , c'est un lourde mon invention; vous m'aviez dit que j'étais bête , ça m'a piqué.
FIFIXE. Gomment, ilsepourrait?.. quoi!., ce n'est pas vrai! Ali! que je suis contente!... pour un rien je t'embrasserais.
CARAFON. Eli ben, allez, mamzelle , ne vous gênez pas... quand je vous disais que vous n'aimiez qu'un ingrat; vous en v'ià convaincue ; j'espère que vous allez le planter là, à vot' tour?
FiFiNE. Oh ! certainement !
Air : S il m'en donnait un de trois quarts.
Je veux, d'un indigne abandon ,
Qu'il rougisse et (|u'il se repente ,
Après sa làclie traliison !
De nie venger je serais si contente !
Oui, pour apaiser mon courroux , Je veux qu'il sache J» quel point je l'abhorre! Pourtant je crois que s'il m'aimait encore,
Pardonner serait bien plus doux;
Lui pardonner {bis) serait plus doux!
CARAFON. Comment, mamzelle, qu'estce que vous dites donc?., pardonner à un être qui est le papillon personnifié! .
FIFIME. Oli ! non, non, n'aie pas peur, je le hais trop pour cela à présent; toi, surtout , ne démens pas ce que je dnai à Robineau... Ah! je l'entends!... il revient déjà...
CARXFOM. Il revient.... il paraît qu'il n'est pas allé au bal. Diable! mais s'il devine que c'est moi qui lui ai joué ce tour-là ; j'aimerais autant qu'il ne me vît pas.
FIFINE. Cache-toi derrière le paravent.
CARAFON. C'est ça ; et puis je tâcherai de me sauver sans être vu.
(Carafon se cache derrière le paravent. On ouvre la porte , Robineau paraît, pâle, défait, rii.ibit tout crotte, le claque défonce ; il n'a plus qu'un gant qui est déchire ; il s'arrête sur le seuil de la porte, et sciubJe ne pas oser entrer. )