SCENE III
MADELON, seule.
Elle est drôle , ma tante [Elle va à ses fers et les touche.) de s'inquiéter comme ça des cancans des voisins et des voisines , ce qui ne l'empêche pas, sans être méchante , de se laisser faire la cour par ce gros richard de M. Camoin... [Approchant un fer de sai joue.) il n'est pas assez chaud, celui-ci... et d'écouter en même temps les douceurs de M. Philidor, mon maître de danse...
[Elle apris un autre fer.) il est brûlant celui-là... je n'y pense guères , moi, ù ce que font les autres... c'est-à-dire, si, j'y pense, je voudrais bien savoir ce que fait en ce moment, une personne de ma connaissance... voilà quatre grands mois que ce lambin de Tranquille est parti pour aller recueillir la succession d'un oncle qu'il avait à Rouen... et pas de nouvelles! ah!| bah! j'ai dans l'idée qu'il va nous tomber ici un de ces jours, habillé tout à neuf... avec des écus plein ses poches... je le vois déjà... Allons , mamzell' Madelon , me v'ià , faut nous marier... Pourquoi pas, M. Tranquille... Nous irons faire une fameuse noce au Panier fleuri, chez M. Landelle... Non, non, Tranquille, pas d'embarras, mon gaiçon, à la bonne franquette.
Air de la Fricassée,
Nous f rons La noce aux Porcherons
A la guinguette
S' marie une grisette :
Nous f 'rons
La noce aux Porcherons ,
Où nous dans'rons
Deux ou trois cotillons !
On fait là des entrechats,
Sans craint' de montrer ses bas , J' vous d'mande un peu s'il vousplait,,,
MADELON FRIQUET
Quel mal ça fait...
Surtout quand on a T pied bien fait I
Nous Trons , etc.
Elle danse, Philidor entre et la resarde danser.