SCÈNE XX
Les Mêmes, GUIMAllD.
GUIMARD , qui a entendu la fin de la scène. Oui, mon cher comte, vous êtes son colonel... mais monsieur de Soubise vient d'être nommé maréchal de France...
TOUS. Maréchal de France!
GUlMARD,rtMrtrfc/oM. En rentrant chez moi j'ai trouvé ta lettre, j'ai couru tout de suite chez le prince. «Monseigneur, lui ai-je dit, vous m'avez engagé votre foi de gentilhomme de m'accorder ce qui me plairait le plus... c'est le congé d'un brave garçon auquel je m'intéresse, parce qu'une autre s'intéresse à lui... »
MADELON. Et le prince a signé .!^..
GUIMARD. Tiens!., regarde!..
Elle lui montre un papier.
TRANQUILLE. Ah!., la Guimard!.. la
Guimard!.. voilà un trait qui vous élève au-dessus de toutes les danseuses.
LAPERRIÉRE. Etre battu par le prince de Soubise, ces choses-là n'arrivent qu'à moi.
MADELON, bas à Laperriére. Colonel, voici le moment de remettre le portrait à sa véritable adresse.
Elle le lui donne.
LAPERRIÉRE, d Guimard. Vous ne me ferez plus de reproches.
Il lui donne le portrait.
GUIMARD. Je l'accepte. . . et je le garderai comme un souvenir pendant votre absence.
LAPERRIÉRE. Comment, mon absence...
GUIMARD. M. de Soubise vient d'obtenir pour vous le grade de maréchal de camp... et vous partez pour la Hongrie...
TRANQUILLE. Bon!.. mon colonel a aussi son congé...
MADELON. Ciacun a ce qu'il mérite...
Guimard rentre à l'Opéra, ma tante épouse M. Camouin... M. Philidor n'épouse personne.. .M. le comte va devenir un héros!., moi, je reste blanchisseuse...
TRANQUILLE. Et moi aussi... Ah! que je suis bête... je reste ce que je suis.
CHOEUa.
Air nouveau de M. Ch. Tolbecque.
Plus de chagrin De Madelon le joyeux refrain
Jusqu'à demain bis.
Va nous mettre tous en train.
MADELON , au pubUc.
La pauv' Mad'lon n'est pas parfaite, C n'est pas sa faut', mais c'est égal , C'est la faut' de ceux qui l'ont faite. Et d'elle on va dir' bien du mal ; Mais si malgré son caractère, Si malgré plus d'un petit tort, Elle a le bonheur de vous plaire, Vous l'entendrez chanter encor :
Cl Je suis Madelon Friquet, etc.
Reprise du chœur.
Plus de chagrin, etc.
FIN
Imprimerie da J, -R, Msvabi,, passage du Caire, §4»