‹ Pièces de théâtreChapitre 1063 sur 1069 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Lf:ON, puis M'"" CHAUDOREILLE.

LÉON

Il parait décidément quej'étais un niais. Je poussais des soupirs... Et pour qui?... Pour Mm^ Chaudoreille...qui n'est pas M""» Chaudoreille !... Elle a dd bien rire à mes dépens. (On frappe à la première porte à gauche.) On frappe à celte porte !... Quelqu'un est donc enfermél... (Il va ouvrir.) M^e CHAUDOREILLE, soriant de la chambre.

Je n'y tenais plus... Il faut que je sadie à tout prix... Ah! c'est vous, monsieur Léon!... *

* Léon, madame Cliaudorcille.

LEON

Moi-môme, ma belle amie !...

M™e CHAUDOREILLE, étonnée.

Ma belle amie!...

Moi, qui vous aime, qui vous adore plus que jamais... Parole d'honneur!

M™e CHAUDOREILLE.

Vous m'aimez !...

LÉON

Et vous?... l'absence vous a-l-elle humanisée? Eles-vous devenue moins farouche ?

M"'^ CHAUDOREILLE.

Que signifie un pareil ton, monsieur? Jamais vous ne m'a\cz parlé comme ça...

LÉON

Parbleu! c'est le tort que j'ai eu.. .En me voyant timide, vous vous êtes crue obligée de faire la chipie...

M"e CHAUDOREILLE.

La chipie I

LÉON

Ça nous a gênés tous les deux... Car enfin, sans vanité, je vaux bien ce grotesque Chaudoreille !...

Mme CHAUDOREILLE. i;

Appeler mon mari grotesque !

LÉON

Oh 1 oh ! voire mari!... Je ne donne plus là-dedans. Je sais tout ma chère... Et vrai ! je vous en aime davantage... Vous me plaisez mieux comme ça...

Mme CHAUDOREILLE.

Léon, vous blessez toutes les convenances !

Je ne respecte plus rien.

AIR de la Robe et les Bottes.

Toute feinte doit disparaître, Les détours seraieut superflus.

Maintenant je sais vous connaître

Mme CHAUDOREILLE.

Moi ! je ne vous reconnais plus .

LÉON. * Vous ne pouvez être cruelle, A vos genoux je tombe sans regrets, Espérant qu'avec vous, ma belle, Je n'en serai pas pour mes frais, {bis.) (Il se met à genoux.)

OO^OOOCÎlOOOOOOOOOOOOiOOOOOOOOOOOOOOOOCOOOOOSOOOOOOO

scÈNi': XVII.

Les mêmes , CHAUDOREILLE , puis ANTOI- NETTE.

CHAUDOREILLE, au fond.

Oh : nouvel incident !

* .Madame Cliaudoreillc, Léon, Cliaudorcille

RUE DE LA LUiNE.

M"e CHAUDOUEILLF..

Dieu I mou mari !

LÉON, se relevant lentement.

Ah! ail ! c'est vous!

CHAtDOREILLE.

Monsieur,., mou élounement est d'une profondeur extrême...

M""= CHAUDOREILLE.

Mou ami! n'allez pas vous imaginer...

cnAunop.EiLLE.

Paix ! liglauline !.. ftîonsieur, ayez la courtoisie de me dire à quel propos vous vous agenouillez dans les environs de mon épouse?

LÉOiN

Qu'est-ce que ça vous fuit ?

CHAUDOREILLE.

Plaît-il ?

LÉON

Je dis... Qu'est-ce que ça vous fait!' CHAUDOREILLE.

Supposons que ça me fasse quelque chose.

L ÉOi\.

Madame n'est pas votre épouse.

CHAtDOREILLE.

Ceci est neuf.

LÉON

Vous u'ètes pas plus son mari que moi. M°-e CUALDOREiLLr.

Quelle audace !

LÉOX.

Et je vous trouve bien hardi d'élever la voix après un pareil scandale... Séduire la femme d'un autre ; vivre publiquement avec elle !

M'"e CHAUDOREILLE. Mais, mon ami, il m'abreuve d'outrages.

J'enlends bien ! j'entends bien !

«■"« CHAUDOREILLE.

Et VOUS ne bougez pas...

CHAUDOREILLE.

Ah ! si j'avais quatre hommes et un caporal !

LÉON

Une femme enfin que vous avez enlevée à sou mari...

CHAUDOREILLE.

A son mari !... Quel mari? Elle était veuve !

LÉON

Non, monsieur... Son mari existe... C'est de lui que je liens ces détails, et madame n'osera pas me démenlir.

CHAUDOREILLE.

Oh ciel ! parlez, Eglanliue ! *

M"'e CHAUDOREILLE.

Je ne me soutiens plus !

CHAUDOREILLE.

Elle ne répond pas...

M'"» CHAUDOREILLE.

J'étouffe !

CHAUDOREILLE.

Malheureuse! lu serais bigame !

ANTOINETTE, qui est entrée.

Bigame !

M™« CHAUDOREILLE.

Ah 1 je me meurs !

(Elle tombe dans un fauteuil ù gauche.)

CHAUDOREILLE.

Monsieur !... sortez de chezmoi !... Antoinette, conduis madame dans sou appartement!

M™"^ CHAUDOREILLE.

Ah ! quelle horiibîe scène !

CHAUDOREILLE.

J'eu ferai une grosse maladie!

ENSEMBLE

Page 1