SCÈNE VII
Les Mêmes , PHOEBUS , THÉODORE , PAULLNE.
PHCŒBUS.
Eh bien ! c'est gentil ! c'est aimable ! il m'a en-
PHOEBUS
voyé promener!... Il était sous les armes , sans ça!... Mais il a dit qu'il repasserait!...
M. COQUELET
A qui en avez-vous , brave homme ?...
PHOEBDS.
Monsieur ! on a une peine à faire ses recouvremens. (S'arrêlant devant Mii<- Bernard.) Oh ! ce petit chien !
m"'' berxard.
Passez votre chemin !
Oh! oh !... (à part) encore une drôle de figure !.. (Haut ) Madame , j'ai bien l'honneur... il est gentil votre petit chien... p'tit ! p'tit !...
m"" BEn?rARD.
On ne touche pas !...
PHOEBUS
Excusez... Monsieur, Madame... (à part) oh ! les femmes qui aiment les petits chiens... je ne peux pas les souffrir... les petits chiens !... (il rentre dans son échoppe , range et s'assied.)
M. COQUELET , baissant la voii.
EnQn , ce que j'attends de vous , c'est que vous
lui disiez qu'elle doit m'obéir... se marier ; que
c'est la volonté de son père... que Dieu l'ordonne...
m"^ BE«>'ARD.
Parexemple!... vous voulez?...
M. COQUELET , avec colère.
Ah ! vous allez me faire enrager comme ma femme, vous !... mais quand je vous dis qu'il le faut !...
PHOEBUS , les regardant.
Il se fâche le vieux !
M. COQUELET
D'ailleurs , ils se conviennent si bien !...
m"*! BERNARD.
Tenez ! ils se disputent!...
PHOEBU^ , dans l'échoppe.
Allons bon ! voilà que j'ai faim !... si je déjeunais !... déjeunons ! (,11 cherche dans l'arnioire.) lUiouOKE , enlranl, une lettre à la main. Mais quand je vous dis , Mademoiselle , que ce n'est pas vrai !
PAULINE , le suivant.
Si fait , Monsieur , si fait ! cette lettre est positive !...
M. COQUELET
Allons , allons ! qu'est-ce qu'il y a?...
THÉODORE
Il y a , papa , que je reçois une lettre indigne... une lettre atroce... que je lui ai laissé voir...
PAULINE
Une lettre très véridique !...
THÉODORE
Mais non !
PAULINE
Mais si !
m"« BERNARD.
Quelle lettre ?
M. COQUELET
Voyons !... (Il l'ouvrr et la parcourt )
PHOEBUS , dans l'échoppe.
C'est singulier ! je ne trouve pas mon fromage d'Italie !... J'ai cependant du fromage d'Italie !... Ah ! dans ma commode !... (Il cherche.) M. COQUELET , lisant.
« Mademoiselle Pauline ne peut pas vous ai- » mer... car vous êtes un hypocrite.... un débau- » ché , vous avez découché cette nuit... »
PAULINE
C'est vrai !...
M"e BERNARD.
Ah ! Jésus ! quelle horreur!...
THÉODORE
Mais quand je vous dis que c'est papa qui m'a envoyé...
M. COQUELET
Tais-toi !...
THÉODORE
Mais écoute donc, papa....
PAULINE
Vous voyez bien que la lettre a raison...
m"« BERNARD.
Le jour de la signature du contrat !..
M. COQUELET
Mais quand je vous dis que c'est faux !... PHOEBUS , avec une moitié de pain sous le bras. Ah ! vme dispute !... Tiens ! quatre ! (criant) Les rassemblemens sont défendus!...
M. COQUELET , criant.
C'est faux !... (lisant) « mon intention est de demander Pauline en mariage... »
THÉODORE
(Vous voyez... un rival !..
PAULINE
Je ne connais pas cette personne !..
m"" BERNARD.
I I Ilfautéclaircir...
[ M. COQUELET , à part.
\ Voilà ce que je craignais !
PHOEBUS
Si ça continue , je vais appeler les pompiers !...
M. COQUELET
Non ! ça n'a pas le sens commun. Eh bien ! apprenez-le donc... c'est moi qui ai envoyé Théodore à Pontoise pour affaires qui me concernent... moi seul.
THÉODORE
Quand je vous disais que je venais de Pontoise !
m"" BERNARD.
C'est clair cela.
M. COQUELET
Quant à cette lettre anonyme , voilà le cas que j'en fais ! (il la déchire.)
Papa a raison !
PAULINE
Cependant...
M. COQUELET
Allons , mon enfant , allez avec M"* Bernard qui ne peut que vous donner de bons conseils...