‹ Pièces de théâtreChapitre 210 sur 1069 · F AN GUETTE · texte numérisé non relu

F AN GUETTE

Là!..

SAINT-GEORGES

Qu'est-ce que lu as? je l'embrasse sans lui parler! (IlTembrasse.)

JULIEN , furieux.

Sapristi !

SAINT-GEORGES, l'embrassant encore.

Je ne lui dirai pas un mot !..

JULIEN , Jettant sa cuillère.

J'écume de rage !

FANCHETTE, se débattant.

Laissez-moi donc.

LE BARO\, à part.

II va se faire une querelle !

JULIEN, faisant passer sa femme décote.

C'est trop fort ! (Saisissant l'épée d'un chasseur.) Je suis du régiment de Picardie, moi!..

SAINT-GEORGES

C'est donc ça que tu nous donnes du vin de tm régiment!., du vrai cidre!

JULIEN, hors de lui.

Insulter mon vin et embrasser ma fenimo!.. défendez-vous... ou je vous embroche connue un poulet.

FANCHETTE

Ils vont se battre!..

, TOUS, faisant cercle.

Bravo!., le mari!

SAINT-GEORGES, ramassant la cuillère à pot. Peste... j'ai aflaire à forte partie !..

JULIEN , lui poussant des bottes.

Séducteur !

SAINT-GEORGES , parant.

C'est Ménélas... en tablier de cuisine!..

JULIEN

Scélérat!..

SAINT-GEORGES

Prenez garde... vous allez vous blesser...

(11 le touche.) JULIEN , furieux.

Je te ferai mettre de l'eau dans ton vin !

SAINT-GEORGES, parant.

Je ne veux pas aller sur vos brisées...

(Il le touche.)

JULIEN

Oh!.. (11 reçoit un autre botte.)

SAINT-GEORGES

C'est malgré moi... (Autre botte.) Vous m'y forcez... (Il le touche plusieurs fois.)

JULIEN

Oh! oh!..

SAINT-GEORGES

Je VOUS dis que vous vous ferez mal... vous ne savez pas seulement tenir votre épée. (Il lui donne un coup sur les doigts et lui fait sauter l'épée de la main.) JULIEN.

Ouf!,, quel poignet!

TOUS, se moquant de Julien.

Bien touché !

LE BARON

Diable!., je ne choisirai pas l'épée.

JULIEN, montrant son tablier marqueté des taciis

laites par les bottes qu'il a reçues.

Quelle horreur! j'ai l'air d'une écumoire!

SAIT-GEORGES, secouant ses gants.

C'est votre faute !.. vous m'obligez à me salir les doigts , pour l'honneur d'un misérable bouchon !

JULIEN, reprenant sa colère.

Un bouchon ! s'il n'y a pas de quoi sauter!., mais ce n'est pas lini là... (a Saint-Georges.) L'épée, je ne dis pas... c' n'est pas ma partie... mais j'ai été dragon... (Criant à la porte de son cabaret.) Jean! mes pistolets...

(Il entre les chercher.) FANCHE'rrE.

Des pistolets! (Courant à Saint-Georges.) Ah! Monsieur, je vous en prie !..

SAINT-GEORGES, riant.

Ne craignez rien, mon enfant.

FANCHETTE, désolée.

C'est que vous ne le connaissez pas... quand une fois il a la tète montée !..

JULIEN, entrant avec des pistolets.

Je veux satisfaction... à mort!

FANCHETTE, voulant l'arrêter.

Y songes-tu?

JULIEN

Ca ne vous regarde pas !... c'est entre zhommes! (Montrant les chasseurs.) Ces Messieurs seront nos témoins !

TOUS, riant.

Volontiers !

SAINT-GEORGES

Allons... il veut que je lui casse la tète, à présent... en vérité j'y mets une complaisance!

JULIEN

Oui... oui... nous allons voir... (A Saint- Georges.) Tenez... ils sont chargés... et voilà Ks balles...

SAINT-GEORGES, en prenant un.

Des balles!., oh! non... je pourrais vous tuer...

(Il regarde à terre, comme s'il cherchait quelque chose.) JULIEN.

Qu'est-ce que vous cherchez donc?

SAINT-GEORGES

Oh! mon Dieu... la moindi-e des choses... (Ramassant un clou.) Ah! voici mon a/l'aire!., un clou de cheval.

JULIEN, intrigué.

Un clou !

SAINT-GEORGES, le mettant dans son pistolet.

C'est tout ce qu'il faut pour vous crever an œil...

JULIEN

Un œil!..

SAINT-GEORGES

Pour VOUS apprendre à y voir plus clair !

FANCHETTE, se récriant.

Eh bien ! il sera joli garçon.

SAINT-GEORGES, reculant de quelques pas.

Voyons! quel est celui auquel vous tenez le moins?..

fi)

Courons

Courez

Queilegloire nomcUc, Quel passe leai|)s royal!

Achevai! à clicxal !

(Ils sortent en Jésordr*^ parla j^auche , au n; qui :i*al^îbiit peu à peu

LE CHEVALIER DE SAINT-GEORGES

jri.IEX, inlimklO.

Celui... aiiqueL..

SAINT-GEORGES

A cinquante pas... je suis sûr de mon coup!., choisissez !

JULIEN , effrayé el se bouchant les yeux. Que je choisisse!..

SAI.NT-GEOr.GES.

C'est un avantage que je vcuv vous faire!., ou plutôt... non... VOUS n'avez ptis d'enseigne! (Lui prenant son bonnet de coton.) Ne bougez pas ! (Il lance le bonnet en l'air, l'ajuste, tire et le cloue sur l'enseigne à fond noir.) Voilà ton enseigne !

Page 1