M"""^ CHA.UD0RE1LLE
Ail I j'y suis!
CHAODOREILIE.
Ah !... ma femme y est !
CHEVllLARD.
Ah !... je n'y suis pas !
Mm'' CHAUDOREILIE.
Il s'est trompé d'étag:e !
Tu le croyais chez loi !
CHEVILLARD
Chez toi !... Où , chez toi ?...
CHAUDOREILLE.
C'est fort original* ! Vous demeuriez au secotid, vous entrez au second , et vous dites, je suis au second !... C'est fort original !
ZÉNOBIE
C'est-à-dire, au second autrefois, mais à présent je demeure au troisième.
CHEVILLARD *
Tu as déménagé?
ZÉNOBIE
Mais non ! c'est le boulevart que l'on a baissé !
CHEVILLARD
Comment ! on baisse le boulevart, et ça te fait remonter !... Quel est ce genre de balançoire?
CHAUDOREILLE.
C'est pour la commodité des omnibus 1
CHEVILLARD
Mais c'est hideux !... On va faire une course , on revient, on croit rentrer chez soi, et on rentre chez qui?...
CHAUDOREILLE.
Chez moi, monsieur !
Chez vous !.. Je suis chez vous depuis ce matin, et vous ne me le disiez pas?
CHAUDOREILLE.
Mais je vous l'ai ressassé, monsieur, je vous l'a' ressassé.
CHEVILLARD
C'est vrai, il me l'a ressassé I... Ah ! monsieur,.. Oh I madame ! Oh I Léon ! Ah ! la bonne !... Vous y êtes tous?... Je vais vous chanter V Arabe et son coursier I...
CHAUDOREILLE.
Un instant, mou cher monsieur Zénobie.
CHEVILLARD
Vous avez la rage de m'appelcr Zénobie... Chevillard, monsieur!... Adolphe Chevillard.
M^ie CHAUDOREILLE.
Chevillard ? mon cousin ?
'Antoinette, Chaudoreille, Zénobie, Clievillard, madame Chaudoreille, Léon.
* Antoinette. Chaudoreille , Chevillard , Zénobie , madame Chaudoreille. I-éon.
CHEVILLARD
Ah bah !
M^s CHAUDOREILLE.
Le neveu de ma tante Patureau ?
CHEVILLARD
Ma tante, elle va bien?
M^e CHAUDOREILLE.
On n'attendait aue vous pour la succession !
CHEVILLARD
Elle est morte!... J'avais prévu que ça lui arriverait 1
W^e CHAUDOREILLE.
Elle vous laisse une quarantaine de millefrancs.
CHEVILLARD
Une quarantaine !... Je vais chanter V Arabe et son coursier !
CHAUDOREILLE.
Un mot s'il vous plaît !... Est-ce que le troc ne tient plus?
CHEVILLARD, lui (tonnant un coup de poing.
Polisson !
CHEVILLARD, au public.
AIR de l'Arabe et son Coursier.
L'or des princes n'a pu suffire
Pour m'arracher d'aupri^'S de toi.
CHAUDOREILLE.
Ah! ça, dites donc!... Qu'est-ce que vous nous chantez ?
CHEVILLARD
L'Arabe et son coursier!
Et c'est avec ça que vous avez séduit Abd-el-
Kader?
CHEVILLARD
Je l'ai mis hors de lui !
CHAUDOREILLE.
Je le crois I vous mettrez dehors tous ceux qui vous écouteront;... Il me semble que pour finir une pièce, il vaut mieux dire tout simplement : AIR ; De sommeiller, etc.
Messieurs, pour celte œuvre légt-re.
Daignez vous montrer indulgcns.
Et qu'une critique sévère...
CHEVILLARD
Assez!... assez!... C'est un pont-neuf que vou,s me chantez-là !... Et c'est bien vieux le Pont- Neuf! On veut de la musique aujourd'hui
de la musique large!... Écoutez-moi ça:
AIR de l'Arabe.
L'or des princes n'a pu suffire Pour m'arracher d'auprès de toi.
CHAUDOREILLE.
Vous appelez ça de la musique large ?... Je la trouve longue, voilà tout!.. Rt puis, les paroles... Qu'est-ce que ça fait au fail au public que l'or des princes n'ait pu suffire...
CHEVILLARD
Eh bien, et votre œuvre légère !.. Il s'en moque
RUE DE LA LUiSE.
pas mal de voire œuvre légère chanter mon air !
RUF. DE LA LUNE
• Laissez-moi
CHAUDOREILLE.
Le mien serait meilleur!
CHEVILLARD
Avez-vous fini?
CnADDORElLLE.
Prenez garde, vous indisposerez le public !
CHEVILLARD
Mais malheureux, il sera bien plus indisposé si nous le laissons entre deux airs J
CHAUDOREILLE.
Je propose un arrangement !... Chantons tous ensemble un chœur final ni long, ni large 1 CHEVILLARD.
Comme vous voudrez !... Messieurs , quand le gros ne sera plus là, je vous chanterai V Arabe et et son coursier !
CHOEUR
AIR : Filons tous deux en silence. (Jonathas.)
Pour éviter tout ombrage, Pour le repos du ménage.
Ne nous trompons plus d'étage Et restons chacun chez nous.