M. COQUELET , THÉODORE
Air : Qu'il avait de bon vin. (Comte Ory.)
Réponds-nous , ou sinon On saura tout de bon Te mettre à la raison !
Vieux coquin , prends-y garde, Eéponds-nous ou soudain Je te fais par la garde Mettre au poste voisin !
PHOEBUS
Quel bruij ! Taisez-vous donc !
Vous allez tout de bon Ameuter la maison !
Eh ! messieurs , prenez garde !
Ou bien je sors soudain , Et je crie à la garde Jusqu'au poste voisin.
M>'e BERNARD, PAULINE, ADOLPHE , MADELEINE, entrant.
Quel bruit dans la maison!
Que se passe-t-il donc ?
Ici s'égorge-t-on ?
Dans la rue on regarde, On s'assemble et ce train Peut effrayer la garde Dans le poste voisin ! . . .
PAULINE
Mon tuteur!...
M"*^ BERNARD
Mon cousin !
MADELEINE
Est-ce qu'on se tue ici!...
M. COQUELET
Silence donc!... nous sommes à la piste du coupable!... nous le tenons!...
PHOEBUS, occupé de la lettre.
J'y suis !... oui ! hier, c'est ça !... je crois y être.
THÉODORE
Ah! enfin!... il va nommer...
PHOEBUS
Je me rappelle... c'est un homme ou une fcm-
rno
ADOLPHE , avançant.
De quoi s'agit-il donc ?
PHOEBUS , l'apercevant.
Ah !... c'est lui !... le voilà ! je le reconnais !...
THÉODORE
M. Adolphe !
M. COQUELET
Mon sergent !
ADOLPHE, à pan.
Ciel ! ce vieil écrivain!
MADELEINE
C'est le père Phœbus ! ..
PHOEBUS
Tiens! tiens! liens! bonjour , Madeleine... me voilà en pays de connaissance !...
M. COQUELET , à Adolphe.
Restez donc, monsieur Adolphe!... il faut que ça se débrouille...
PHOEBUS
Je ne demande pas mieux... débrouillons! .
ADOLPHE
Je ne sais ce que vous voulez dire...
THÉODORE
C'est bien M. Adolphe qui vous a dicté...
Ah ! c'est M. Adolphe... Eh bien ! c'est M. Adolphe !
ADOLPHE
Je ne connais pas cet homme-là.
PHOEBUS
Mais moi je vous connais... à telles enseignes qu'il ne m'a pas payé le pari pour le petit chien... (Apercevant Mi'e Bernard. 3 Eh! tenez, juste! voilà la maman du petit chien... comment va-t-il notre petit chien!...
M"« BERNARD
Que dit cet insolent ?
ADOLPHE
Il ne sait ce qu'il dit!..
PHOEBUS
Je dis que vous me devez tous deux...
M. COQUELET
Silence!... il ne s'agit ni de pari, ni de chien, ni de M"^ Bernard.
PHOEBUS
Ah ! c'est M"e Bernard !...
THÉODORE
Mais de cette lettre anonyme... dictée à ce vieil écrivain par M. Adolphe...
PAULINE
Comment! cette lettre!... c'était de vous, monsieur Adolphe!
ADOLPHE
Mais ! mademoiselle !
M"« BERNARD
Avoir recours à de pareils moyens... ah!., fi!., vous servir de la main.. . (Montrant Phœbus. ) de ça! . . PHOEBUS , qui a repris son pâté pendant la discussion.
Comment! de ça!., elle m'appelle de ça, la vieille.
m. COyUELET.
C'est une indignité ! Justement , il l'aimait.
PAULINE
Cette lettre de ma mère , c'était un mensonge!., je ne vous le pardonnerai pas.
ADOLPHE
De votre mère ! Cette lettre.
THÉODORE
Pardieu ! démentez-la donc ! tenez. Ah ! vous étiez mon rival !.. ah ! pas gêné !..
PHOEBUS
ADOLPHE , qui parcourt la lelirc.
Ah! permettez! pernictlez !.. mais non! mais non!.. Cette lettre n'est pas de moi , ce n'est pas moi qui l'ai dictée ! je le jure sur l'honneur.
Allons donc !..
M. COQUELET
Mais l'écrivain aussi a juré sur l'honneur.
PHOEBUS
Moi , je n'ai pas juré!., j'ai dit...
THÉODORE
Tais-toi! tais-toi 1 (Phœbus mange de la croule de pâté. )
ADOLPHE
Ecoutez et jugez vous-même! (Lisant.) « Ne te » marie pas , je te le demande en grâce , je t'en » conjure par mon amour de mère. » Je vous en fais juge ! est-ce que je lui dirais de ne pas se marier, à M"*^ Pauline , moi qui l'aime ! moi qui demande sa main !.. moi qui brûle d'être son époux. PHOEBUS , la bouche pleine.
C'est assez juste.