SCENE IV
Les MÊMES, LEBEL.
LEBEL, du dehors. Laissez, laissez... je vous remercie... je vais lui parler laoïmeme.
Lt; Dl'C]. Elil bon Dieu! nion'>ieiir Lebcl, qu'y a-t-il donc? vous avez l'au' tout eu émoi.
LEBEL, s'cssuyanf le front. Je suis rendu, monsitur le duc. Entin , trop lieureux de vous rencontrer I A travers la grille de l'abbaye j'ai reconnu votre équipage, et j'ai pen>é que vous me donneriez peut-être des renspignomens...
LE DUC. Et sur quoi ?
LEBEL. JNous chassons dans ces parages, et voilà , sans meiitu- , une bonne heure que j'arpente au galop toutes les roules de la foret pour rejouidre sa majesté. \ ous ne l'avez pas aperçue?
LA MARQUISE. Non , vraiment.
LEBEL. Ah! madame, pardon, je n'avais pas riionneur de vous voir.
LE DUC. Est-ce que vous auriez quelques craintes ?
LEBEL. Des craintes? je suis toujours inquiet lorsque le prince nous échappe; c'est
que le voilà d'un âge seize ans tout-à-
l'heure ! elsans qu'il y paraisse encore trop, il y a du salpêtre dans cette petite imagination-là. S'il se débarrasse une fois des lisières du cardinal, et je crois qu'il en meurt d'envie... ma foi !
LE DUC. Mais comment l'avez-vous quitté?...
LEBEL. C'est bien lui qui nous a quittés au détour du sentier de la Mare. Je ne sais quoi a frappé ses regards ; il a poussé un ahl piqué des deux, pris sa course, s'est enfoncé dans les taillis; j'ai voulu le suivre... ah bien, oui! j'ai pris alors le parti le plus raisonnable, celui de venir à ce village, le lieu da rendez-vous.
LE DUC, a part. Ah! que voilà qui arrive bien!
LEBEL. Puisque vous ne pouvez rien m'apprendra, je vais me remettre en route.
LE DUC. Reprenez donc haleine un moment.
LEBEL. Il est vrai que ça ne me fera pas de mal.
LE DUC. C'est un poste important et précieux que le vôtre.
LEBEL , léi^éiement. Il le deviendra , je l'espère, monsieur le dtic.
lË DUC. Oui, oui, oui, toutes ces dames
disent que Louis XV est le plus gentil gentilhomme du royaume, mais qu'd est trop timide.
LEBEL. Il n'est pas étonnant qu'elles le jugent ainsi : il y en a parmi nos duchesses qui jettent sur lui des regards si.... je ne veux pas trouver le mot, qu'elles feraient baisser les yeux à un cent-suisse.. .. Mais je cause là, ei je ne suis pas tranquille; je vous le lépète, je vais vous quitter.
LE DUC, a la man/iiist'. Pendant vos petits préparatifs, j'ai bien envie d'aller avec INI. Lebel à la recherche de notre jeune souverain.
LEBEL, à pa^rt. Beau plaisir qu'il lui fera et à moi aussi. {Haut. ) Venez , monsieiu' le duc, je me trouverai très-honoré de votre compagnie.
LE DUC. Le fat qui pense que c'est pour le plaisir de sa société. Je saisis l'occasion de voir le roi tout bonnement. ( A Lebel. ) Est-il en belle humeur ce matin, notre cher prince?
LEBEL. D'une humeur charmante...
LE DUC, à la marquise. 11 a l'air d'être venu ici tout exprès — et je serais si heureux que cette circonstance pût décider l'époque de mon mariage I
LA MARQUISE. Si VOUS arrivez aussi promptement au but!..
LE DUC. 11 faudra avouer que je suis né coiflé , n'est-ce pas?
LEEEL.
Air: Gymnasiens , remettons à quinzaine.
Venez, monsieur.
LE DUC
Ah ! mon cher, quelle Ivresse !
{A lui même) Comme le roi va bien me recevoir! ( .4 la Marquise.) Aux tendres soins un moment je vous laisse; Votre nièce arrive au parloir.
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