‹ Pièces de théâtreChapitre 353 sur 1069 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Mêmes , PHOEBUS , THÉODORE , PAULLNE.

PHCŒBUS.

Eh bien ! c'est gentil ! c'est aimable ! il m'a en-

PHOEBUS

voyé promener!... Il était sous les armes , sans ça!... Mais il a dit qu'il repasserait!...

M. COQUELET

A qui en avez-vous , brave homme ?...

PHOEBDS.

Monsieur ! on a une peine à faire ses recouvremens. (S'arrêlant devant Mii<- Bernard.) Oh ! ce petit chien !

m"'' berxard.

Passez votre chemin !

Oh! oh !... (à part) encore une drôle de figure !.. (Haut ) Madame , j'ai bien l'honneur... il est gentil votre petit chien... p'tit ! p'tit !...

m"" BEn?rARD.

On ne touche pas !...

PHOEBUS

Excusez... Monsieur, Madame... (à part) oh ! les femmes qui aiment les petits chiens... je ne peux pas les souffrir... les petits chiens !... (il rentre dans son échoppe , range et s'assied.)

M. COQUELET , baissant la voii.

EnQn , ce que j'attends de vous , c'est que vous

lui disiez qu'elle doit m'obéir... se marier ; que

c'est la volonté de son père... que Dieu l'ordonne...

m"^ BE«>'ARD.

Parexemple!... vous voulez?...

M. COQUELET , avec colère.

Ah ! vous allez me faire enrager comme ma femme, vous !... mais quand je vous dis qu'il le faut !...

PHOEBUS , les regardant.

Il se fâche le vieux !

M. COQUELET

D'ailleurs , ils se conviennent si bien !...

m"*! BERNARD.

Tenez ! ils se disputent!...

PHOEBU^ , dans l'échoppe.

Allons bon ! voilà que j'ai faim !... si je déjeunais !... déjeunons ! (,11 cherche dans l'arnioire.) lUiouOKE , enlranl, une lettre à la main. Mais quand je vous dis , Mademoiselle , que ce n'est pas vrai !

PAULINE , le suivant.

Si fait , Monsieur , si fait ! cette lettre est positive !...

M. COQUELET

Allons , allons ! qu'est-ce qu'il y a?...

THÉODORE

Il y a , papa , que je reçois une lettre indigne... une lettre atroce... que je lui ai laissé voir...

PAULINE

Une lettre très véridique !...

THÉODORE

Mais non !

PAULINE

Mais si !

m"« BERNARD.

Quelle lettre ?

M. COQUELET

Voyons !... (Il l'ouvrr et la parcourt )

PHOEBUS , dans l'échoppe.

C'est singulier ! je ne trouve pas mon fromage d'Italie !... J'ai cependant du fromage d'Italie !... Ah ! dans ma commode !... (Il cherche.) M. COQUELET , lisant.

« Mademoiselle Pauline ne peut pas vous ai- » mer... car vous êtes un hypocrite.... un débau- » ché , vous avez découché cette nuit... »

PAULINE

C'est vrai !...

M"e BERNARD.

Ah ! Jésus ! quelle horreur!...

THÉODORE

Mais quand je vous dis que c'est papa qui m'a envoyé...

M. COQUELET

Tais-toi !...

THÉODORE

Mais écoute donc, papa....

PAULINE

Vous voyez bien que la lettre a raison...

m"« BERNARD.

Le jour de la signature du contrat !..

M. COQUELET

Mais quand je vous dis que c'est faux !... PHOEBUS , avec une moitié de pain sous le bras. Ah ! vme dispute !... Tiens ! quatre ! (criant) Les rassemblemens sont défendus!...

M. COQUELET , criant.

C'est faux !... (lisant) « mon intention est de demander Pauline en mariage... »

THÉODORE

(Vous voyez... un rival !..

PAULINE

Je ne connais pas cette personne !..

m"" BERNARD.

I I Ilfautéclaircir...

[ M. COQUELET , à part.

\ Voilà ce que je craignais !

PHOEBUS

Si ça continue , je vais appeler les pompiers !...

M. COQUELET

Non ! ça n'a pas le sens commun. Eh bien ! apprenez-le donc... c'est moi qui ai envoyé Théodore à Pontoise pour affaires qui me concernent... moi seul.

THÉODORE

Quand je vous disais que je venais de Pontoise !

m"" BERNARD.

C'est clair cela.

M. COQUELET

Quant à cette lettre anonyme , voilà le cas que j'en fais ! (il la déchire.)

Papa a raison !

PAULINE

Cependant...

M. COQUELET

Allons , mon enfant , allez avec M"* Bernard qui ne peut que vous donner de bons conseils...

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