‹ Pièces de théâtreChapitre 281 sur 1069 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

Les Mêmes, CÉLINE; puis M"e DE SERIGNY, GIMBLET.

CÉLINE, à la porte de gauche- Eh bien, monsieur Mathias ?

ARTnUU.

Ah! Céline, ma cousine... ah ! venez! venez!

Surtout ne dites pas...

ARTHUR, «e pouvant contenir sa joie.

Soyez donc tranquille*. ( A Céline. ) Vous aviez raison d'aimer Thierry, c'est un bon et digne garçon... Si vous saviez!.., c'est... c'est mon frère !

MATHIAS

Bon, voilà un secret bien gardé î

THIERRY

Céline!

CÉLINE

Que dites- vous?

ARTHUR

Bah! à elle seule...

M^s DE SERIGNY, entrant.

Encore un usurier pour Arthur*'.

ARTHUR

Ma tante 1

M™« DE SERIGNY.

Ah! Mathias, j'ai vu votre gouverneur, tout s'arrangera avec un mot d'explication. {Apercevant Thierry.) Monsieur Thierry ! encore!

ARTHUR

Oui, ma tante, oui, Thierry 1 . .. c'est mon frère I . . .

M™e DE SERIGNY.

Et depuis quand?

MATHIAS

Mais, taiSez-vous donc, bavard !

THIERRY

Arthur !

ARTHUR

Oui, oui, mon frère, c'est dit, tant pis ! au fait, Pourquoi ne le dirais- je pas ici à tout le monde? ça m'étoufferait plutôt.. . on a douté de ma joie, de mon bonheur, c'est très-mal... et je veuxmevenger. {A la baronne.) Donnez-lui macousine.ilvaut mieux que moi. {Mettant la main de Céline dans celle de Thierry.) Tiens, frère, es-tu content?

THIERRY**'

Arthur, mon ami!

Même ail- (ju'à la scène X.

Ahl comment m'acquitter jamais !

C'est trop peu de ma vie entière !

Mais puis-je être lieureux. désormais Au prix du bonheur de mon frère?

ARTHLR.

Eh ! oui, j'eus des torts envers toi,

Mais vois, ma joie est pure et franche. * Tliierry, Artliur, Céline, Malliias.

**Thieiry, Céline, Arthur, M™' de Serigny, Mathias. *** Thierry , Arthur, Céliue, M"»» de Serigny, Mathias,

Merci, frère I... car je te doL L'honneur d'avoir pris ma revanche,

Bravo! c'est très-bien!... j'en pleure, sapristi, bravo*!

M™e DE SERIGNY.

Permettez...

CÉLINE, vivement.

Ma mère, ce n'est pas Arthur que j'aime.

ARTHUR, gaîment.

Hein ! comme c'est franc !

M™e DE SERIGNY,

Mais...

ARTHUR

Oui, c'est convenu, vous les marierez, vous paierez mes dettes, je reste à Paris... Ah! bien oui, m'en aller à présent ! . . .

M™'' DE SERIGNY, les ohscrvant.

Ah çà! vous avez tous quelque chose là. ..vous êtes toqués... vous m'expliquerez...

MATHIAS, entraîné.

Oui.Louison**. {Mouvement de M^^ de Serigny.) Non, non,madamelabaronne,voussaurez... tu sauras... vous êtes si bonne... que tu... oh 1 ma foil... GIMBLET, entrant par le jardin.

C'est indigne, c'est affreux! je me plaindrai à madame.

M™e DE SERIGNY.

Qu'est-ce qu'il y a encore? est-ce qu'il est fou comme les autres?

GIMBLET.

Madame la baronne, c'est les deux camarades du père Mathias, qu'il a grisés, et qui ronflent làbas dans un carré de tulipes. Il n'est pas Dieu possible de mettre des chrétiens dans un état pareil... mon beau-père surtout... il est plein !

MATHIAS

C'est bon, imbécile, au réveil il n'y paraîtra plus, et je vas les annoncer là-bas, aux Invalides; c'est mon hôtel à moi, et je vous demande la permission de venir quelquefois dans le vôtre.

ARTHUR et THIERRY.

Oh 1 toujours! toujours!

L'orchestre joue très-piano la retraite.

MATHIAS

Merci! quelquefois!,., pourvous revoir tous, tous heureux; pour donner un coup d'œil et, un conseil par là... ( il tend la main aux jeunes gens ) une poignée de main aux jeunes... (serrant à la dérobée la main de M"^^ de Serigny) comme aux anciens... et me rajeunir en parlant du passé.

MATHIAS, au public.

AlK de la Retraite.

Ces vieux soldats , Devenus moins solides.

Aux Invalides S'en vont, he'las !

Regretter les combats.

Heureux l'acteur Dont vous doublez l'ardeur I Toujours jeune de cœur.

Il peut, sans peur.

Vieillir au champ d'honneur.

Tous répètent en chœur les quatre derniers vers. * Thierry, Céline, Arthur, Mathias, M"« de Serigny. ** Thierry, Céline, Arthur, Malhias, M"« de Serigny,

Gimhiet.

FIN

PARIS. IMPRIMERIE DE V« DONDEr-DUPRÉ, RUE SAINT-LOUIS, 46, AU UABAIS»

LA CANAILLE

COMÉDîE-VAUDEVII.LE EN TROIS ACTES,

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