‹ Pièces de théâtreChapitre 352 sur 1069 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

M. COQUELET, THÉODORE, M"e BERNARD,

qui mène un petit chien en laisse ; elli; a un gros livre de messe sous le bras ; elle entre par la droite.

m"= BERNARD.

Eh ! vite , Bichon ; eh ! vite , pressons-nous un peu... nous allons manquer la messe.

THÉODORE

Ah ! la cousine Bernard !...

M. COQUELET

Mademoiselle Bernard ! . . .

.M"e BERNARD.

Bonjour, monsieur Coquelet... bonjour , Théodore... je viens prendre Pauline pour la conduire à la messe de la demie... comme c'est convenu.

M. COQUELET

Oui, la messe!... il s'agit bien de cela aujourd'hui!...

lie

BERNARD

Ah ! Jésus ! Théodore , comme vous voilà fagoté !... d'oii venez-vous donc comme ça?...

THÉODORE

Moi, j'airive de...

M. COQUELET, lui donnant un grand coup de pied. Chut.

THÉODORE

Aïe!

M. COQUELET

Il vient de faire une course... Allons , rentre, et préviens Pauline que M"« Bernard l'attend ici...

THÉODORE

Je vais l'amener tout de suite.

M"e BERNARD.

Avec plaisir cousin... ce n'est pas à cause de la peine.... maisvousavez la chatte de votre portière qui est bien la plus impertinente bctc... Elle finira par m'éborgner mon Bichon (Elle prend son chien sous son bras.)

THÉODORE , riant.

Il y aurait grand mal I...

M"e BERNARD.

Vous dites!...

THÉODORE

Je dis qu'elle n'aime peut-être pas les dévotes , la chatte:... („ sort.)

M"c BERNARD.

Tant pis pour elle !...

M. COQUELET, très agile.

Moi , estimé dans mon quartier ! arbitre au tribunal de commerce... si l'on savait !

m"" BERNARD.

Qu'est-ce que vous avez donc , cousin ? comme vous êtes agité. !

M. COQUELET

Pas du tout ! c'est le mariage de ces enfans qui m'occupe...

M"e BERNARD.

Xous y tenons donc toujours ?...

M. COQUELET

Plus que jamais... et si vous venez ici pour donner à Pauline vos idées ridicules...

M"e BERNARD.

Moi! je ne lui donne pas d'idées... je n'en ai pas!... D'ailleurs , dans le siècle où nous sommes, tout le monde veut se marier... on a la rage du mariage ! les demoiselles surtout ! la belle avance ! . . .

Air : Un homme pour faire un tableau.

Les femmes ! des souftre-doulcurs !

Ils n'ont que des défauts pour elles.

M. COQUELET

Les vieilles fîlles ont les leurs ; Elles nous en font voir de belles .'

m'I<^ BERNARD.

En fait de maris , on le voit ,

Nous ne tourmentons pas les nôtres;

M. COQUELET

Peul-étre pour user du droit De faire enrager tous les autres.

M^e BERNARD.

Hein ? moi !

M. COQUELET

Vous, vous n'aimez personne!...

MU6 BERN.4.RD

J'ai mes affections!... (Raisant Bichon.) Pauvre chéri !.. D'ailleurs , vous êtes le maître...

M. COQUELET

Certainement !... car enfin... le père de Pauline était un brave officier...

m"« BERNARD , avec dédain.

Un ofiQcier de Bonaparte !...

M. COQUELET

Il me nomma , en mourant , tuteur de sa fille et me confia sa fortune... (Soupirant.) Sa fortune !... Aujourd'hui je dois la marier... et je la marie à mon fils.

M"e BERNARD.

Mais plus jeune qu'elle.

M. COQUELET

Un mari n'est jamais trop jeiuie.

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