SCÈNE IV
CHAUDOREILLE , ZÉNOBIE. '^
ZÉNOBIE , entrant par le fond.
Ah! monsieur Chaudoreille I...
CHAUDOUEILLE.
Quoi! c'est vous, charmante gilelière!... Est-ce moi qui ai le bonheur de vous attirer en ces lieux?...
* Zénobie,' Chaudoreille.
Zt.XOBIE.
Vous!... par exemple !...
Et pourquoi pas?... L'aimant attire le fer... Je suis aimant, et vous êtes de fer à mon égard.
ZÉXOBIE.
Voyons .. je ne viens pas pour écouter vos bêtises... Je veux parler à M"-» Chaudoreille.
CHAUDOnEILLE.
A ma femme !...
ZÉXOBIE.
J'ai appris qu'elle était de retour.
CHAUDOREILLE.
Hélas!...
ZÉNOBIE
Plaignez-vous donc !... une femme charmante I,., Ah ! si j'étais à sa place...
CHAUDOREILLE.
Je le voudrais!...
ZÉNOBIE
Voyez-vous ce papillon !...
CH.\UDOREILLE , lui prenant la taille.
Ah ! folle que tu es! folle que tu es!...
ZÉNOBIE
Assez , monsieur ! je vous prie de vous tenir dans les bornes...
Quelles bornes ?... Ma borne, à moi , c'est ton cœur, et je m'y tiens...
ZÉNOBIE
Oh ! que c'est joli !...
CH.AUDOREILLE.
Ce soir, je vous monterai un pot de réséda... Vous aimez les fleurs?...
ZÉNOBIE
Oui ! mais je n'aime pas toujours la tige qui les porte.
CHAUDOREILLE.
Espiègle!...
ZÉNOBIE
Et je vous invite à rester dans vos foyers. J'ai déjà trop plaisanté avec vous... On pourrait jaser, et s'il vous arrive encore d'envahir mon domicile, je déménage à l'instant.
CHAUDOREILLE.
Vous quitteriez la maison?...
ZÉNOBIE
Je n'y tiens pas! au contraire... Un appartement où on ne voit pas clair en plein midi!... L'entrée de la maison est sur le boulevard , c'est gentil , mais les fenêtres donnent sur la rue !
CHAUDOREILLE.
Comme les miennes, rue de la Lune. Le soleil s'y montre rarement, peut-être dans la crainte d'y rencontrer son épouse... Je comprends la conduite de ce météore.
Et j'aurais donne congé depuis long-lcmps, sans une personne...